Bilan

Les salaires vont augmenter modestement en 2016

La plupart des travailleurs pourront profiter, en 2016, d'une hausse de revenu de 0,5 à 1%. "Insuffisant" pour Travail.Suisse, malgré la conjoncture difficile évoquée.

Dans l'hôtellerie-restauration et la boulangerie-confiserie, Eric Dubuis, secrétaire romand et membre de la direction de l'organisation professionnelle Hotel & Gastro Union, se réjouit que "le dialogue patrons-employés fonctionne: malgré les difficultés, il y a un partenariat social solide".

Crédits: Keystone

La plupart des travailleurs pourront profiter, en 2016, d'une hausse de revenu de 0,5 à 1%. "Insuffisant" pour Travail.Suisse, malgré la conjoncture difficile évoquée. Une initiative populaire en faveur d'un congé paternité de 20 jours va par ailleurs être lancée.

"La grande incertitude, liée à la mise en oeuvre en cours de l'article 121a de la Constitution fédérale (initiative sur l'immigration de masse, ndlr) a marqué la situation économique de la Suisse", a relevé lundi devant la presse Gabriel Fischer, responsable "politique économique" de l'association faîtière indépendante des travailleurs.

De plus, la décision de la Banque nationale suisse (BNS) de supprimer, le 15 janvier, le taux-plancher du franc face à l'euro, et la surévaluation du franc y consécutive, ont également pesé sur les négociations salariales. Tout comme les prévisions négatives sur le renchérissement en 2015 (-1,1%).

Dans ce contexte, Travail.Suisse et les fédérations affiliées Syna, Hotel & Gastro Union et transfair voulaient éviter un gel des salaires, d'autant que "de nombreuses entreprises ont freiné la progression salariale", note Gabriel Fischer.

Ainsi, si des augmentations ont pu être obtenues, elles restent minimes. Aucun accord sur les mesures salariales n'a en outre pu être trouvé dans certaines branches et entreprises, et plusieurs gels ont été décrétés. Cela alors qu'une croissance du produit intérieur brut (PIB) est pourtant attendue pour 2015 et 2016, et que les primes d'assurance-maladie pèsent.

Différences sectorielles

"Je me demande comment les collaborateurs sont motivés", s'interroge Arno Kerst, président du syndicat Syna, attendant un "signal positif" des employeurs au vu des efforts fournis. Celui-ci constate que dans les domaines de la construction, de la menuiserie et des techniques du bâtiment, il s'agit de la deuxième année consécutive sans augmentation.

Il craint aussi pour l'industrie face au franc fort, souhaitant une garantie de préservation des emplois en cas de prolongation du temps de travail ou de gel des salaires. Des améliorations ont cependant pu être obtenues, notamment dans la branche de la coiffure, avec une hausse du salaire minimum de 100 francs à 3800 francs.

Dans l'hôtellerie-restauration et la boulangerie-confiserie, Eric Dubuis, secrétaire romand et membre de la direction de l'organisation professionnelle Hotel & Gastro Union, se réjouit que "le dialogue patrons-employés fonctionne: malgré les difficultés, il y a un partenariat social solide".

Chacun des deux secteurs est au bénéfice d'une convention collective de travail (CCT) de force obligatoire. "Les partenaires sociaux ont choisi la voie de la formation et du dialogue, c'est une garantie d'un avenir égal voire même serein pour tous", relève-t-il.

Service public touché

Stefan Müller-Altermatt confirme aussi que "le contexte est clairement tendu. Bien des économies sont faites dans le domaine du personnel et des attaques contre le service public se font ressentir."

Transfair, l'association du personnel des secteurs poste/logistique, communication, transports et administration publics qu'il préside, a ainsi obtenu des résultats très différents entre les branches.

Notamment, les mesures d'austérité et le gel des effectifs à la Confédération sont un "non-sens" alors qu'il faudrait plutôt revoir les tâches assignées aux fonctionnaires par le Parlement, note celui qui est également conseiller national (PDC/SO).

Concernant l'égalité des salaires entre hommes et femmes, "peu d'améliorations ont été vues", observe Gabriel Fischer. En appelant à des solutions politiques, il préconise que les propositions du Conseil fédéral soient impérativement appliquées et complétées par des contrôles et sanctions en cas de non-respect.

Les améliorations sur le congé paternité, dont le minimum légal est d'un jour, n'ont pas non plus été grandes, à l'exception de nouvelles CCT à La Poste, chez Aldi et la compagnie ferroviaire zurichoise SZU.

Dans ce contexte, "le prochain pas logique est de lancer une initiative populaire qui devrait être décidée lors de l'assemblée des délégués fin avril 2016", vise Gabriel Fischer. "Les conditions de travail doivent être aménagées", renchérit Arno Kerst. Objectif: 20 jours de congé.

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