Bilan

Les exportations d'armes ont ralenti en 2013

Du matériel de guerre pour une valeur totale de 461,2 millions de francs a été vendu à d'autres pays, soit un recul de 239,2 millions de francs par rapport à 2012.

Un recul des exportations a également été constaté dans le domaine des "biens militaires spécifiques", des équipements qui ne sont pas utilisés directement pour le combat.

Crédits: Keystone

La Suisse a exporté moins de matériel de guerre l'an dernier. Des armes, des munitions et autres équipements pour une valeur totale de 461,2 millions de francs ont été vendus à d'autres pays, soit un recul de 239,2 millions de francs par rapport à 2012. Les exportations des "biens militaires spécifiques" ont également diminué.

Cette forte baisse avait déjà été annoncée dans le courant de l'année 2013. Devant cette situation difficile pour l'industrie de l'armement, le Conseil des Etats a discuté en automne d'un assouplissement des règles encadrant l'exportation du matériel de guerre.

Ce recul des exportations inquiète le Cercle de travail sécurité et techniques de défense (cstd), qui demande vendredi dans un communiqué un ajustement des règlements d'exportations sur les normes des "partenaires européens".

PRINCIPAUX CLIENTS OCCIDENTAUX

Une telle modification n'aurait cependant aucun effet pour les principaux acheteurs d'armes suisses. Comme l'année précédente, l'Allemagne a été le plus gros client (123,5 millions de francs), selon des chiffres fournis vendredi par l'Administration fédérale des douanes (AFD). En 2012, le pays voisin s'est porté acquéreur de matériel suisse pour près de 246 millions, un montant deux fois plus élevé qu'en 2013.

Parmi les autres clients importants figurent l'Italie (58,9 millions), les Etats-Unis (43,8 millions), le Royaume-Uni (38,1 millions) et la France (27,5 millions de francs).

Les Emirats Arabes Unis, à qui la Suisse a livré 21 avions d'entraînement entre 2011 et 2012, font aussi partie des meilleurs clients (10,1 millions de francs). En 2012, le petit pays s'était signalé en important des armes suisses pour plus de 132 millions de francs.

LIVRAISONS CRITIQUÉES

Son grand voisin l'Arabie Saoudite devient ainsi le plus grand demandeur de la péninsule (21,9 millions de francs). Les exportations en direction du royaume wahhabite ne devraient pas être autorisées selon les lois actuelles. Toutefois, il est possible de vendre des pièces de rechange pour du matériel exporté avant l'interdiction.

Ces exportations en direction de l'Arabie Saoudite ne sont pas du goût du Groupement pour une Suisse sans armée (GSsA), qui relève vendredi que la monarchie du Golfe ne respecte pas les droits de l'homme et qu'elle fournit des armes en Syrie.

Dans le détail, 34,4% des livraisons effectuées étaient constituées de munitions et de leurs composants pour armes de tout calibre et 16,1% de matériel de conduite de tir, selon un communiqué du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) diffusé vendredi. Les armes de tout calibre ont constitué 15% des exportations, contre 13,9% pour les véhicules blindés et leurs composants et 7,9% pour les aéronefs et leurs matériels. Cinq autres catégories représentent les 13,1% restants.

Avec 2274 requêtes, le nombre de nouvelles demandes d'exportations soumises au SECO a légèrement diminué en 2013. Parmi elles, 2261 demandes, pour une valeur de 2,1 milliards de francs, ont été autorisées. Neuf demandes ont été annulées, et quatre ont été refusées. Ces refus concernaient "principalement" des pays du Moyen-Orient, a précisé le SECO.

BIENS MILITAIRES SPÉCIFIQUES

Un recul des exportations a également été constaté dans le domaine des "biens militaires spécifiques". Il s'agit d'équipements qui ne sont pas utilisés directement pour le combat et ne sont donc pas considérés comme du matériel de guerre.

Alors que les ventes dans ce domaine se chiffraient à 2,4 milliards de francs en 2011 et 1,1 milliard de francs en 2012, elles se montent à 405 millions de francs en 2013. "Les ventes d'avions d'entraînement Pilatus à l'Inde et à l'Arabie saoudite avaient fait nettement augmenter ces chiffres", a expliqué à l'ats Simon Plüss, responsable de la section contrôle des exportations/matériel de guerre auprès du SECO.

L'Inde (170 millions de francs), le Pakistan (79 millions), les Etats-Unis (36 millions) et le Canada (33 millions) sont les plus importants clients. M. Plüss a précisé que le SECO a procédé à des contrôles dans "un pays asiatique" afin de s'assurer que le matériel exporté ne soit pas réexporté dans un autre pays.

 

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