Bilan

Les firmes grecques lorgnent vers la Suisse

La crise économique en Grèce pousse de plus en plus d'entreprises à examiner une délocalisation de leur siège à l'étranger.
Toujours plus d'entreprises quittent le navire et souhaitent s'établir en Suisse.

Seul problème, la plupart d'entre elles, plombées par le marasme, n'ont pas les moyens financiers nécessaires pour partir.

Depuis que la note de la Grèce a été dégradée massivement par les agences au début 2011, Nikolaos Aggelidakis, président de la chambre de commerce Suisse-Grèce, doit faire face à un regain d'activité. L'une de ses tâches consiste à conseiller les entreprises qui envisagent de venir en Suisse.

Mais les démarches ne sont pas simples. «Il faut être très bien préparé», souligne Nikolaos Aggelidakis, qui jouit d'un vaste réseau au sein de l'élite politique grecque. Plusieurs facteurs doivent être pris en compte: le choix du canton, les différences en matière d'imposition et les coûts administratifs du déménagement.

Les frais atteignent des montants importants - argent dont beaucoup de firmes ne disposent précisément pas en ce moment. Le million de francs est très rapidement dépassé et augmente encore avec la taille de l'entreprise, souligne Nikolaos Aggelidakis.

Peu d'entreprises franchissent le pas

Si la chambre de commerce Suisse-Grèce a été approchée par de nombreuses entreprises, celles qui ont franchi le pas et sont venues s'installer en Suisse restent rares. Interrogés par l'ats, les offices de promotion économique des cantons de Zoug et Zurich ainsi que l'organisation Greater Zurich Area n'ont pas remarqué de hausse du nombre de firmes grecques.

La plus grosse entreprise grecque, l'embouteilleur Coca Cola Hellennic (CCHBC), a pourtant osé venir en Suisse. La société a annoncé dernièrement qu'elle allait installer son siège social dans le canton de Zoug en 2013. Autre société à quitter la Grèce, le groupe laitier Fage, qui opérera à l'avenir à partir du Luxembourg.

Coca Cola disposait déjà d'une filiale en Suisse. Un détail qui a son importance et qui a sans doute pesé dans la décision de déménager le siège social de CCHBC à Zoug, selon Nikolaos Aggelidakis.

Système d'imposition opaque

Les entreprises cherchant à quitter la Grèce sont motivées par diverses raisons. Premièrement, l'économie hellénique tourne au ralenti: les échanges à la Bourse sont faibles, les banques peu enclines à accorder des crédits et les investisseurs extrêmement prudents. La récession s'est en outre installée, avec une sixième année consécutive de «croissance négative».

Par ailleurs, les entreprises doivent faire face à de grosses inégalités, notamment en matière fiscale. Le système est opaque et rend toute planification presque impossible. Les sociétés recherchent donc davantage de stabilité.

Changement compréhensible

Selon le président de la chambre de commerce Suisse-Grèce, le désir de quitter la Grèce est par conséquent compréhensible. Cela n'en a pas moins été un «petit choc», lorsque Coca Cola Hellenic a annoncé son départ.

Malgré tout, il ne faut pas accorder trop d'importance au transfert d'un siège social à l'étranger, poursuit Nikolaos Aggelidakis. «Tant que les emplois restent en Grèce, ce n'est pas si grave.»

La disparition de rentrées fiscales pourrait même renforcer le pays. Les politiques ont néanmoins fort à faire. Ils doivent relancer l'économie et rendre la Grèce plus attrayante, sans quoi les déménagements pourraient s'accélérer à l'avenir.

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