Bilan

Les banquiers privés mettent les voiles

Quel est le point commun entre Mirabaud, Syz, Lombard Odier, Pictet, UBP, Julius Baer et Rothschild? Tous ces établissements bancaires cultivent la passion des bateaux.

Mirabaud sponsorise le Bol d’or depuis 2005.

Crédits: Loris von Siebenthalw

Le 14  juin a eu lieu la 76e  édition du Bol d’or Mirabaud. Cette compétition, la plus importante régate en eau douce d’Europe, s’échelonne sur deux jours et attire chaque année de nombreux spectateurs et des navigateurs internationaux de renom. Parmi ces derniers, Eric Tabarly, Russell Coutts, Dominique Wavre, Stève Ravussin ou encore Michel Desjoyeaux ont déjà participé à «cette régate unique au monde» selon les termes de Dominique Wavre, qui était au départ de la course samedi dernier.

Christophe Lamps, responsable de la communication du Bol d’or Mirabaud, est un observateur attentif de l’engouement de cette course: «Que vous soyez un grand banquier genevois ou un simple navigateur passionné, le Bol d’or est LE rendez-vous de la voile qu’il ne faut pas manquer.»

Avec 120 000 navigateurs, la Suisse est le second pays, après la Nouvelle-Zélande, à détenir le plus grand nombre d’amateurs de voile. Et la Cité de Calvin détrône Zurich en la matière. «Historiquement, les grandes familles genevoises passaient leurs vacances au bord du lac», explique Ricardo Payro, fondateur de Payro Communication. Cet engouement pour la voile s’est rapidement fait ressentir chez les banquiers privés, qui détiennent, pour la plupart, une propriété pieds dans l’eau. «Mais aussi par ses valeurs de tradition, de haute technologie, de performance, de travail d’équipe et d’écologie, la voile de compétition a toujours été un vecteur de choix pour le sponsoring bancaire en Suisse romande.»

De père en fils

Ainsi, de nombreuses familles de banquiers cultivent une longue tradition de marins. Les Pictet naviguent depuis toujours. L’ancien associé de la Banque Pictet peut même se targuer d’avoir transmis son trimaran Poseidon à Ernesto Bertarelli, à la barre duquel l’homme d’affaires participera à son premier Bol d’or en 1994. Pour rappel, il chavirera à quelques mètres de la ligne d’arrivée mais terminera tout de même la course à l’envers, en troisième position, grâce aux courants.

Depuis plus d’un siècle, Mirabaud est la banque privée qui a complètement associé son nom à celui de la voile de compétition. Aujourd’hui, la banque sponsorise l’écurie Spindrift Racing (qui compte le plus grand trimaran au monde ainsi que le Ladycat de Dona Bertarelli), le Bol d’or depuis 2005 ainsi que les Swiss Sailing Awards et le World Yacht Racing Forum.

Après avoir porté haut les couleurs de Mirabaud lors de plusieurs courses de renommée mondiale, dont le Vendée Globe en 2012, Dominique Wavre demeure aujourd’hui l’ambassadeur du groupe dans le milieu de la voile de compétition. Quant à Yann Guichard qui barre le maxitrimaran Spindrift 2, il tentera un pari audacieux en prenant le départ en solitaire de la célèbre Route du Rhum le 2 novembre prochain.

En grand amateur de voile, le CEO de la Banque Mirabaud Antonio Palma préfère, lui, concourir le Bol d’or sur un Surprise. Victorieux en 2013, celui qui rêvait depuis tout petit de naviguer sur les eaux du Léman a su conjuguer sa passion personnelle à son engagement professionnel en faisant de Mirabaud l’un des premiers établissements bancaires genevois à associer son image à la voile. «Ce monde projette une image qui nous correspond bien, reconnaît-t-il. C’est surtout un sport de partage où l’humain reste au centre mais qui allie aussi développement technologique et développement durable.»

D’autres banquiers, à l’instar d’Antonio Palma, naviguent régulièrement sur les eaux du Léman. Guy de Picciotto, CEO d’UBP, détient le D35 Zen Too qu’il barre à l’occasion des nombreuses régates romandes, tout comme Jean-François Demole, associé chez Pictet & Cie qui détenait également un D35.

Thierry Lombard est, lui aussi, un passionné de voile. L’associé gérant du groupe Lombard Odier, propriétaire d’Hydros, anciennement L’Hydroptère, mène un projet qui entend associer nouvelles technologies et efficience énergétique. Le 3 mai dernier, son catamaran volant mené par Daniel Schmäh a, par ailleurs, pulvérisé le record du Ruban bleu en 4  h  30. 

Nombreux sponsors

Plusieurs banques ont depuis longtemps surfé sur la popularité du Bol d’or mais également sur la passion des citoyens suisses pour la voile, qui s’est amplifiée suite à la victoire d’Alinghi à la Coupe de l’America. Dès lors, cela fait une quinzaine d’années que les voiles attirent les annonceurs. «Auparavant, c’était vulgaire d’avoir un sponsor, alors qu’aujourd’hui cela fait professionnel», indique Ricardo Payro.

Ainsi, cinq ans après la victoire du D35 Gonet & Cie avec Russell Coutts, la banque privée s’est associée en 2011 à un nouveau projet de bateau avant-gardiste nommé P28 foiler Gonet & Cie, un monocoque de 28 pieds qui se proposait de voler sur l’eau grâce à la conception de ses hydrofoils et de son gréement.

La Banque Syz & Co soutient deux monocoques (les Psaros 40 Syz & Co et Oyster Funds) mais également un projet  de catamaran à foils révolutionnaire dont l’objectif est de battre des records de vitesse. Syz est encore sponsor de la Syz & Co Translémanique en solitaire, une course mythique qui se déroulera du 29 au 31 août prochain, et aussi des Syz & Co Leman Sailing Speed Records.

Depuis l’an dernier, on compte une nouvelle venue dans le sponsoring nautique: la Banque Pâris Bertrand Sturdza, qui sponsorise elle aussi un voilier sur le lac Léman (Psaros 33). Toujours parmi les amateurs de voile, la Banque Rothschild sponsorise la Classic Edmond de Rothschild, une régate de vieux bateaux qui se déroulera du 26 au 29 juin prochains au cœur de la rade de Genève. Jusqu’en 2011, c’était Julius Baer qui avait misé sur la voile en sponsorisant le Challenge Julius Baer (renommé Vulcain Trophy en 2011), un championnat de Décision 35. 

Cette année, Bilan a participé pour la première fois au Bol d’or Mirabaud en s’associant au yacht «Baladin», plus vieux Dragon du Léman, barré par la famille Guer.

Chantal Mathez

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