Bilan

Les télécoms suisses discutent de l'homme et l'économie numérique

La 43e séminaire de l'Association suisse des télécommunications fait le point sur les répercussions de la numérisation sur l'économie.

Les réseaux de télécommunication helvétiques se classent régulièrement aux premiers rangs internationaux. 

Crédits: Keystone

La 43e séminaire de l'Association suisse des télécommunications (Asut) a permis de faire le point sur les effets de la numérisation. Deux jours après la cyberattaque qui a frappé plusieurs pays à travers le monde, le conseiller fédéral Guy Parmelin a mis en garde contre les économies faites sur la cybersécurité.

Les répercussions de la numérisation sur l'économie, le monde du travail et la société ont été au coeur des discussions tout au long de la manifestation, indique l'Asut dans un communiqué. L'événement s'est déroulé jeudi au Kursaal de Berne. Il a réuni 950 participants issus des milieux économiques, de la recherche, de la formation, de l'administration, de la politique et des médias.

Le risque de perte de contrôle face aux technologies numériques, de même que la prise en compte des besoins humains ont été abordés sous différentes perspectives. Une bonne dose de numérisation est supportable pour l'homme, pour autant que le processus de numérisation soit correctement encadré, ont conclu les discussions.

Conditions favorables en Suisse

Les chances de la numérisation ont constitué un autre point fort des débats. Alors que la connectivité et la numérisation dépendent d'une infrastructure performante, les conditions sont favorables en Suisse.

Les réseaux de télécommunication helvétiques se classent régulièrement aux premiers rangs internationaux. Une concurrence intensive et une réglementation prévoyante expliquent cette situation, selon le communiqué.

Des conditions-cadres appropriées peuvent permettre à un pays pauvre en ressources naturelles comme la Suisse de saisir l'opportunité que représente une économie basée sur les données.

Premier directeur de l'Office fédéral de la communication (OFCOM) pendant 12 ans, puis président de la ComCom jusqu'à fin 2016 là aussi pendant une douzaine d'années, Marc Furrer s'est vu récompenser pour son engagement en faveur du marché suisse des télécommunications. Il a reçu le premier Swiss Telecommunication Award, en présence du conseiller fédéral Guy Parmelin.

Domaine-clé de la politique sécuritaire

Le ministre de la défense est revenu dans son intervention sur la cyberattaque mondiale lancée mardi avec un rançongiciel contre de grandes entreprises et des services publics de plusieurs pays. "Celui qui veut économiser sur la cybersécurité le fait aux frais de la communauté et menace la sécurité de la Suisse", a-t-il relevé.

La sécurité informatique est aujourd'hui "un domaine-clé de notre politique de sécurité. Le temps des gentils cyberpirates au visage boutonneux qui travaillaient dans leur garage est révolu", a souligné le Vaudois.

Les hackers sont aujourd'hui mieux organisés et disposent de grands moyens financiers. Ils sont même actifs pour des Etats. "Ils ne cherchent pas les plans de nos réduits dans les montagnes. La priorité porte sur le contrôle des infrastructures depuis l'étranger. C'est ce que montre l'analyse des conflits récents", a-t-il dit.

"Face à la progression rapide de ce type de menace, nous ne pouvons pas nous permettre de traiter cette thématique comme une simple question en suspens", a-t-il poursuivi. Car si la Suisse devait être la cible d'une forte attaque, il en irait au final de la sécurité de la population.

Contre-mesures offensives

La Suisse doit entreprendre encore plus dans ce domaine en dépit des efforts fournis jusqu'ici, afin de pouvoir contrer les menaces qui se profilent. Des mesures offensives paient aussi en matière de cyberdéfense.

"Pour la Suisse et pour notre politique de sécurité en général, il est important que nous agissions de manière défensive, même si nos lois permettent des contre-mesures actives de défense de notre pays en cas d'attaque", a-t-il poursuivi.

A la question de savoir si cela signifiait concrètement que la Suisse utilisait aussi elle-même des cyberattaques à l'étranger, le ministre de la défense est resté vague, répondant que cela pourrait être le cas. Mais la responsabilité de telles actions revient au collège gouvernemental.

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