Bilan

Les métaux industriels se reprennent, aidés par le pétrole et la Chine

Les prix des métaux de base échangés sur le London Metal Exchange (LME) ont rebondi cette semaine, entraînés par l'optimisme du marché pétrolier et par la Chine.

Les cours du cuivre se sont nettement repris cette semaine, renouant avec leurs niveaux de début avril sur fond de hausse des cours du brut.

Crédits: AFP

Les prix des métaux de base échangés sur le London Metal Exchange (LME) ont rebondi cette semaine, entraînés par l'optimisme du marché pétrolier et rassurés par des données encourageantes en provenance de Chine.

Après un début de semaine très calme caractérisé par de faibles volumes d'échanges, les cours ont nettement accéléré la cadence à partir de mardi, avant de se stabiliser en fin de semaine, parvenant ainsi à annuler les lourdes pertes subies la semaine précédente.

Les prix des métaux de base ont notamment bénéficié de la forte progression des cours du pétrole, qui ont bondi de près de 5% sur la seule séance de mardi, soutenus par les spéculations grandissantes de voir décidé un gel de la production lors de la réunion entre grands producteurs prévue le 17 avril à Doha, au Qatar, et ont également profité d'un accès de faiblesse du dollar en début de semaine.

S'ils sont restés peu sensibles au rebond lundi de l'indice qui mesure l'évolution des prix à la vente à la sortie d'usine (PPI) en Chine au mois de mars, les métaux de base ont en revanche accueilli favorablement les dernières statistiques sur les importations chinoises de matières premières.

Le premier consommateur mondial de métaux industriels a en effet vu ses exportations rebondir fortement en mars, après huit mois de plongeons consécutifs, tandis que ses importations modéraient leur recul.

Les exportations du géant asiatique, principale puissance commerciale de la planète, ont en effet grimpé en mars de 11,5% sur un an à 160,8 milliards de dollars tandis que ses importations se sont repliées le mois dernier de 7,6% sur un an, à 131 milliards de dollars, se ressaisissant après des plongeons de quasiment 20% en janvier et de 13,8% en février.

Le gonflement des exportations pourrait ainsi refléter un sursaut d'activité des sous-traitants de l'industrie électronique, et plus généralement le récent rebond du secteur manufacturier, tandis que le moindre repli des importations était de bon augure pour la demande chinoise de métaux industriels.

Au deuxième trimestre, "nous maintenons que la direction du dollar et du pétrole seront des facteurs déterminants de l'évolution des prix pour les métaux de base. Les marchés seront aussi attentifs à de nouveaux signes de la stabilisation de l'économie chinoise et les récentes publications, dont les données commerciales pour mars, semblent étayer cette idée", ont estimé les analystes d'Unicredit.

Le cuivre boosté par les importations chinoises

Les cours du cuivre se sont nettement repris cette semaine, renouant avec leurs niveaux de début avril sur fond de hausse des cours du brut et de bons chiffres sur les importations chinoises de métal rouge.

Selon les chiffres officiels publiés mercredi par les douanes chinoises, Pékin a importé 570.000 tonnes de cuivre le mois dernier, contre 410.000 tonnes en mars 2015, soit une hausse de 40% sur un an et le chiffre mensuel le plus élevé jamais enregistré.

"Une ombre au tableau demeure toutefois: ce niveau record d'importations n'est qu'en partie imputable à la demande réelle (de cuivre), avec des opportunités d'arbitrage attractives entre les plateformes d'échanges de Londres et de Shanghai qui ont aussi joué un rôle important", poursuivaient les experts de Commerzbank, ajoutant qu'ils ne pensaient pas que ce mouvement se révèlerait durable.

L'aluminium aidé par une production en baisse

Les prix de l'aluminium ont également largement profité de l'enthousiasme régnant sur les marchés pétroliers, ainsi que de chiffres positifs sur la production chinoise. La tonne d'aluminium a même atteint jeudi 1.570,50 dollars, un plus haut en un mois.

Les cours ont été un peu affectés en début de semaine par les prévisions pessimistes publiées par le géant de l'aluminium Alcoa: à l'occasion de la publication de ses résultats trimestriels lundi, le groupe a en effet revu à la baisse sa prévision de croissance pour la demande mondiale d'aluminium, à 5% contre 6% précédemment anticipés en janvier, ainsi que ses estimations de la demande chinoise pour ce métal, qu'il anticipe désormais en hausse de 6,5% en 2016, contre une progression de 8% estimée en janvier.

Mais les prix de l'aluminium ont pu profiter par la suite des données publiées par l'Institut international de l'aluminium, selon lesquelles la production quotidienne moyenne d'aluminium en Chine, le premier producteur et consommateur mondial de ce métal, est ressortie à 71.400 tonnes en février, contre 80.000 tonnes en janvier.

De son côté, la tonne de plomb est tombée mardi jusqu'à 1.680 dollars, au plus bas en plus d'un mois et demi, avant de rebondir et d'atteindre mercredi 1.762 dollars, un maximum en deux semaines.

L'étain est pour sa part monté jeudi jusqu'à 17.250 dollars, un maximum depuis deux semaines également, tandis que le nickel et le zinc ont grimpé mercredi jusqu'à respectivement 9.000 dollars et 1.900 dollars, des plus hauts depuis le 18 et le 11 mars.

Sur le LME, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s'échangeait à 4.806,50 dollars vendredi à 11H00 GMT, contre 4.633,50 dollars le vendredi précédent à 10H50 GMT.

L'aluminium valait 1.550,50 dollars la tonne, contre 1.504,50 dollars.

Le plomb valait 1.726 dollars la tonne, contre 1.695 dollars.

L'étain valait 17.222 dollars la tonne, contre 16.725 dollars.

Le nickel valait 8.935 dollars la tonne, contre 8.465 dollars.

Le zinc valait 1.876,50 dollars la tonne, contre 1.747 dollars.

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