Bilan

Les clubs visiteurs pourraient payer pour leurs hooligans

Une nouvelle étude montre que les trajets entre la gare et le stade représentent les principaux points noirs en termes de sécurité, et donc de coûts. Les clubs visiteurs pourraient devoir mettre la main au portemonnaie.
  • Des fans du FC Bâle se déplacent à Thoune Crédits: Keystone
  • Des fans du FC Bâle se dirigent sous bonne garde vers le stade du FC Thoune lors d'une rencontre de Super League en septembre 2011 Crédits: Keystone
  • Les joueurs du FC Zurich doivent quitter la pelouse du Letzigrund sous protection en mai 2009. Crédits: Keystone
  • Heurts dans la rue à proximité de la gare de Zuerich Altstetten. après un match entre le FC Zurich et le FC Bâle en mai 2009. Crédits: Keystone
  • La police intervient dans le cadre de heurts dans la rue après un match entre le FC Zurich et le FC Bâle en mai 2009. Crédits: Keystone
  • Un camion des forces de l'ordre, avec un canon à eau, prêt à intervenir. Crédits: Keystone
  • Des grands moyens doivent parfois être engagés, comme des camions dotés de canons à eau. Crédits: Keystone
  • Des policiers sont prêts à intervenir au moyen de gaz lacrymogènes à Bienne contre des fans bâlois en mars 2011. Crédits: Keystone
  • Des fans de GC veulent en découdre au Letzigrund du FC Zurich en octobre 2011. Le match s dû être interrompu à la 77e minute. Crédits: Keystone
  • Des fans de Young Boys se rendent au Stade de Suisse au Wankdorf pour la finale contre le FC Sion en mai 2009,. Crédits: Keystone
Les clubs de foots sont confrontés à des problèmes de sécurité entre la gare et le stade: comment gérer les supporters les plus turbulents des équipes adverses sans provoquer d'explosion des coûts? La Haute Ecole de Lucerne a dévoilé mercredi 18 septembre une étude qui montre que les charges d'un match à risques s'élèvent à 220'000 francs, soit trois fois plus que pour une rencontre normale.

Ces matchs représentent 70% des 3,2 millions de francs alloués chaque année à la sécurité à Lucerne, explique le Tages-Anzeiger. C'est surtout l'accompagnement des supporters qui grève les comptes, mais certaines villes essaient de trouver des solutions. Berne organise des trains spéciaux à destination du Wankdorf et la police dirige les spectateurs vers le stade grâce à une barrière mobile, ce qui a fait chuter les coûts en personnel, explique une porte-parole des forces de l'ordre.

Les coûts pour les cantons

A Zurich, la police s'essaie au concept des bus exceptionnels, mais il est déjà arrivé que les supporters se rebellent et finissent par démolir les véhicules, voire molester le personnel, a reconnu Marco Cortesi à la police municipale de Zurich.

Des déprédations qui restent sans conséquences financières pour les clubs invités. Comme l'a calculé Jürg Stettler, directeur de l'institut pour l'économie touristique, le canton assure 66% des coûts de sécurité, le club recevant 24% et le solde, soit 2%, sont à la charge des visiteurs.

Les clubs émettent des doutes

Cette situation doit changer, explique Hanspeter Uster, ex-directeur de la justice et police à Zoug et désormais à la tête du Département de criminalité économique à la Haute Ecole de Lucerne. Il propose ainsi que les clubs s'engagent à un partenariat de transport avec les CFF et autres exploitants locaux. Ce qui engloberait également les trajets de la gare au stade.

«Les clubs de football se répartiraient ainsi les coûts», ajoute-t-il, ce qui pourrait pousser les supporters à se retenir pour éviter que leurs débordements ne soient facturés à leur club. Toutefois Claudius Schäfer, directeur général de la Swiss Football League, émet de «sérieux doutes» sur le projet et le FC Zürich juge l’idée «pas réalisable», alors que le Grasshoppers Club veut d'abord examiner l'étude avant de se prononcer.

La solution outre-Sarine pourrait venir du concordat sur les hooligans, en vigueur dans neuf cantons. Un de ses articles autorise les autorités à intervenir dans l'organisation des déplacements des supporters du club visiteur.

Les Pays-Bas en exemple?

Dans l'immédiat, la Conférence des directrices et directeur des départements cantonaux de justice et police (CCDJP) explique qu'elle «laisse la liberté aux clubs et aux autorités de s'organiser comme ils l'entendent» mais comme le reconnaît son secrétaire général Roger Schneeberger, c'est surtout le trajet entre la gare et le stade qui reste problématique.

Ce problème a déjà été traité dans deux pays qui ont eu affaire à des violences dans et hors des stades. Aux Pays-Bas et en Belgique, les supporters des clubs visiteurs doivent s'acquitter d'un billet spécial qui comprend l'aller et le retour ainsi que l'accès au stade, dans un secteur qui leur est réservé.

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