Bilan

Les Ecossais disent non à l'indépendance

Les 4,2 millions de résidents écossais se sont prononcés: le "oui" à l'indépendance n'a recueilli que 44,85% des voix, contre 55,2% pour le non.

Le scrutin, qui s'annonçait très serré, s'est traduit par une participation record de l'ordre de 85%.

Crédits: Keystone

Les Ecossais ont voté non à l'indépendance lors d'un référendum historique marqué par une participation massive à hauteur de l'enjeu historique.

La victoire confortable du non a été définitivement établie vendredi après dépouillement de 30 des 32 circonscriptions. Le non recueillait alors 55,2% des suffrages et le oui 44,85%.

Le résultat constitue une immense déception pour le Premier ministre de la région semi-autonome Alex Salmond --qui avait paru effectuer une remontée spectaculaire en fin de campagne-- et un énorme soulagement pour le chef du gouvernement central David Cameron "hanté" par la perspective d'un éclatement du Royaume-Uni.

Alex Salmond, 59 ans, a concédé sa défaite peu après 06H00 (05H00 GMT) dans une déclaration publique à Edimbourg.

"L'Ecosse a décidé, à la majorité, de ne pas devenir un pays indépendant", a-t-il reconnu alors que certains de ses partisans étaient en pleurs.

"J'accepte ce verdict des urnes et j'appelle tous les Ecossais à faire de même et à accepter la décision du peuple", a-t-il ajouté.

Le leader séparatiste peut cependant se targuer d'avoir conquis en cours de campagne une plus large autonomie pour le pays des Scots qu'il dirige depuis sept ans.

Peu avant, David Cameron avait accrédité la victoire du camp du non dans un tweet au responsable de la campagne du non, soutenue par les trois partis traditionnels britanniques (conservateur, libéral-démocrate et travailliste d'opposition) et par une majorité à la City.

"J'ai parlé à Alistair Darling - et je l'ai félicité pour une campagne bien menée", a-t-il dit.

L'intéressé a salué en retour sur son compte "une nuit extraordinaire", depuis Glasgow, la deuxième ville du pays qui a voté oui.

Le scrutin, qui s'annonçait très serré, s'est traduit par une participation record de l'ordre de 85%.

Le Premier ministre David Cameron a prévu de s'exprimer dès 07H00 (06H00 GMT) dans une adresse solennelle à la télévision.

En fin de campagne, il avait reconnu que le scrutin signifiait "la mort du statu quo".

Avec ses alliés gouvernementaux libéraux-démocrates et le chef de l'opposition travailliste Ed Miliband, il a promis des prérogatives supplémentaires au parlement régional d'Holyrood, en matière fiscale notamment, au cas où les Ecossais renonceraient à l'indépendance.

Le cadeau fait déjà des envieux parmi les Anglais, Gallois et Nord-Irlandais majoritairement unionistes, mais qui sollicitent aussi des compétences élargies.

Une victoire du oui aurait mis le Premier ministre en extrême difficulté.

Il devra cependant encore rendre des comptes à ceux qui dans son camp lui reprochent des concessions trop généreuses, et s'employer à favoriser la réconciliation en Ecosse, après une campagne très clivante.

- La livre à un sommet en deux ans face à l'euro -

Les chroniqueurs royaux attendaient quant à eux un commentaire de la reine dans l'après-midi depuis son château écossais de Balmoral, dans l'extrême nord-est de l'Ecosse. La reine, inquiète selon son entourage, est restée muette pendant la campagne. La constitution non-écrite du Royaume-Uni l'oblige à la neutralité.

La Bourse de Londres avait anticipé dans l'après-midi de jeudi un rejet de l'indépendance. "Les investisseurs sont convaincus que les Ecossais vont rester dans l'Union", avait ainsi commenté Fawad Razaqzada, analyste chez Forex.com.

La livre sterling a atteint vendredi vers 01H40 GMT son plus haut niveau en deux ans face à la devise européenne, à 78,10 pence pour un euro.

Seuls les 4,2 millions d'électeurs résidents en Ecosse étaient habilités à voter. Les 95,8% de Britanniques restants, Anglais, gallois et nord-Irlandais, ont été réduits au rang de spectateurs.

Majoritairement unionistes, ils ont suivi avec fascination et inquiétude le débat sur l'avenir de l'Ecosse, qui a changé de statut une dizaine de fois en 1.400 ans d'histoire mouvementée.

Son attachement à ses voisins du sud remonte à l'acte d'Union de 1707.

Des centaines de personnes ont passé la nuit devant le Parlement régional d'Holyrood, majoritairement tenants du oui, et les pubs sont exceptionnellement restés ouverts jusqu'à une heure avancée.

L'intérêt a également été vif dans le monde. Le président américain Barack Obama a formulé jeudi soir sur Twitter des voeux pour le maintien d'un Royaume-Uni "fort, robuste, et uni". Le président français François Hollande a mis en garde contre les "égoïsmes", les "populismes" et les "séparatismes".

L'apparition de drapeaux catalan, corse, basque, breton, sarde dans la campagne a nourri les craintes d'une contagion nationaliste chez les dirigeants européens à Bruxelles.

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