Bilan

Les Suisses acceptent la loi sur l'énergie à une forte majorité

La population soutient à plus de 58,2% la nouvelle loi sur l'énergie qui vise à remplacer progressivement le nucléaire par des énergies renouvelables.

Les Suisses ont décidé de favoriser les énergies renouvelables et de renoncer à construire toute nouvelle centrale nucléaire dans le pays.

Les citoyens helvétiques acceptent à plus de 58,2% la nouvelle loi sur l'énergie qui vise à remplacer progressivement le nucléaire par des énergies renouvelables. Selon les résultats définitifs de la chancellerie fédérale, la participation s'est élevée 42,3%, un chiffre dans la moyenne des deux dernières année. Le projet de révision de la loi sur l'énergie constitue le résultat d'un long processus engagé après l'accident nucléaire de Fukushima, provoqué par le gigantesque tsunami au Japon en mars 2011. La loi vise à promouvoir les énergies renouvelables comme l'hydraulique, le solaire, la géothermie et la biomasse.

Quelques semaines après la catastrophe de Fukushima, la Confédération, qui compte cinq réacteurs nucléaires produisant environ un tiers de l'électricité du pays, avait décidé de sortir du nucléaire vers 2034, tout en indiquant que cette date restait théorique. Les autorités avaient précisé que les centrales devraient vraisemblablement être débranchées après environ 50 ans, voire 60 ans, d'exploitation.

Le premier volet de cette stratégie vise notamment à réduire la consommation d'énergie. Elle fixe entre autres des valeurs indicatives de consommation énergétique moyenne par personne et par année: à savoir, par rapport au niveau de l'an 2000, une réduction de 16% d'ici à 2020 et de 43% d'ici à 2035. Elle interdit également la construction de nouvelles centrales nucléaires. Les centrales existantes pourront toutefois rester en service aussi longtemps que leur sûreté sera garantie.

"Pour tous les écologistes, qu'ils soient politisés ou non, c'est un jour historique dans le pays", a déclaré la députée des Verts, Adèle Thorens Goumaz, à la télévision suisse RTS.

"La Suisse va entrer dans le 21e siècle énergétique, ce sera un signal fort", a-t-elle dit. Seul l'UDC, combattait la nouvelle loi.

Le député socialiste Mathias Reynard a salué à la RTS l'issue du référendum, soulignant que c'est un "compromis très suisse qui a gagné aujourd'hui" car la loi signe "la sortie du nucléaire" sans fixer "une date très claire".

Le premier volet de cette stratégie qui entrera en vigueur l'an prochain,vise notamment à réduire la consommation d'énergie. Elle fixe entre autres des valeurs indicatives de consommation énergétique moyenne par personne et par année: à savoir, par rapport au niveau de l'an 2000, une réduction de 16% d'ici à 2020 et de 43% d'ici à 2035.

Selon l'Office fédéral de l'énergie, la consommation individuelle d'énergie a déjà baissé de 14,5% depuis 2000.

La loi interdit la construction de nouvelles centrales nucléaires. Les centrales existantes pourront toutefois rester en service aussi longtemps que leur sûreté sera garantie.

La centrale Mühleberg définitivement désaffectée

Une chose est sure: mise en service en 1972, la centrale de Mühleberg sera définitivement déconnectée du réseau  fin 2019, avait annoncé BKW Energie en 2015.

Ce programme avait déjà été accepté par le Parlement l'automne passé, mais l'UDC avait lancé avec succès un référendum contre la nouvelle loi, estimant que la mise en oeuvre du texte entraînerait des coûts élevés, menacerait l'approvisionnement énergétique et défigurerait le paysage avec la multiplication des éoliennes et les panneaux solaires.

D'après l'UDC, la transformation de l'ensemble du système énergétique inscrite dans la nouvelle loi va coûter quelque 200 milliards de francs jusqu'en 2050. Pour un ménage de quatre personnes, cela représente, selon ce même parti, 3200 francs suisses par an de frais et d'impôts supplémentaires.

"Payer 3200 francs de plus ... pour une douche froide?", a ironisé ainsi l'UDC dans ses affiches électorales.

Le gouvernement estime de son côté qu'un ménage de quatre personnes ayant une consommation électrique moyenne devra payer 40 francs par an de plus qu'aujourd'hui. Il souligne par ailleurs que ce surcoût pourra être compensé par une meilleure efficacité énergétique, avec par exemple une réduction des frais de chauffage. 

Il considère aussi que le développement des énergies renouvelables permettra de soutenir l'économie et l'emploi en Suisse.

 

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