Bilan

Les réserves de devises chinoises remontent au-dessus de 3000 milliards

Les réserves de change de la Chine, les plus importantes du monde, se sont hissées à 3.005 milliards de dollars fin février, après avoir glissé en janvier sous ce seuil jugé critique.

Pour certains observateurs, cette "bonne nouvelle" dévoilée par la PBOC en pleine session annuelle du Parlement chinois n'est pas fortuite.

Crédits: AFP

Les réserves chinoises de devises étrangères sont remontées en février au-dessus de 3.000 milliards de dollars, après avoir glissé en janvier sous ce seuil jugé critique, inversant la tendance après huit mois de saignée.

Les colossales réserves de change de la Chine, les plus importantes du monde, se sont hissées à 3.005 milliards de dollars fin février, contre 2.998 milliards un mois auparavant, a indiqué mardi la banque centrale chinoise (PBOC).

Après huit mois consécutifs de baisse, ce modeste rebond est à rebours des prévisions des analystes.

Scrutées de près pour jauger l'interventionnisme du régime communiste sur le marché des changes et l'impact de son excédent commercial, ces réserves de devises avaient chuté de 70 milliards de dollars en novembre et de 42 milliards en décembre.

Elles avaient ensuite fondu de 12,2 milliards de dollars en janvier --tombant alors sous 3.000 milliards de dollars pour la première fois en six ans et ravivant l'inquiétude sur la politique financière de Pékin.

Principale raison de cet effritement sans fin: la banque centrale a abondamment puisé dans son bas de laine depuis plus d'un an pour racheter des yuans, afin de tenter de stabiliser le cours de la monnaie chinoise.

En effet, sous la pression d'une massive hémorragie de capitaux hors de Chine --de la part d'investisseurs et entreprises cherchant des placements plus sûrs et plus rémunérateurs--, le yuan a chuté de 7% sur un an face au dollar, glissant au plus bas depuis huit ans.

Pour certains observateurs, cette "bonne nouvelle" dévoilée par la PBOC en pleine session annuelle du Parlement chinois n'est pas fortuite.

"C'est un signal important: les dirigeants chinois veulent donner l'impression que la Chine est tirée d'affaires, qu'elle a stoppé la saignée de ses réserves de changes, et que les affaires reprennent comme avant", confie Alicia Herrero, de Natixis, citée par l'agence Bloomberg.

Dans une note envoyée à l'AFP, Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics, se montre plus circonspect, pointant "les habituelles distorsions du nouvel an lunaire, quand les banques ferment pour de longs congés".

Pour autant, reconnaît-il, "c'est assurément un retournement de tendance frappant, et cela pourrait potentiellement attiser les tensions" avec Washington.

De fait, alors que ce n'était pas le cas auparavant --bien au contraire--, "l'accusation (lancée par le président américain Donald Trump) selon laquelle Pékin intervient pour affaiblir sa monnaie pourrait être avérée, pour le mois de février au moins", souligne l'expert.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."