Bilan

Les crédits au secteur privé ont fait du surplace en avril en zone euro

L'évolution du crédit au secteur privé en zone euro, qui est restée stable en avril sur un an, est suivie de près par la BCE.

Les crédits au secteur privé en zone euro, un baromètre important de santé de l'économie, ont fait du surplace en avril sur un an, après une petite hausse en mars, a annoncé vendredi la Banque centrale européenne (BCE).

En mars, les crédits aux ménages et aux entreprises de la zone euro étaient repartis à la hausse (+0,1%) après des mois de repli.

Les prêts accordés aux particuliers sont restés stables sur un an, comme en mars. Dans le détail, les crédits à la consommation ont diminué de 0,1% et les crédits immobiliers ont progressé de 0,1%, après +0,2% le mois précédent, selon un communiqué.

Les prêts aux entreprises non-financières ont réduit leur repli, à -0,4% après -0,6% en mars.

Corrigés de certaines opérations strictement financières et non destinées aux ménages et entreprises, les crédits au secteur privé sont ressortis en progression de 0,8% en avril, comme en mars, indique l'institution monétaire, selon qui ce chiffre donne une meilleure représentation des prêts servant effectivement à alimenter la machine économique.

L'évolution du crédit en zone euro est suivie de près par la BCE, alors que le manque de crédits dans la région est pointé du doigt comme étant l'un des facteurs de la croissance poussive dans l'union monétaire.

La croissance de la masse monétaire M3, indicateur avancé de l'inflation, a de son côté continué d'accélérer en avril, à +5,3% contre +4,6% en mars, soit plus qu'escompté. Les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset tablaient sur une hausse moins marquée, de 4,9%.

Ces données "sont assez mitigées", réagissait dans une note Howard Archer, chef économiste chez IHS Global Insight, soulignant qu'"en avril, les crédits au secteur privé n'ont pas réussir à capitaliser sur leur relative embellie récente", malgré la nette accélération de la croissance de la masse monétaire.

Selon lui, les prêts aux entreprises et aux ménages suivent toutefois" la bonne direction, bien qu'à un rythme lent jusqu'à présent". Dans l'ensemble, ces chiffres montrent "que le programme d'assouplissement quantitatif de la BCE, ses précédentes mesures de soutien et le redressement de l'activité économique en zone euro se combinent pour améliorer l'offre de prêts bancaires", poursuivait-il.

Quant à la demande de prêts, dont la faiblesse reste un sujet d'inquiétude en Europe, elle pourrait également accélérer ces prochains mois, du fait d'une amélioration de la confiance en zone euro, du pétrole bon marché et de l'euro faible, assurent certains analystes.

Mais pour le moment, "les entreprises et les ménages semblent continuer à puiser dans leurs réserves pour dépenser et investir et ils pourraient bien continuer ainsi pendant un bon moment avant que les crédits progressent plus fortement", tempérait Christian Schulz, de la banque Berenberg.

Pour M. Schulz, ces données "ne présument d'aucun changement de politique de la part de la BCE", qui a lancé début mars un vaste programme de rachats de dettes, au rythme de 60 milliards d'euros par mois, pour soutenir l'économie de la zone euro.

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