Bilan

Les chiffres chocs de la Lex Weber

Des centaines de projets immobiliers restent bloqués en Valais. Des millions de francs et des milliers d’emplois sont en jeu.
Crédits: Jean-Christophe Bott/keystone

«Merci Weber de ne pas nous laisser offrir 250 emplois durant cinq ans.» Tel est le texte amer que Patrick Polli a fait figurer sur un panneau cet été.

Ce directeur d’un bureau d’architecture basé à Martigny et Lausanne a dû renoncer à la construction d’un ensemble de 43 appartements de luxe près de Crans-Montana. A l’entendre, la décision du Tribunal fédéral devrait coûter huit emplois à sa propre entreprise, soit 20% de ses effectifs actuels. 

Sur le Haut-Plateau toujours, Christian Constantin entendait, lui, construire un hôtel cinq étoiles de 200 lits complété de huit immeubles. L’investissement prévu était de 400 millions de francs. Helvetia Nostra a bloqué ce projet en juillet 2012. 

Des situations de ce genre, on en retrouve bon nombre en Valais. Exemplaire en cela, Verbier compte à elle seule plus d’une centaine de projets qui attendent que la fameuse loi adopte ses modalités d’application définitives.  

Une étude récente de l’institut lausannois iConsulting a chiffré à 300 millions de francs les pertes financières cumulées pour les ménages des cantons du Valais et de Vaud. Pour le seul Valais, 3300 emplois devraient être gommés, pour l’essentiel dans la construction et au niveau des emplois indirects qu’induit ce secteur.

Si l’on prend en compte la loi d’aménagement du territoire, le prix des terrains pourrait quant à lui être divisé par deux. «En avril, il y a eu 80% de chômeurs supplémentaires dans le gros œuvre par rapport à une année plus tôt», a communiqué Serge Métrailler, le directeur de l’Association valaisanne des entrepreneurs (AVE). 

8600 emplois menacés

Cette progression du nombre des sans-emploi dans le bâtiment a en fait été détectée dès le mois de septembre 2012. «2013 sera une année charnière, celle qui marquera certainement la décrue après les années de progression que le Valais a connues depuis 1999», a ajouté Serge Métrailler.

Selon deux études commanditées par le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), 8600 emplois pourraient être détruits en Suisse d’ici à 2015 et jusqu’à 25 000 à l’horizon 2025. 1,5 milliard de salaires et 3 milliards de francs de travaux risquent d’être soustraits à l’économie nationale du fait des blocages de projets causés par les recours d’Helvetia Nostra. 

En Valais, la colère ne retombe pas. Le Conseil d’Etat affirme ne pas être en mesure d’appliquer sans aménagements préalables des réglementations qui ont été rejetées jusqu’à hauteur de 80% par les Valaisans. Selon toute vraisemblance, la loi d’application de la Lex Weber devrait faciliter la tâche des autorités. Mais Helvetia Nostra n’entend pas tolérer ce qu’elle considère comme des abus de droit.

Franz Weber brandit déjà la menace d’une initiative référendaire en cas de laxisme avéré. Un pointage effectué ce printemps avait établi que sa fondation avait déposé 1300 oppositions à des permis de construire. Le Tribunal fédéral n’est donc pas prêt à voir se tarir le flux des dossiers litigieux de cette nature.

François Praz

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