Bilan

Les tops et les flops de 2013

Dans quelques heures 2013 aura vécu. Sacrifions au rituel du top-flop de l'année écoulée. Un classement forcément subjectif avec ce qu'on a aimé et moins aimé.
  • Le selfie: top.

    Moi avec machin, encore moi avec truc. Et puis moi dans ma salle de bain. En 2013, on a tous attrapé la selfite aigüe, cette manie de s'autophotographier seul ou avec quelqu'un et de poster le résultat sur n'importe quel réseau social. Un principe pas nouveau nouveau, dans le fond l'autoportrait existe depuis la naissance de l'art, dont la première mention du terme est apparue en 2002 sur un forum australien. Sauf qu'en 2013, le selfie tout le monde - et surtout les grands de ce monde - s'y est mis. Barack Obama et le pape François se sont selfié à tire-larigot.

  • Le Harlem Shake: flop et reflop.

    On n'a pas compris l'emballement général pour le Harlem Shake. Il a suffi que quatre types s'agitent pendant trente secondes sur Youtube pour décréter la chose phénomène mondial. Alors que tout était nul: la musique, les déguisements, les chorégraphies. Seule note positive: l'hallucination collective n'a duré qu'un mois. Le buzz qui débuzze aussi vite qu'il a buzzé.

  • La montre connectée: flop en attendant le top.

    Apple a entretenu le suspense toute l'année. La firme à la pomme allait-elle oui ou non lancer une montre intelligente sur le marché? L'hypothétique iWatch dont les images non offcielles montraient une sorte d'iPhone accroché au poignet a alimenté les rumeurs pendant toute l'année. Les geeks ont attendu et rien n'est venu. Au final, c'est Samsung qui a dégainé le premier. Un départ un peu précipité vu l'intérêt somme toute très relatif de la Galaxy Gear du fabricant coréen. En 2014, Apple devrait finalement sortir du bois avec une montre qui n'a rien d'une montre. On attend de voir.

  • Les blockbusters: flop.

    Cet été, l'industrie du cinéma américain découvrait l'eau chaude. A savoir qu'investir des centaines de millions de dollars dans une superproduction ne remplit pas forcément les salles. Et donc le tiroir-caisse. Les fours successifs de Pacific Rim, Lone Ranger et de World War Z projeté en plein mois d'août on mis à mal une industrie du spectacle dont les grosses ficelles finissent par lasser. Steven Spielberg est même monté au créneau pour dénoncer cette dérive. Avec le budget d'un seul gros blockbuster qui se plante on peut financer dix petits films avec forcément dans le lot un carton.

  • L'imprimante 3D: top.

    Ca y est, on va pouvoir tout imprimer chez soi. Son mobilier, sa brosse à dents, ses fringues et les croquettes du chien. En 2013, l'imprimante 3D a été LE gadget techno de l'année et les "Makers" ses pionniers. Même si pour l'instant, il s'agit encore de sortir d'une bobine de polymère un bougeoir en tête de Yoda. Mais les progrès sont fulgurants. Entre les architectes qui annoncent la première maison imprimée pour bientôt et les bioimprimantes capables de fabriquer des tissus organiques, la technologie est promise à un bel avenir. Même s'il se trouve toujours un malin pour prendre le système à revers en reproduisant un revolver.

  • L'entrée en bourse de Twitter: top.

    Ca devait être l'entrée en bourse du siècle. C'est devenu une Bérézina boursière avec des banques hystériques, un prix de l'action jugé beaucoup trop élevé et Mark Zuckerberg retranché dans sa tour d'ivoire en attendant que le grain passe. Résultat, le cours de Facebook a mordu la poussière au point qu'il a fallu un an et demi pour qu'il retrouve son niveau initial.

    La leçon a été bien retenue par Twitter dont l'introduction de 70 millions de titres au New York Stock Exchange s'est déroulé pépère le 7 novembre. A la clôture, le titre avait déjà gagné 70% de sa valeur. Avant d'en perdre 13% le 27 décembre, les investisseurs se demandant encore comment le réseau social au 600 millions d'abonnés compte faire pour gagner de l'argent.

  • Snapchat: top.

    Facebook, Youtube et tous les réseaux sociaux n'ont jamais la mémoire qui flanche. Une photo, une vidéo gênante s'y accroche au Web comme une moule à son rocher. Et voilà notre petite vie privée révélée au grand public. Partant de ce constat, Evan Spiegel et Bobby Murphy développaient en 2011 Snapchat, l'application dont les messages s'effacent au bout de quelques secondes (mais restent dans les serveurs de la société). Plébiscité par les adolescents qui peuvent ainsi afficher tout leurs excès sans craindre le fliquage parental sur Facebook, la micro-entreprise a suscité les convoitises. Sauf que Snapchat n'est pas à vendre, du moins ni à Mark Zuckerbeg qui était prêt à mettre 3 milliards de dollars sur la table, ni à Google qui renchérissait à 4 milliards. Motif? En cherchant à tout prix la rentabilité, les deux géants du Web se mettent à dos la jeunesse, le coeur de cible de Snapchat.

  • Le twerk: flop.

    A l'origine, c'est un mouvement de danse très chaud inventé quelque part dans l'histoire du hip-hop sous influence africaine. En 2013, c'est devenu un truc carrément déplacé lorsqu'il est exécuté pendant les MTV Video Music Awards. Surtout lorsque c'est l'ex petite fille sage du club Mickey - comme Britney Spears, Christina Aguilera et Justin Timberlake - qui astique du derrière le pelvis du chanteur Robin Thicke. Le twerk de Miley Cyrus a instantanément fait le tour du web. La chanteuse qui cherche visiblement à rompre avec son passé virginal chez Disney a complètement assumé.

  • La cigarette électronique: trop tôt pour dire top.

    En 2013, on a beaucoup vapoté. Après la sucette, la gomme à mâcher et la tétine à nicotine, la cigarette électronique complète désormais l'arsenal de l'anti-fumette. Avec un certain succès au vu du nombre de convertis à la vapoteuse. Le corps médical ignore encore l'état de nocivité du produit mais encourage à son utilisation, les dégâts qu'il pourrait causer étant jugés clopinettes par rapport à ceux occasionnés par la cigarette.

  • Les galeries d'images sur le Web: top et flop.

    "Les 10 plus beaux couchés de soleil", "les 30 raisons d'avoir peur en écoutant Justin Bieber"... Le Net aime les galeries d'images sur lesquelles l'internationale connectée clique et fait le buzz. Dans cette liste des listes, il y a du marrant (parfois) et du gnangnan (beaucoup) plein de bébés trop choux et d'animaux forcément craquants. Buzzfeed, le site d'info champion toutes catégories de ces albums rigolos en a proposé quelques-uns de savoureux, dont "12 chats vraiment déprimés par Sartre" reste quand même notre préféré.

  • Les drones domestiques: trop tôt pour dire top.

    Le drone, c'est un engin de guerre. Le drone c'est aussi - et c'est bizarre - un véhicule de loisirs avec lequel on peut, au choix: filmer le monde vu d'en haut ou flanquer la frousse au chat. Après le drame et la rigolade, place à l'exploitation commerciale. Amazon annonçait le mois dernier vouloir lancer PrimeAir un service de drone pour ses livraisons à domicile. Problèmes: la faible autonomie des machines qui peuvent parcourir 32 kilomètres aller-retour grand max avant de tomber en rade. Et les villes qui ont déjà averti qu'elles ne laisseraient pas leurs ciels envahis par les robots volants.

  • Grumpy Cat: top.

    Grumpy Cat, la chatte grincheuse, a fait le tour du Web en 2013. Un drôle de zèbre avec sa page Facebook likée par 2,5 millions d'amis, son café à son nom - le "Grumpuccino" -, ses apparitions en cover du Wall Street Journal et du New York Magazine et son contrat d'exclusivité signé avec Whiskas. Comme quoi on peut être moche, pas méchant et devenir une star quand même. Gainsbourg disait: "La laideur a ceci de supérieur sur la beauté qu'elle ne disparaît pas." Pas faux. Le vilain félin a déjà rapporté un million de dollars à sa propriétaire.

  • League of Legend: top.

    Ses adeptes l'appellent par son acronyme: LOL. Il faut dire que League of Legend est presque parvenu à convertir les fidèles de World of Warcraft, l'indétrônable jeu de rôle multijoueur, mais qui ronronne. Créé en 2009 par des anciens du jeu vidéo Defense of the Ancients, LOL appartient au genre MOBA (pour Massive Online Game Arena) dont l'aire de jeu est un terrain fermé où deux groupes de joueurs s'affrontent. Avec son ambiance Heroic Fantasy, ses héros, son système d'achat en ligne de nouveaux personnages, ses dizaines de milliers de vidéo et ses musiques que les fans écoutent en boucle, League of Legend est devenu en 2013 le jeu vidéo en ligne le plus joué au monde et l'événement eSport le plus regardé avec 32 millions de spectateurs connecté sur Twitch, la chaîne du sport numérique.

Emmanuel Grandjean

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