Bilan

Les patrons proposent une solution à l'initiative du 9 février

Les milieux patronaux suisses proposent une solution à trois piliers pour mettre en oeuvre l'initiative contre l'immigration de masse.

Les milieux patronaux prônent une clause de sauvegarde pour les travailleurs issus de l'UE, une meilleure utilisation du potentiel indigène mais aussi un frein à l'emploi dans le secteur public.

Crédits: AFP

Les milieux patronaux suisses proposent une solution à trois piliers pour mettre en oeuvre l'initiative contre l'immigration de masse. Ils prônent une clause de sauvegarde pour les travailleurs issus de l'Union européenne (UE), une meilleure utilisation du potentiel indigène mais aussi un frein à l'emploi dans le secteur public.

Près de onze mois après la votation du 9 février, les conséquences de l'acceptation de ce texte restent floues, a réitéré jeudi Heinz Karrer, président d'economiesuisse, devant la presse à Zurich. Quant aux propositions du Conseil fédéral, elles sont attendues dans le courant de janvier.

Dans ce dossier, il n'existera pas de solutions faciles ni de résultats rapides. Mais pour les politiques et l'économie, une chose est claire: la population veut une réduction sensible de l'immigration, a poursuivi le président de la Fédération des entreprises suisses.

Or le net refus de l'initiative Ecopop en novembre a aussi donné un signal fort. "Les quotas rigides et l'abandon des accords bilatéraux avec l'UE ne sont pas des options", soutient-il. C'est pourquoi les principales associations patronales du pays ont imaginé un modèle qui se base sur trois piliers.

PLAFOND À DÉTERMINER

Premier élément, le secteur économique appelle à l'introduction d'une clause de sauvegarde dans la loi d'application du nouvel article constitutionnel. La libre circulation avec les états de l'UE et ceux de l'Association européenne de libre-échange (AELE) s'appliquerait pleinement jusqu'à ce que le solde migratoire ait atteint un plafond, encore à déterminer.

A cette fin, le Conseil fédéral devra réglementer sur un contingent global, et ajustable. Au-delà du seuil déterminé, la Suisse activerait la clause de sauvegarde, ce qui entraînerait la mise en place des contingents. L'idée n'est pas nouvelle, a rappelé Hans Hess, président de Swissmem. Et pourrait selon lui sauver la voie bilatérale.

Pour le représentant de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM), un contingentement inflexible et la priorité aux nationaux ne sont pas compatibles avec la libre circulation. Il est convaincu que le modèle migratoire suisse aura de meilleures chances en intégrant des règles et instruments déjà connus dans l'UE, comme la clause de sauvegarde.

RÉDUIRE LA DEMANDE

La deuxième partie du plan implique directement les entreprises, priées d'agir concrètement pour réduire la demande en main-d'oeuvre étrangère. Ce qui passe par un meilleur recours au potentiel offert par la main-d'oeuvre nationale, comme l'entend d'ailleurs l'initiative fédérale visant à combattre la pénurie de personnel qualifié.

L'Union patronale suisse (UPS) a déjà démontré l'impact pour certaines branches d'un contingentement trop strict. Ainsi, avec une immigration nette de 40'000 personnes, il manquerait au seul secteur de la santé 100'000 collaborateurs qualifiés d'ici à 2030. Pour l'ensemble du pays, la pénurie se chiffre entre 1 et 1,5 million de travailleurs.

Les efforts devront aussi porter sur la formation, l'accès pour les jeunes au marché au travail, la promotion de femmes dans l'industrie ou l'intégration des travailleurs âgés. Au menu également, la distinction d'entreprises à succès, l'égalité de traitement en matière fiscale des couples mariés ou l'amélioration du soutien aux familles.

TROP DE FONCTIONNAIRES

Mais le secteur privé ne doit pas porter seul le fardeau, estiment ses porte-paroles. En tant que gros employeurs, la Confédération, les cantons et les communes ont aussi un rôle à jouer. A fin 2013, le secteur public employait 1,04 million de fonctionnaires. Soit une progression de 40% depuis le milieu des années 1990, contre 17% seulement pour l'ensemble du marché du travail.

Une croissance nulle des emplois étatiques serait donc une partie de la solution, estime Gottlieb Keller, président de scienceindustries. Pour l'organisation du secteur suisse de la chimie-pharma et biotechnologie, la création de nouveaux postes publics ne devrait se justifier que si ces derniers servent la formation ou fournissent des services "productifs".

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