Bilan

Les entreprises suisses ont renforcé leur sécurité

Les entreprises suisses reconnaissent avoir revu leurs mesures de sécurité informatiques depuis les récentes affaires d'espionnage liées aux révélations de l'Américain Edward Snowden.
Crédits: ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION
Une étude menée récemment par le cabinet de conseils PwC relève qu'en Allemagne une entreprise sur trois a amélioré la protection de ses systèmes informatiques depuis qu'a éclaté le scandale des écoutes téléphoniques des services de renseignements américains. Elles ont pris des mesures pour protéger les données de leurs clients et contrer l'espionnage économique.

En Suisse, aussi, de nombreuses entreprises ont revu leurs systèmes de sécurité, a indiqué à Thomas Koch, spécialiste chez PwC.

Dès les premières révélations d'Edward Snowden au printemps, plusieurs responsables des services informatiques (IT) de grandes sociétés ont demandé à PwC d'analyser la situation et de proposer de nouvelles solutions le cas échéant, explique-t-il.

Augmentation des cas

Les attaques informatiques contre les entreprises suisses sont en hausse, ajoute-t-on auprès de la Centrale d'enregistrement et d'analyse pour la sûreté de l'information MELANI. Mais de nombreux cas ne sont pas annoncés, les entreprises n'ayant pas l'obligation de le faire, estime Max Klaus, directeur suppléant de MELANI.

Les sociétés victimes d'espionnage économique n'ont en outre aucun intérêt à communiquer publiquement les faits, relève Felix Endrich, porte-parole du Service de renseignement de la Confédération. Raison pour laquelle ce thème reste très opaque et difficile à saisir.

Suisse attractive

Selon MELANI, ce sont aussi bien les grandes sociétés que les PME qui sont touchées par les attaques informatiques. La Suisse est notamment attractive en raison de son haut niveau en matière d'innovation.

Hans-Ulrich Bigler, directeur de l'Union suisse des arts et métiers (usam), confirme, mais n'a pas de chiffres à donner. Les entreprises rechignent à s'exprimer, craignant de mettre à mal la confiance de leurs clients.

Les espions étrangers s'intéressent principalement au high-tech et à la branche pharmaceutique suisse, explique le professeur Albert Stahel, expert en stratégie et sécurité. Ces dernières années, en raison du conflit fiscal, la menace touche aussi la place financière.

Universités ciblées

L'industrie des machines, l'industrie plastique ou les biotechnologies, sont également des cibles privilégiées, ajoute Hans-Ulrich Bigler. Dans un récent rapport, le Service de renseignement de la Confédération ajoute les hautes écoles et les centres de recherche helvétiques à la liste.

Les milieux académiques ne semblent toutefois pas partager cet avis. Ces établissements génèrent avant tout du savoir, souligne le professeur Roland Siegwart, vice-président de la recherche et des relations économiques à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

Les entreprises interrogées se taisent sur les auteurs possibles de ces attaques. Quant à savoir quels Etats sont derrière ces cas d'espionnage, en général, chaque pays défend ses propres intérêts, explique Albert Stahel.
Jean-Claude Meier

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