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Les tour operator en ligne prisés pour les réservations d'hôtels en Suisse

Les tour operator en ligne (OTA) gagnent des parts de marché dans les réservations auprès des hôtels suisses: une étude menée par l'Institut du tourisme de la HES-SO de Sierre avec hotelleriesuisse montre que le quart des réservations se fait désormais selon ce mode.
  • Les hôtels suisses voient la part des réservations passant par les OTI augmenter d'année en année, au détriment des réservations traditionnelles, directes ou via des partenaires classiques.

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  • Les modes de réservation auprès des hôtels suisses changent et les directeurs d'établissements doivent adapter leur stratégie.

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  • La part des réservations via le web, aussi bien les OTA que les plateformes des hôtels eux-même, a largement augmenté depuis dix ans.

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  • La dépendance des hôtels suisses via-à-vis des OTA s'est largement accrue en quelques années.

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  • Pour continuer d'attirer des clients, les hôtels suisses doivent repenser leur stratégie marketing et les canaux de ventes.

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  • L'étude menée par l'Institut du tourisme de la HES-SO de Sierre et hotelleriesuisse fait le point sur l'évolution des réservations entre 2002 et 2014.

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En quelques années, ils sont devenus incontournables. Rares sont aujourd'hui les hôtels suisses qui pourraient se passer des plateformes de réservation en ligne des OTA (Onlne Travel Agency). Booking.com, HRS, Expedia, Tiscover, Hotels.com: ces noms sont devenus incontournables pour bon nombre de clients cherchant une nuit d'hôtel. Et donc encore plus indispensables pour des milliers d'établissements suisses.

En quelques années, ceux-ci ont vu leur modèle d'affaires singulièrement modifié au niveau des réservations. «Les réservations directes par téléphone, fax, mail ou courrier ont sévèrement diminué depuis une décennie», note Roland Schegg, professeur à l'Institut du tourisme de la HES-SO de Sierre. Si ce mode de réservation concerne toujours 49,1% du marché, il tombe pour la première fois sous la barre symbolique des 50%.

Les OTA accroissent leurs parts de marché

Et les hôtels ne conservent majoritairement la main sur leurs réservations que grâce à la part croissante des ventes réalisées sur leur site ou plateforme de réservation propre (8,3% en 2014). mais la part décroit sur le long terme: en 2002 les hôtels généraient 75% de leurs réservations, en 2012 62% et aujourd'hui 57,4%.

Les partenaires traditionnels des établissements hôteliers (offices du tourisme, agences de voyages, tour operators traditionnels, sociétés de réservations en gros volumes ou organisateurs dans l'événementiel) ne représentent plus aujourd'hui que 14,8% des ventes. En 2002, cette part atteignait presque les 25%. Les offices du tourisme procuraient 6,5% des ventes des hôtels suisses en 2006, mais plus que 4,1% en 2014.

Avec 24,2% des réservations en Suisse en 2014, les OTA sont désormais les acteurs majeurs du marché. Et le marché est relativement concentré: trois groupes représentant une dizaine de plateformes en ligne réalisent 90% des ventes. Leader incontesté, priceline (booking.com, Agoda) détient plus de 70% du marché helvétique, devançant Expedia (hotels.com, Venere) avec 11% et HRS (hotel.de, Tiscover) avec 7,6%.

Le luxe se dépend moins des OTA

Les 24,2% de parts de marché des OTA ne sont pas uniformes: près de quatre hôtels sur dix voient ces plateformes leur fournir plus de 25% des réservations, et pour un hôtel sur dix, cette proportion dépasse les 50%. «Ces chiffres montrent à quel point les hôtels suisses sont devenus dépendant de ces intermédiaires», note Roland Schegg. Sans surprise, plus on monte en gamme, moins les établissements dépendent des OTA: 36% des 3* enregistrent 25 à 50% de réservations via les OTA, contre 0% chez les 5*, dont 93% enregistrent moins de 25% de leurs réservations grâce à ces portails.

Or, cette dépendance n'est pas sans conséquence pour les frais des établissements qui doivent s'acquitter de coûts croissants pour figurer sur les portails des OTA. En 2014, sur un milliard de francs de chiffre d'affaires générés par les réservations hôtelières en ligne (sites propres des hôtels, OTA, portails des chaînes,...), les OTA ont empoché entre 90 et 130 millions de francs de commissions. Autant de manque à gagner pour les établissements qui, en plus de rabais sur les prix à accorder aux portails, doit aussi verser des commissions et réduire leur marge. En moyenne, chaque hôtel verse 30'000 francs par an aux OTA en commissions, soit près de 700 francs par chambre.

Pour contrer cette tendance, les établissements s'équipent et développent leurs infrastructures propres. En plus de leurs sites web, ils suivent la tendance du mobile: 60% des hôteliers interrogés dans le cadre de l'enquête utilisent des canaux de vente sur mobile, avec très souvent une version de leur site web adaptée pour tablettes et smartphones. Près de 10% d'entre eux ont même un app, souvent développée avec une chaîne hôtelière ou un groupement de plusieurs établissements.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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