Bilan

Les électeurs votent "yes" ou "no" sur l'indépendance de l'Ecosse

De Glasgow à Edimbourg, les électeurs affluaient jeudi dans les bureaux de vote pour prendre part au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, un scrutin historique.

Le Premier ministre écossais, Alex Salmond, après avoir déposé son bulletin de vote

Crédits: Keystone

De Glasgow à Edimbourg, les électeurs affluaient jeudi dans les bureaux de vote pour prendre part au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, un scrutin historique qui pourrait conduire à l'éclatement du Royaume-Uni et à la formation d'un nouveau pays en Europe.

Les 2.600 bureaux de vote écossais ont ouvert leurs portes à 07H00 locales (06H00 GMT) et fermeront à 22H00 (21H00 GMT). Les premiers résultats sont attendus vendredi au petit matin.

Au total, quelque 4,29 millions d'électeurs - dont 600.000 ont déjà voté par correspondance - étaient appelés aux urnes et une participation massive était attendue, de l'ordre de 80%.

Après avoir largement mené dans les intentions de vote, le non à l'indépendance a marqué le pas ces dernières semaines, rattrapé par le oui qui a mené une campagne plus agressive et visible.

Les derniers sondages donnaient cependant un léger avantage aux tenants du maintien de l'union, mais avec un nombre d'indécis suffisamment important pour faire pencher la balance.

- "Le jour de vérité" -

A Edimbourg, Charlotte Farish est arrivée dix minutes avant même l'ouverture du bureau de vote. Cette femme de 34 ans tenait à glisser son bulletin dans l'urne avant d'emmener ses deux enfants à l'école et d'aller travailler.

"C'est un jour important. La décision que nous allons prendre nous engagera pour la vie", a-t-elle déclaré à l'AFP, en confiant soutenir le non à l'indépendance.

"J'aime mon pays, et je ne veux pas qu'on l'abîme", a-t-elle dit, alors qu'une autre électrice, Serah Rowell, venait de voter en faveur de l'indépendance.

"J'ai voté oui, parce que je crois que l'Ecosse doit pouvoir décider pour elle-même", a déclaré cette femme de 36 ans travaillant dans une université.

Cette indépendance "faisons-la!", a appelé le leader des indépendantistes et Premier ministre écossais, Alex Salmond, dans une lettre solennelle publiée par la presse mercredi.

"C'est l'occasion d'une vie, saisissons-la des deux mains", a-t-il insisté sous les cris "Yes we can" d'une foule survoltée lors d'un meeting à Perth mercredi soir.

"Si vous avez le moindre doute, ne le transformez pas en vote pour le oui", a répliqué le leader de la campagne pour le non, l'ancien ministre britannique des Finances Alistair Darling, à Glasgow.

Les quotidiens britanniques arboraient jeudi des Unes pleines de symboles, avec le plus souvent les deux drapeaux de l'Ecosse et du Royaume-Uni flottant côte à côte. Le Guardian présente pour sa part une vue aérienne de l'Ecosse entourée d'une mer ayant submergé les autres parties du Royaume-Uni.

"Le jour de vérité. Les 4.285.323 électeurs écossais ont 15 heures pour décider du destin de leur pays", peut-on lire dans l'éditorial, qui veut convaincre les Ecossais de rejeter l'indépendance et d'aider à "reforger notre union" ensemble.

Le Glascow's Sunday Herald se prononce pour l'indépendance: dans sa dernière édition avant le vote, le journal écossais affiche en Une une mosaïque composée de centaines de selfies de partisans du oui formant le drapeau écossais.

Le président des Etats-Unis Barack Obama est venu mercredi à la rescousse du non. "Le Royaume-Uni est un partenaire extraordinaire pour l'Amérique et une force pour le bien dans un monde instable. J'espère qu'il restera fort, robuste, et uni", a-t-il écrit sur Twitter.

- L'Ecosse ne sera "plus jamais la même"-

Le camp du non a mis en garde: une Ecosse indépendante ne pourra plus utiliser la livre sterling, verra son système de retraite mis à mal, et son appartenance à l'Union européenne remise en cause.

En face, on a fait valoir qu'une Ecosse indépendante pourra fixer ses impôts, mener la politique sociale-démocrate espérée par les Ecossais, dont le coeur penche traditionnellement à gauche, et gérer comme elle l'entend la manne pétrolière de la mer du Nord.

A Glasgow, près de 2.000 partisans du oui ont tenu mercredi soir une ultime réunion publique, à deux pas de la place Mandela.

"Mes frères, mes soeurs, soyons clairs. Nous sommes à l'aube d'une révolution démocratique et pacifique", s'est enflammé Tommy Sheridan, une figure du socialisme écossais.

La foule lui a répondu en choeur "l'espoir, pas la peur".

Si l'Ecosse choisit l'indépendance, ce sera la fin d'une alliance qui remonte à 1707. Cela pourrait aussi sceller le sort du Premier ministre britannique David Cameron qui a qualifié mercredi de "tragédie" le scénario d'une scission.

En revanche, Alex Salmond devrait sortir vainqueur du scrutin quel que soit son issue. Si le oui l'emporte, il pourra en effet s'ériger en père de l'indépendance. Si c'est le non, il aura obtenu une autonomie accrue.

Quant à l'Ecosse, "que ce soit oui ou non, (elle) ne sera plus jamais la même", pronostique le quotidien écossais The Herald.

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