Bilan

Les nuages s'amoncèlent sur l'appétit horloger des touristes chinois

Les achats d'articles de luxe effectués par les touristes chinois en Suisse ont encore diminué en avril, révèlent les dernières statistiques de la société Global Blue.

Début avril, les autorités chinoises ont mis en oeuvre une nouvelle taxe sur les articles de luxe que rapportent les touristes chinois dans leurs bagages.

Crédits: Keystone

Les achats d'articles de luxe effectués par les touristes chinois en Suisse ont encore diminué en avril, révèlent les dernières statistiques de la société Global Blue, qui gère les remboursements de TVA sur les produits détaxés. Sur un an, les ventes ont baissé de 7,8%, après une chute de 19,6% en mars. Pour la Suisse, ces statistiques portent essentiellement sur les ventes de montres, articles le plus prisé des voyageurs de passage.

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance qui n'est d'ailleurs pas propre à la Suisse mais concerne toute l'Europe, la France étant la plus touchée, avec une baisse de 23% en avril après 29,3% en mars.

Aux attentats de Paris et Bruxelles, s'ajoutent les nouveaux visas biométriques pour l'espace Schengen, les inquiétudes qui planent sur la croissance chinoise, une certaine frugalité liée à la campagne anticorruption, et depuis début avril la nouvelle taxe à l'importation. Autant de facteurs négatifs qui s'accumulent, même s'il reste difficile de mesurer l'impact de chacun de ces facteurs sur les ventes à ce stade, a récemment indiqué à AWP Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération horlogère (FH).

Début avril, les autorités chinoises ont mis en oeuvre une nouvelle taxe sur les articles de luxe que rapportent les touristes chinois dans leurs bagages. Un facteur de plus à la liste des éléments négatifs qui pèsent sur les ventes de montres en Suisse et dans le monde, alors que les consommateurs chinois s'étaient montrés particulièrement friands ces dernières années, au point de constituer le principal groupe de clientèle des horlogers suisses.

Une mesure que Jean-Daniel Pasche qualifie de "contraire à l'esprit de l'accord de libre-échange entre la Suisse et la Chine". Et qui figurera au menu des discussions quadripartites entre la FH et le Seco d'une part, et les contreparties chinoises d'autre part, lors des prochaines rencontres prévues dans le cadre des mécanismes mis en place par l'accord de libre-échange entre la Suisse et la Chine. Et ce même s'il ne s'agit pas à proprement parler d'un droit de douane.

Selon la nouvelle réglementation sur les taxes à l'importation, une montre vendue plus de 5000 yuans, soit 750 CHF, est soumise à une taxe d'importation de 60% à l'entrée en Chine, contre 30% auparavant. Une politique vraisemblablement destinée à encourager le consommateur chinois à dépenser en Chine plutôt qu'à l'étranger, et à décourager les achats via des tiers. Mais il est encore trop tôt pour en mesurer l'effet en l'absence d'informations sur la mise en oeuvre aux frontières, avertit Jean-Daniel Pasche.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."