Bilan

Les Suisses disent non à la sortie accélérée du nucléaire

Rejetée par la majorité des cantons, l'initiative populaire voulait tirer la prise des centrales et remplacer l'atome par du courant vert. Seuls quelques cantons romands et Bâle-Ville l'ont soutenue.

Le site nucléaire de Leibstadt, dans le canton d'Argovie. 

Crédits: Keystone

Les centrales nucléaires resteront branchées tant qu'elles peuvent fonctionner. L'initiative des Verts qui veut toutes les débrancher d'ici 2029 a été rejetée dimanche par 54,2% des votants. Seuls quatre cantons romands et les deux Bâles ont soutenu le texte.

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L'initiative populaire voulait tirer la prise des centrales au bout de 45 ans et remplacer l'atome par du courant vert. Beznau I, mise en service en 1969, aurait dû arrêter l'année prochaine. Idem pour les centrales de Beznau 2 et de Mühleberg, construites en 1972. Gösgen aurait dû être débranchée en 2024 et Leibstadt en 2029, soit dans treize ans.

Cette perspective a été repoussée par 1,3 million de personnes, alors que environ 1 million ont glissé un "oui" dans l'urne.

Les plus farouches adversaires du texte se trouvent dans les cantons de Schwyz (68,1%) et d'Appenzell Rhodes-Intérieures (65,8%). L'initiative compte le plus de soutien dans les cantons de Bâle-Ville (60,5%) et de Genève (58,9%), talonnés par ceux du Jura (57,5%), Neuchâtel (56,8%), Vaud (54,6%) et Bâle-Campagne (50,4%). Les Valaisans (53,3%), Fribourgeois (51,5%) et Tessinois (53,7%) ont glissé un petit "non" dans l'urne.

Le refus de l'initiative se monte à 60,5% dans le canton de Soleure, où se trouve la centrale de Gösgen et à 63% dans celui d'Argovie, qui abrite les deux centrales de Beznau et celle de Leibstadt. Le canton de Berne, où se situe la centrale de Mühleberg, rejette le texte à 56,2%.

Les initiants n'ont pas réussi à convaincre qu'il fallait mettre un terme rapide à une énergie nucléaire qu'ils jugent dépassée et dangereuse. En plus des risques, le nucléaire serait un "fiasco financier". Avec les bas prix de l'électricité, il ne serait plus rentable.

Pas si vite

Les Suisses se sont rangés à l'avis du Conseil fédéral et de la droite. S'ils admettent qu'une alternative doit être trouvée au nucléaire, ils refusent d'agir de manière si précipitée. En attendant de développer les nouvelles énergies renouvelables, il aurait fallu importer du courant de France ou d'Allemagne, produit par le nucléaire ou le charbon.

Débrancher prématurément les centrales aurait aussi pu coûter très cher à la Confédération. Axpo a articulé le chiffre de 4 milliards de francs de dédommagements, Alpiq évoque des pertes de 2,5 milliards.

La droite et le gouvernement préfèrent miser sur la stratégie énergétique 2050. Elle pose les jalons d'un retrait par étapes en visant une réduction de la consommation d'électricité, un accroissement de la part de courant vert et une réduction des émissions de CO2. Adoptée en septembre par le Parlement, la réforme est remise en cause par l'UDC, qui a lancé un référendum.

Participation moyenne

La participation aux votations fédérales avoisine les 44%, dans la moyenne des derniers scrutins: 43% en septembre et 46% en juin. Mais elle tranche avec les 63% de février dernier. Les Suisses s'étaient alors prononcés sur le renvoi des criminels étrangers et d'autres sujets comme le tunnel routier du Gothard ou la pénalisation fiscale des couples mariés.

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