Bilan

Les paradoxes de l’hôtellerie à Verbier

Au bénéfice d’une excellente réputation internationale, la station bagnarde a pourtant présenté un bilan des nuitées morose en 2011. Mais elle fourmille de projets immobiliers.
Le complexe La Cordée des Alpes vient d’être inauguré. Il comprend 15 appartements et 34 chambres et suite. Crédits: Dr

Entre distinctions de prestige et présence de stars internationales, la station bagnarde affiche de prime abord une santé resplendissante. Pourtant, à l’issue de la saison 2011, la Société de développement de Verbier a présenté un bilan plutôt contrasté. Le 75e exercice de son histoire s’est soldé par un recul global de 5% à près de 853 000 nuitées. Pour rappel, la station comptait en 2010 quelque 30 000 lits touristiques (principalement des résidences secondaires, et 17 hôtels offrant 950 lits). Elle avait alors comptabilisé plus de 900 000 nuitées.

Si l’on ne retient que le secteur hôtelier en soi, le recul a été encore plus significatif l’hiver dernier, selon l’observatoire du tourisme valaisan de la HES-SO. Avec un total de 85 000 nuitées, Verbier a en fait accusé une chute de 13,4%. Il s’agit de la baisse la plus importante constatée sur l’ensemble du canton. Ce sont toutefois là des chiffres basés sur six mois. Rapportés sur l’année, on obtient un recul de 1,82%.

En guise d’explication, Valais Tourisme a invoqué, de manière prévisible, les turbulences économiques mondiales et la parité du franc suisse avec l’euro, et surtout avec la livre sterling dans le cas de Verbier, véritable dominion britannique. «Entre novembre et fin janvier derniers, alors que nous avons perdu 10% de notre clientèle belge, l’Autriche en a gagné 52%. Concernant les Allemands, nous en avons perdu 27% et l’Autriche en a gagné 4,1%. Il s’agit de touristes qui ont découvert une nouvelle destination. Pour tenter de les reconquérir, il s’agira de leur offrir les mêmes prix, mais aussi les mêmes standards de qualité», commente Urs Zenhäusern, le directeur de l’organe de promotion touristique du canton. 

Entre santé éclatante et chiffres moroses, à qui peut-on se fier? Premier élément à prendre en compte, près de 97% des lits touristiques de Verbier ne sont pas liés à des hôtels mais à de la parahôtellerie et à de la location d’hébergements privés. La clientèle jeune et internationale de la station présente par contre la spécificité de mettre aisément ces logements à la disposition de ses proches et de son entourage. Ce phénomène explique le taux minime de lits froids qu’enregistre Verbier.

Garantir l’attractivité de la station

Cela posé, le groupe de travail 113 sur le développement touristique signalait dans son rapport de 2012 que la station, positionnée pour une bonne part sports fun et extrêmes, manquait cruellement d’hôtels deux et trois étoiles de qualité. Cela sans parler de l’absence d’auberge de jeunesse. Cette clientèle aux moyens financiers plus restreints n’a pas accès aux établissements de standing, qui ouvrent leurs portes en ce moment (lire ci-contre). Il en ira de même pour les futurs nombreux employés de ces hôtels, qui auront du mal à trouver des logements dans les environs, déjà saturés, de la station.

La nécessité de maintenir un degré d’investissement conséquent se manifeste par ailleurs afin de garantir l’attractivité générale de la destination. En 2012, 200 millions de francs ont été injectés à Verbier, dont 40 millions pour le seul centre sportif. De quoi éviter des désistements tels que celui de Kuoni, qui a cédé l’automne passé au britannique Bluebird Partners sa filiale Ski Verbier, active dans les vacances de sports d’hiver haut de gamme. 

François Praz

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