Bilan

Les cantons romands sont moins attractifs

Le nombre d’implantations d’entreprises étrangères a reculé en 2017 dans les cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel et Valais. En revanche, il a progressé à Fribourg.
  • Thomas Bohn, directeur du GGBa, chargé de la Promotion économique de Suisse occidentale, dit s’intéresser surtout à l’apport des sociétés:  valeur ajoutée, création d’emplois et innovation.

    Crédits: Dr

La moisson n’a jamais été aussi faible depuis 2010! Seules 24 et 22 entreprises étrangères se sont implantées l’an dernier dans les cantons de Vaud et de Genève, soit par le biais de l’organisme de promotion économique de Suisse occidentale (GGBa pour Greater Geneva Bern area), soit via les instances de promotion cantonale. 

Ces résultats mitigés ne suscitent pourtant aucune inquiétude. «Moins, mais mieux»: ce sont les mots employés par Jean-Frédéric Berthoud, directeur du Développement économique vaudois lors de son assemblée générale qui s’est tenue à la mi-mai. «Le plus important, souligne-t-il, est le savoir-faire que ces sociétés apportent à notre écosystème, par exemple pour renforcer la position de la Health Valley.» Selon Jean-Frédéric Berthoud, les incertitudes liées aux conditions-cadres de l’économie helvétique (franc fort, fiscalité, immigration) ainsi que l’instabilité politique et économique mondiale ont eu un impact négatif sur la stratégie des entreprises et, par ricochet, sur leur expansion à l’étranger.

Cet avis est partagé par Nicholas Niggli, chef de la Direction générale du développement économique, de la recherche et de l’innovation du canton de Genève. Celui-ci précise aussi que toute comparaison avec les années précédentes est hasardeuse: «Les 22 sociétés qui se sont installées l’an dernier ont généré un nombre d’emplois presque équivalent à celui prévu sur trois ans par les 30 entreprises arrivées en 2013.» De même, ajoute Nicholas Niggli, «les chiffres ne donnent aucune indication sur la qualité des entités qui ont choisi de s’établir à Genève».

En Valais, le recul est faible (-1), alors qu’il est relativement important à Neuchâtel (-5). Mais celui-ci ne s’en émeut guère. «Il faut bien se rendre compte que l’implantation d’une entreprise dans le canton de Vaud peut aussi se répercuter positivement sur un ou plusieurs acteurs neuchâtelois par le biais, par exemple, de la sous-traitance d’activités», explique le conseiller d’Etat Jean-Nat Karakash. De son côté, Fribourg a réussi une jolie performance, mais il regrette que la part acquise via le GGBa soit faible (4 sociétés sur un total de 9).  

Les chiffres divergent

«Faire du chiffre pour faire du chiffre n’a aucun sens», insiste Thomas Bohn, directeur du GGBa. «Notre objectif ne vise pas à attirer le plus grand nombre d’entreprises, relève-t-il, mais il consiste à sélectionner nos cibles sur la base de critères tels que la valeur ajoutée, la création d’emplois et l’innovation.» En mars dernier, le GGBa se réjouissait du résultat obtenu avec les promotions économiques cantonales. Avec 88 établissements d’entreprises étrangères en 2017, celui-ci n’est que légèrement inférieur au score réalisé l’année précédente. 

Ce décompte ne correspond toutefois pas à l’addition des implantations (85) annoncées individuellement par chaque canton. Une différence que ne parvient pas à expliquer Thomas Bohn, mais qui ne surprend pas l’ancien directeur du GGBa Philippe Monnier. «Comme la question du rôle joué par les institutions  de promotion économique est politiquement très sensible, elles ont tendance, affirme-t-il, à faire un amalgame entre les sociétés qui se sont installées par elles-mêmes et le nombre d’arrivées provenant de l’action de leur propre service, ainsi qu’entre l’apport des différents acteurs fédéral, intercantonal, cantonal, régional, communal.» Selon Philippe Monnier, «ni le pouvoir législatif ni les contribuables n’ont les moyens de se faire une idée de l’efficacité des divers acteurs étatiques». 

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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