Bilan

Les salaires sont plutôt bien répartis en Suisse

L'écart salarial a légèrement augmenté en Suisse ces dernières années mais les rémunérations restent dans l'ensemble plutôt équilibrées et la Suisse fait bonne figure au niveau international.
Le coefficient de Gini, très utilisé pour mesurer l'inégalité des revenus dans un pays, permet de se faire une idée de l'écart salarial en Suisse à l'approche de la votation populaire du 24 novembre sur l'initiative populaire des Jeunes socialistes «1:12 - Pour des salaires équitables». Plus ce coefficient est élevé, plus il indique une répartition inégale. Une valeur de zéro marque une égalité parfaite alors que la valeur un indique son contraire. (Voir graphiques ci-dessus)

Les statistiques des revenus par ménage compilées par l'Organisation de coopération et de développements économiques (OCDE) donnent une image d'ensemble: la Suisse, avec une valeur de 0,30, fait mieux que la moyenne des pays de l'OCDE (0,32). En Europe, la palme revient aux pays scandinaves, comme le Danemark (0,25) alors que le Portugal est un des plus inégalitaires (0,35). Ce dernier fait toutefois mieux que les Etats-Unis (0,38).

L'OCDE a intégré dans ses calculs des données comme des rentes, des dividendes, des loyers, des subventions ou des salaires multiples, explique le Tages Anzeiger.

Difficultés pour les temps partiels

Grosse surprise pour ce qui est des salaires des employés à plein temps uniquement: c'est la Suisse qui est le pays le plus égalitaire des 34 pays de l'OCDE avec une valeur de 0,245. Elle s'offre le luxe de faire mieux que des pays scandinaves qui font pourtant figure de modèles dans ce domaine.

Des chiffres qui n'ont pas échappé au Think Tank Avenir Suisse sous la plume d'un de ses auteurs, Patrik Schellenbauer. «Un droit du travail libéral et des salaires flexibles ne conduisent pas à plus d'injustice, au contraire», expliquent cette répartition par le système de formation en Suisse qui permet un apprentissage et, plus tard, l'accès à une haute école, avec une rémunération proche d'un niveau universitaire.

La Suisse s'en sort nettement moins bien avec le travail à temps partiel. Elle affiche un coefficient de 0,49, mieux que la moyenne des pays de l'OCDE (0,55) mais moins bien que les pays scandinaves. Pour Patrik Schellenbauer, cette différence vient du fait que ces postes sont moins rémunérés que la moyenne.

La classe moyenne à la peine

Toutefois, les écarts salariaux se sont creusés ces dernières années, comme le relève l'Office fédéral de la Statistique (OFS). En 2000, le coefficient de Gini s'établissait à 0,236 et il s'est détérioré à 0,258 en 2010. L'Union Syndicale Suisse (USS) y voit le signe du développement des bas salaires alors que la classe moyenne n'a que peu senti les augmentations réelles de salaire.

Les rémunérations des cadres ont véritablement grimpé, avec des taux de 20 à 30% selon leur catégorie et leur groupe salarial. Comme le relève Patrik Schellenbauer, la classe moyenne n'a pu récolter qu'une part modeste d'un gâteau toujours plus gros que grâce à son application. «Elle a dû fournir un plus gros engagement au travail et consentir plus d'efforts.»

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