Bilan

Les conseils juridiques des étudiants de Genève salués au niveau européen

Active dans de nombreux domaines, la Junior Entreprise Genève vient d'être récompensée à l'échelle européenne par un Excellence Award décerné en mars. Les étudiants voient leur activité de conseils juridiques saluée par leurs pairs et des experts avec un modèle particulier.

Les permanences de conseil juridique de la Junior Entreprise Genève permettent au grand public de bénéficier d'une aide à prix réduit.

Crédits: JEG

Associations étudiantes actives sur les campus et dans les villes, destinées à favoriser l'employabilité de leurs membres tout en ayant un impact positif sur la cité, les junior entreprises sont devenus des acteurs majeurs des universités. A Genève, la structure a vu le jour dès 1986 (sous le nom de Junior Consultant à l'époque) et ses activités sont montées en puissance au fil des années. Au bout du lac comme partout à travers la planète, le principe est le même: «Notre association vend des services et touche de l'argent pour cela, nous dédommageons (symboliquement) les étudiants qui travaillent et réinvestissons les petits bénéfices», détaille Adnan Chatila, président de la Junior Entreprise Genève (JEG).

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Dans la gamme des services proposés par la JEG figurent des offres de consulting en management et IT. Mais aussi des services juridiques. Ces derniers sont proposés par des étudiants en droit: «Nous avons une équipe de cinq à six étudiants capables de fournir du conseil aux entreprises, professions libérales, start-ups, associations ou autres organismes qui viennent avec un besoin précis, signent un mandat avec la JEG et voient des étudiants travailler sur leur dossier». La JEG propose notamment des conseils en matière de droit fiscal, de rédaction de contrat ou de propriété intellectuelle. «Nous sommes essentiellement orientés vers le business», analyse le président de la JEG.

Les étudiants découvrent des cas concrets

Mais ce travail juridique se double d'un volet destiné au grand public avec du conseil juridique: «Nous avons lancé en 2015 du conseil juridique, sur l'idée de Romain Wavre, qui était étudiant en droit à ce moment-là. Concrètement, c'est la même équipe de cinq à six personnes qui tient une permanence hebdomadaire afin d'accueillir le grand public, d'écouter les besoins des particuliers et de leur proposer des conseils basiques, avec aussi bien des patrons de PME que des étrangers installés en Suisse et qui rencontrent des difficultés avec notre droit», résume Adnan Chatila, qui précise que «ce conseil est gratuit mais les personnes aidées peuvent librement laisser une petite contribution».

Chaque cas donne lieu à une recherche juridique spécifique dans les textes de lois et la jurisprudence, et ses résultats (anonymisés) sont publiés sur Facebook et LinkedIn pour profiter au plus grand nombre. «Nous gardons à l'esprit la volonté de faire partager notre expérience au plus grand nombre. étudiants et particulier, pour le bénéfice de la cité», insiste Adnan Chatila. D'ailleurs, cette activité se révèle extrêmement formatrice pour les étudiants et cela motive de nombreux jeunes à vouloir rejoindre l'initiative.

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«En droit, nous sommes peu en contact avec nos futurs clients. Là, avec cette permanence, notre esprit d’analyse est exacerbé, c'est bien mieux qu’un cas d’analyse dans le cadre universitaire», témoigne Leïla Oufqir, étudiante en master et conseillère dans le cadre de cette initiative. «Concrètement, à chaque fois, il y a trois étudiants dont un ou deux élèves en Master, qui ont déjà eu leur Bachelor, donc un peu plus aptes. Les gens viennent sans rendez-vous et nous posent les questions, on essaie de rassembler le plus de matériel possible pour répondre à leurs questions, on doit faire le tri ou poser davantage de questions», poursuit la jeune femme.

Et elle et ses camarades voient le bénéfice de leur action au quotidien, avec les retours des personnes aidées. «Le conseil juridique m’a beaucoup aidée. Je ne pourrais pas faire les démarches administratives (opposition à une décision) moi-même et je ne maîtrise pas le français juridique», témoigne une jeune femme qui a pu bénéficier des conseils des étudiants, ayant souhaité conserver l'anonymat et issue d'un pays non francophone.

Un prix européen pour saluer l'initiative

Le succès de cette initiative depuis près de trois ans a poussé la JEG a déposer un dossier pour le congrès européen des Junior Entreprises qui se tenait en mars à Bruxelles. Un rendez-vous continental qui donne lieu à chaque édition à la remise de prix, les Excellence Awards, pour les activités et initiatives les plus remarquables, impactantes, louables,... Et la délégation genevoise n'a pas fait le voyage pour rien, décrochant une récompense dans la capitale belge. Le jury a vu dans l'initiative des jeunes suisses un projet qui a été jugé «le plus socialement responsable». Un bel encouragement pour les étudiants: «tous les aspects liés à la formation des étudiants, à la promotion de la justice dans un État de droit, mais aussi à la réduction des inégalités dans notre société via l’accès du plus grand nombre au droit ont pesé dans la balance», estime Adnan Chatila.

Forte de cette récompense, la Junior Entreprise de l'Université de Genève va continuer à innover et développer de nouveaux projets. Des partenariats et des offres nouvelles sont dans les cartons et pourraient être dévoilés dans les mois à venir. Toujours pour le bénéfice des étudiants afin de parfaire leur formation, du grand public et des entreprises locales afin de leur venir en aide.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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