Bilan

Les dépenses en médicaments ont ralenti dans l'OCDE

La croissance des dépenses pharmaceutiques dans l'OCDE a ralenti ces dix dernières années, mais cela ne devrait pas durer avec l'arrivée des médicaments dits de "spécialité".

Des médicaments "onéreux" qui en raison de leur disponibilité grandissante, associée au vieillissement de la population, laisse prévoir que les dépenses "pourraient de nouveau augmenter".

Crédits: AFP

La croissance des dépenses pharmaceutiques dans l'OCDE a ralenti ces dix dernières années, mais cela ne devrait pas durer avec l'arrivée de nouveaux médicaments dits de "spécialité" particulièrement onéreux, prévient dans un rapport l'Organisation de coopération et de développement économiques.

En 2013, les dépenses pharmaceutiques ont atteint environ 728 mrd EUR (800 mrd USD) dans les 34 pays de l'OCDE, soit environ 20% en moyenne des dépenses de santé totales, si l'on ajoute la consommation hospitalière de produits pharmaceutiques à l'achat de médicaments au détail, a évalué l'organisation dans son Panorama publié mercredi.

La progression des dépenses de produits pharmaceutiques vendus au détail, (délivrés aux patients par les pharmacies et autres commerces) a ralenti dans la plupart des pays membres avec une dépense moyenne par personne en 2013 de 456 EUR.

Les plus dépensiers demeurent les Etats-Unis avec une dépense par personne en moyenne de 936 euros, soit le double de la moyenne de l'OCDE, devant le Japon (686 EUR) et la Grèce (657 EUR).

La France se classe à la 9e position avec une dépense de 543 EUR par personne, alors que l'Estonie (249 EUR) et le Danemark (219 EUR) ferment la marche.

Des frais qui augmentent à un "rythme moins soutenu" qu'avant 2005 et qui a même "diminué au cours des dernières années du fait de la perte des brevets de plusieurs médicaments phares et des mesures de maîtrise des coûts", souligne le rapport.

Cependant, les dépenses pharmaceutiques hospitalières, elles, ont augmenté dans la plupart des pays où l'information est disponible, nuance-t-il.

Selon les auteurs du rapport, cette accélération s'explique en partie par la multiplication des médicaments dits de "spécialité" (utilisés pour le traitement de pathologies complexes comme les cancers, la sclérose en plaque...) plus souvent délivrés en milieu hospitalier que par les pharmacies.

Des médicaments "onéreux" qui en raison de leur disponibilité grandissante, associée au vieillissement de la population, laisse prévoir que les dépenses "pourraient de nouveau augmenter", s'inquiètent-ils.

"Ces médicaments pourraient représenter la moitié, voire plus, de la hausse des dépenses pharmaceutiques au cours des cinq prochaines années", prédisent-ils.

"Bien que certains médicaments onéreux apportent des bénéfices importants aux patients, d'autres n'améliorent leurs conditions que de manière marginale", poursuivent-ils s'interrogeant sur la "légitimité des prix".

"En réalité, les prix semblent être davantage déterminés par la situation sur le marché (important besoin médical insatisfait, petite population cible)" que par les "bénéfices cliniques", conclut le rapport.

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