Bilan

Les syndicalistes demandent plus d'équité et des retraites sûres

A l'occasion de la fête du travail ce lundi, la présidente d'Unia juge essentiel que le travail soit reconnu à sa vraie valeur, tandis que le président de l'USS soutient la réforme des retraites.

A Baden, le président de l'Union syndicale suisse, Paul Rechsteiner, a appelé à soutenir la Prévoyance vieillesse 2020.

Crédits: Keystone

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues lundi dans la rue en Suisse pour le 1er mai, répondant à l'appel des syndicats sous le slogan "Un avenir pour toutes et tous. Plus social, plus juste". Politiciens et syndicalistes sont montés à la tribune dans plus de 50 localités.

Malgré un temps pluvieux et parfois très frais, la population s'est mobilisée pour la fête du travail. Les manifestants étaient environ 12'000 à Zurich, 2000 à Genève et à Bâle, plusieurs centaines à Lausanne et à Berne, 400 à 500 à Bellinzone et 300 à Bienne (BE), a constaté l'ats sur place. Quelques déprédations ont eu lieu à Zurich, notamment des graffitis sur des façades de la vieille ville.

Comme il se doit, les deux conseillers fédéraux socialistes étaient sur le pont. Simonetta Sommaruga a choisi Sion pour sa rencontre du 1er mai avec des travailleurs. Elle s'est intéressée à la cohabitation sur un chantier où de multiples nationalités se côtoient.

Garantir le niveau des rentes

Son collègue Alain Berset s'est rendu pour sa part à Interlaken (BE) pour y défendre sa réforme des retraites, en votation le 24 septembre. Il s'agit d'un "bon paquet global, qui garantit le niveau des rentes et apporte des progrès essentiels", a-t-il souligné devant 150 personnes.

"La réforme offre la possibilité de prendre une retraite de manière progressive", a relevé le ministre des affaires sociales. Cette combinaison entre travail à temps partiel et versement partiel de la rente est attractive pour les gens et pour la sécurité financière de la prévoyance vieillesse, a-t-il ajouté.

A Baden (AG), le président de l'Union syndicale suisse (USS), Paul Rechsteiner, a abondé dans le même sens. Parce que, selon lui, "d'une proposition qui aurait affaibli l'AVS, elle est devenue un projet qui la renforce".

Les hausses de rentes de 840 francs par an pour les personnes seules et allant jusqu'à 2712 francs pour les couples ne sont pas rien, a souligné le conseiller aux Etats (PS/SG). "Celles et ceux qui estiment dérisoires ces améliorations des rentes AVS n'ont aucune idée de la réalité des gens."

Projet controversé

La réforme des retraites ne fait toutefois pas l'unanimité au sein de la gauche et des syndicats, comme l'ont rappelé certaines interventions. A Genève par exemple, l'opposition à Prévoyance vieillesse 2020 était même le thème principal de cette journée. Les syndicats en ont profité pour faire signer le référendum contre cette réforme.

En tête du cortège, Unia suivi du Parti socialiste genevois portaient des banderoles contre la hausse de l'âge de la retraite à 65 ans pour les femmes dès 2018 et la baisse des rentes. Selon les référendaires, la réforme permettra 1,3 milliard de francs d'économies "sur le dos et au détriment des femmes".

La présidente d'Unia, Vania Alleva, qui s'est exprimée à Berne et à Thoune (BE), a soutenu la réforme, mais elle a aussi estimé "injuste que les femmes la paient aussi cher, en devant travailler plus longtemps". Par conséquent, pour que l'égalité salariale devienne enfin réalité, Unia entend lancer une "initiative subito" pour sa concrétisation dans les entreprises.

Alain Berset partage cette préoccupation. Dans son discours, le Fribourgeois a rappelé que le Conseil fédéral veut modifier le droit de la société anonyme pour que les entreprises favorisent davantage les femmes. L'égalité entre femmes et hommes est une revendication importante, indépendamment de l'âge de la retraite, a dit M. Berset.

Réforme des caisses maladie

Pierre-Yves Maillard, pour sa part, a appelé à Zurich à une réforme du système des caisses maladie. Le conseiller d'Etat vaudois socialiste, réélu dimanche, a rappelé l'importance de défendre une approche sociale de la santé.

"Nous devons arrêter de croire que les investissements privés et les privatisations d'hôpitaux représentent des solutions au contrôle des coûts", a-t-il plaidé. Ces mots ont résonné particulièrement aux oreilles des citoyens zurichois, amenés à se prononcer le 21 mai sur la privatisation de l'hôpital de Winterthour.

Néo-libéralisme dénoncé

Chef de l'industrie d'Unia, le conseiller national Corrado Pardini (PS/BE) s'en est pris pour sa part à St-Gall au néo-libéralisme, qui conduit, selon lui, "aux conflits armés et à la guerre civile". Et de mentionner des tendances encourageantes. Comme en France, où le mouvement lancé par Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) a forgé une alternative au néolibéralisme.

A Bülach (ZH), la présidente du Syndicat des services publics (SSP), la conseillère nationale Katharina Prelicz-Huber (Verts/ZH), a fustigé le démantèlement de l'Etat, les cadeaux fiscaux et les politiques d'austérité.

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