Bilan

Les salaires des managers doivent être plafonnés

Selon un sondage réalisé en Suisse, 72% des personnes interrogées sont pour l'introduction d'une limite en terme de rémunération des dirigeants.

L'opinion qui prédomine est stable, avec 63% des sondés considérant que le problème des versements de bonus abusifs est plutôt un problème de système que de cas ponctuels.

Crédits: Keystone

Même après l'initiative Minder sur les rémunérations abusives, les salaires des dirigeants restent un thème chaud. Selon un sondage réalisé en Suisse, 53% des personnes interrogées disent que ce sujet les intéresse personnellement. Mais le nombre de mécontents baisse.

Les différences sont grandes au sein de la population. Les personnes plus âgées, et/ou ayant fait des études, s'y intéressent plus que les jeunes.

Sur les 1000 sondés, 72% sont pour l'introduction d'une limite en terme de rémunération. La représentation de ce plafond salarial varie très fortement, selon les personnes interviewées. Certaines la situent à 10'000 CHF et d'autres jusqu'à 50 mio CHF, dévoile une étude publiée mardi par Demoscope pour la société de conseils de HCM Hostettler & Company.

L'opinion qui prédomine est stable, avec 63% des sondés considérant que le problème des versements de bonus abusifs est plutôt un problème de système que de cas ponctuels.

Pour la première fois, il a été demandé si la compétitivité ou la capacité d'innovation de la Suisse pouvait être négativement affectée dans le cas de la mise en place d'un plafonnement des bonus versés. Un sondé sur trois partage cette opinion.

MOINS DE CAS SPECTACULAIRES

Un peu plus de la moitié des sondés considèrent que les conseils d'administration n'assument pas suffisamment leur responsabilité concernant la mise en œuvre de l'initiative Minder. Il s'agit là d'une amélioration par rapport à l'année dernière, car ils étaient encore 60 % à la même période.

Pour Stephan Hostettler, directeur associé de HCM, "il y a eu récemment moins de cas ponctuels spectaculaires concernant des bonus élevés. Néanmoins, la majorité relève qu'il faut agir. Les systèmes de rémunération devraient être manifestement mieux conçus et communiqués", a-t-il déclaré en présentant l'étude à Genève.

Selon l'étude, ce qu‘il est nécessaire d'entreprendre repose sur les propriétaires de l'entreprise: 52 % des sondés sont d'avis que les actionnaires doivent décider librement du niveau de rémunération des dirigeants; l'Etat a suffisamment légiféré. Lors de la première étude en 2010, ils étaient 64 % à demander plus de réglementations de la part de l'Etat.

Ce résultat est dû à un changement d'opinion en Suisse romande. "De nombreuses entreprises ont renforcé la gouvernance de la rémunération depuis la crise financière. La baisse des mécontents suggère que plus de sondés font confiance aux actionnaires et aux conseils d'administration pour apporter des changements supplémentaires", a commenté M. Hosatettler.

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