Bilan

Les revenus de la vignette ne suffiront pas au réseau routier

Selon le Conseil fédéral, les revenus de la vignette à 100 francs permettront d'améliorer le réseau ou de finir des tronçons en travaux. Les nouvelles recettes ne seront toutefois qu'une goutte dans un océan de dépenses.
A la tête du Département fédéral de l'environnement des transports de l'énergie et de la communication (DETEC, Doris Leuthard n'évoque que 22 projets qui recevraient une impulsion décisive en cas de oui le 24 novembre prochain
Pour la Confédération, c'est très clair. Elle reprend plus de 400 kilomètres aux cantons, mais elle a besoin des revenus supplémentaires que va engendrer une vignette à 100 francs. Dans les chiffres, les recettes devraient croître de 300 millions, qui seront répartis à hauteur de 100 millions pour l'entretien et de 200 millions pour des projets d'extension.

Seulement voilà: les rêves du Conseil fédéral se heurtent à la réalité des chiffres, comme s'est amusé à constater le Blick. A l'Office fédéral des routes (OFROU), on évoque plutôt un montant de près de 10 milliards de francs pour les 55 projets «déjà bien avancés» pour les routes nationales.

Des projets de plusieurs milliards

Doris Leuthard à la tête du DETEC n'évoque que 22 projets qui recevraient une impulsion décisive en cas de oui le 24 novembre prochain. Mais l'OFROU n'a pas d'estimations pour ces derniers.

Les cantons se montrent plus diserts: pour 19 projets, les coûts estimés se montent à 8,3 milliards de francs. Ce qui fait dire au journal de boulevard zurichois qu'il faudra au moins quarante ans pour les mener à terme en ne prenant que les revenus de la vignette.

Au DETEC, on botte en touche. «La date exacte de réalisation des projets dépendra de la rapidité à laquelle ils peuvent être construits», a déclaré le porte-parole Thomas Rohrbach. «Mais il clair que la Confédération ne peut reprendre les projets en cours dans les cantons qu'en cas de oui. Sans financement, tout sera bloqué.»

Mieux vaut un petit financement que rien

Martin Landolt, président du PBD, ne veut pas se laisser enfermer par les chiffres. «Il existe une volonté claire de réaliser ces projets. En cas de non, rien ne se fera. Avec un oui, ce seront 200 millions de plus par an pour ces projets»

Pour les opposants, c'est l'évidence même. «Ces promesses ne sont pas du tout réalisables avec la vignette», rappelle la bernoise Nadja Pieren, conseillère nationale UDC et membre du c0mité référendaire. Elle réclame d'abord un concept concret, au lieu de nouvelles dépenses sans valeur ajoutée.



Diaporama - Les arguments des élus opposés ou en faveur de la vignette à 100 francs

1/12 Opposé
Antonio Hodgers, conseiller national (Verts/GE). «Je dis clairement non, comme tous les Verts. Un montant de 70 à 80 francs aurait suffi pour l'entretien du réseau routier. Mais avec une vignette à 100 francs on va financer de nouvelles routes. Il faut cesser de dire qu'il manque de l'argent, puisque le Conseil fédéral veut investir 3 milliards pour un nouveau tunnel routier au Gothard. C'est une question de priorité dans les investissements.»
Image: Keystone

   


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