Bilan

Les entreprises du luxe en Suisse souffre de l’euro

Heureusement, les Chinois et les Russes reviennent en force en Suisse et compensent la perte des ventes auprès des Européens.» Patrick Frischknecht, CEO des quatre boutiques Ambassadeurs en Suisse, confirme avoir senti un déplacement de sa clientèle locale vers la zone euro. Si le management des Ambassadeurs n’a pas encore réagi à la chute de près de 15% de l’euro, Cartier a cependant déjà réajusté ses prix en francs en s’alignant sur ceux de nos voisins.

Cette dévaluation a entraîné des conséquences économiques non négligeables pour les détaillants de certaines marques suisses de luxe, notamment celles du secteur de l’horlogerie, dont l’Europe est le plus gros partenaire. Les clients en profitent pour acheter leurs biens hors de nos frontières, diminuant ainsi le chiffre d’affaires des commerçants helvétiques.Des prix remis à niveau

La variation du taux de change engendre une réelle problématique quant au positionnement de ces marques de luxe, sachant qu’il est très difficile de réévaluer les prix à la hausse dans la zone euro, notamment en période de crise économique.

En France, certaines marques telles que Rolex, Jaeger-LeCoultre ou encore Chopard ont déjà remis à niveau leurs prix depuis le début de l’année à deux, voire à trois reprises. «Début novembre, nous allons aussi augmenter nos tarifs, mais pour la quatrième fois cette année», précise Jean-Claude Biver, patron de Hublot, joint à l’aéroport de Hongkong. Ces adaptations de plus de 25% depuis le début de l’année sur le marché français ont permis à la manufacture vaudoise de compenser les pertes dues au change et de retenir sa clientèle en Suisse. Le principe a néanmoins eu ses effets pervers: la hausse des prix a refroidi la clientèle hexagonale. Mais la manufacture a pu profiter de l’arrivée d’amateurs du Moyen-Orient, de la Chine et des Etats-Unis pour  contrebalancer une réduction des ventes.

Et si l’euro devait remonter? «Nous serions contraints de baisser les prix de nos montres, ce qui compliquerait la donne», précise Jean-Claude Biver. Quant au CEO des Ambassadeurs, ne croyant pas à une appréciation prochaine de l’euro, il espère vivement que les marques suivent l’exemple de Hublot en augmentant rapidement leurs prix dans la zone euro. Cela permettrait de mettre un terme à l’hémorragie de sa clientèle habituelle vers les voisins européens.

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