Bilan

L’hiver: une saison-clé pour les régions de montagne

Les installations de remontées mécaniques réalisent trois-quarts de leurs recettes entre novembre et avril. Or, la saison hivernale s’annonce sous de mauvais auspices.

Le domaine skiable de Zermatt est le plus fréquenté du pays.

Crédits: DR

Dans les régions de montagne dont une partie importante des revenus provient du tourisme, la neige est toujours attendue avec impatience. Et pour cause: l’hiver joue un rôle déterminant. Alors que la dernière saison (novembre-avril) a été stoppée à la mi-mars en raison de la pandémie de coronavirus, celle qui vient de commencer sera aussi délicate à négocier pour tous les acteurs de la branche.

Si la France, l’Italie et l’Allemagne fermeront leurs domaines skiables pendant les fêtes de fin d'année, l'Autriche et la Suisse permettront aux amateurs de glisse de dévaler les pistes à condition que les acteurs locaux prennent des mesures adéquates pour limiter les risques de propagation du virus. Le Conseil fédéral l’a précisé vendredi après-midi lors d’une conférence de presse.

A partir du 22 décembre 2020, les domaines skiables ne pourront ouvrir qu'avec une autorisation cantonale. Celle-ci ne sera accordée que si la situation épidémiologique le permet. Le masque sera obligatoire sur toutes les remontées, y compris sur les télésièges et les tire-fesses, et dans les files d'attente. La distance devra aussi être respectée. Dans les télécabines et autres moyens de transport fermés, seuls deux tiers des places pourront être occupées.

Des réservations au plus bas

Les prévisions pour la saison hivernale ne sont donc guère encourageantes. Actuellement, le taux de réservation est plus bas que l'année précédente. Les installations de remontées mécaniques, l’hôtellerie et la parahôtellerie, les restaurants, les magasins de sport, les écoles de ski, etc., s’attendent à une baisse de leur chiffre d’affaires.

Selon l'institut KOF de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, les nuitées hôtelières devraient baisser d’environ 22% dans les régions de montagne par rapport à 2018/2019. La hausse de 9% prévue pour la clientèle helvétique ne permettra pas de compenser la chute de 50% des hôtes européens. Une chute qui pourrait être encore plus dramatique en raison des mesures de restriction prises par plusieurs pays européens pour limiter voire empêcher les déplacements de leurs résidents à l’étranger.

Bilan dévoile en sept chiffres le rôle décisif joué par la saison hivernale dans les stations helvétiques. Les données indiquées ci-dessous concernant la dernière saison complète, autrement dit celle de 2018/2019.

Zermatt en tête pour le ski et les nuitées

73%

Pour les remontées mécaniques, l’hiver est déterminant avec 73% des recettes totales tirées du transport de personnes (758 millions de francs). Dans les Grisons (92%), en Valais (81%) et dans les Alpes vaudoises/Préalpes fribourgeoises (80%), cette part est encore plus élevée. En Suisse romande, elle se situe entre 91% et 98% pour les cinq plus importantes destinations: Verbier, Crans-Montana, Nendaz-Veysonnaz, Villars-Gryon-Diablerets, Grimentz-Zinal.

24,9 millions

C’est le nombre de journées-skieurs lors de la saison 2019/2018. Le Magic Pass a joué un rôle décisif dans la fréquentation des domaines skiables qui est en hausse depuis le creux atteint en 2016/2017 (21,2 millions). Le record absolu date de l’hiver 2008/2009 (29,3 millions). Avec plus de 52 millions de premiers passages chacune, la France et l’Autriche sont de loin les plus gros marchés du ski dans les Alpes. Avec une exploitation moyenne des remontées mécaniques pendant 136 jours, le Valais devance les Grisons (116) et le Tessin (86).

1400

Avec plus de 1400 journées-skieurs, le domaine skiable de Zermatt est le plus fréquenté du pays devant Davos-Klosters et Arosa-Lenzerheide, En Suisse romande, Verbier est en tête. La station valaisanne se classe devant Crans-Montana et Villars-Gryon-Diablerets.

775'102

Zermatt est aussi la station helvétique qui comptabilise le plus grand nombre de nuitées hôtelières (775'102). Elle devance largement Davos (501'000) et St-Moritz (406'902) sur le podium. Puis suivent Interlaken, Arosa, Grindelwald, Lauterbrunnen, Saas-Fee, Saanen (Gstaad) et Vaz/Obervaz (Lenzerheide).

8'792'760

Dans l’hôtellerie, la clientèle étrangère (8'792'760 nuitées) est plus nombreuse que la clientèle suisse (7'899'881). La part des Européens représente 65,5% des hôtes étrangers contre 19,1% pour les Asiatiques et 12,3% pour les Américains du Nord et du Sud.

Davantage d'enneigement mécanique

45%

La part des pistes de ski qui peuvent être enneigées artificiellement atteint 45% en Suisse. Si le Tyrol du Sud en Italie (90%) et l’Autriche (70%) recourent encore davantage à cette technique, ce n’est pas le cas de la Bavière en Allemagne (25%) et de la France (35%). Après avoir fortement augmenté entre 2004 et 2014, l’enneigement artificiel stagne dans notre pays.

57%

Au cours du dernier exercice comptabilisé (2017/2018) par les Remontées mécaniques suisses pour le recensement de l’emploi dans la branche, 9166 collaborateurs, soit 57% de leur effectif, étaient engagés avec un statut de saisonnier. Dans les régions de montagne, une personne sur quatre travaille directement ou indirectement dans le tourisme.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix BZ du journalisme local 1991, Prix Jean Dumur 1998, AgroPrix 2005 et 2019.

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