Bilan

Les gros investissements du Qatar en Suisse

Le fonds d'investissement souverain du Qatar, qui détient plus de 330 milliards de dollars d'actifs investis à travers le globe, vient notamment d'accroître sa participation dans Credit Suisse.

L'émirat représentait l'an dernier le 5e partenaire commercial de la Suisse dans la région Moyen-Orient et Afrique du nord.

Crédits: Keystone

Le fonds d'investissement souverain de l'émirat du Qatar détient plus de 330 mrd USD (315 mrd CHF) d'actifs investis à travers le globe, selon les estimations. Il vient notamment d'accroître sa participation dans la banque Credit Suisse.

Au troisième jour de la crise dans le Golfe, l'action Credit Suisse évoluait mercredi à 11h25 en hausse de 0,5% à 13,25 CHF, dans un SMI en repli de 0,09%. La veille, le titre a chuté de 5,5%. La montée au capital du Qatar semble avoir inquiété les investisseurs. Isolé diplomatiquement par ses voisins, l'émirat pourrait être forcé de vendre sa participation en raison de sanctions économiques, selon certains analystes.

Le fonds souverain est le quatrième actionnaire de Credit Suisse. Qatar Holding LLC, contrôlé par l'Etat du Qatar, détenait à fin mai 17,98% des droits de vote inscrits au registre du commerce du numéro deux bancaire helvétique, dont 5,01% en actions et 12,96% en droits d'achat. En novembre, la part d'actions s'inscrivait encore à 4,93%.

L'émirat représentait l'an dernier le 5e partenaire commercial de la Suisse dans la région Moyen-Orient et Afrique du nord. Le volume des échanges totalisait 1,1 milliard de francs. La Suisse y exporte avant tout des pierres et des métaux précieux, ainsi que des montres, des machines et des produits pharmaceutiques.

Dans l'autre sens, les importations en provenance du Qatar se montaient à seulement 287 mio CHF en 2016. Une valeur que dépassent donc de loin les investissements du fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA) sur le sol helvétique.

Parmi eux figure aussi le complexe hôtelier de luxe du Bürgenstock. Le projet touristique surplombant le lac des Quatre-Cantons, mené par l'entreprise étatique Katara Hospitality, a bénéficié d'investissements de plus de 500 mio CHF.

Les derniers développements au Qatar n'ont aucun impact, selon un porte-parole du Bürgenstock Resort contacté par l'ats. Le complexe devrait ouvrir comme prévu en août 2017. Il comprendra trois hôtels pour un total de 800 lits ainsi qu'un centre de conférences et un centre commercial.

Glencore & Co

Katara Hospitality détient également au sein de son "Bürgenstock Selection" l'établissement Schweizerhof à Berne ainsi que le cinq étoiles Royal Savoy à Lausanne. Ce dernier a rouvert ses portes fin 2015, après 5 ans de travaux de rénovation et quelque 100 mio CHF investis.

Par ailleurs, QIA représente le principal actionnaire du géant zougois des matières premières Glencore. Sa participation en termes de droits de vote s'y élève à 9%. Il détient également 6,9% dans l'exploitant bâlois de boutiques hors taxes Dufry.

Sur son propre site internet, QIA précise que la majorité de ses investissements sont localisés à l'étranger. A l'origine, il a pour mission de réinvestir les surplus issus des exportations de gaz naturel liquéfié, dont le Qatar est le premier producteur et exportateur mondial.

Ses principaux actifs internationaux incluent notamment Volkswagen, Barclays, Canary Wharf, Harrods, Heathrow, Tiffany et Total. Le fonds qatari compte encore parmi ses actifs emblématiques les clubs de foot, Paris Saint-Germain et FC Barcelona.

Crise du Golfe

L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont accentué mercredi la pression sur le Qatar, trois jours après avoir rompu avec leur partenaire du Golfe qu'ils accusent de "soutenir" le terrorisme et de leur préférer l'Iran.

Sans aller jusqu'à demander un changement de régime au Qatar, les deux pays ont exigé qu'il modifie sa politique et réintègre le consensus régional sur les questions clés des mouvements et courants islamistes extrémistes et des liens avec l'Iran chiite, grand rival du royaume saoudien sunnite dans la région.

Lundi, l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, l'Egypte, le Yémen et les Maldives ont rompu toute relation avec le Qatar, la pire crise diplomatique dans la région depuis des années. Ils ont été suivis par la Mauritanie.

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