Bilan

Les banques genevoises au coeur d’un thriller financier

La nouvelle série de la RTS Quartier des banques plonge le spectateur dans les secrets de famille et les méandres des affaires d’une banque genevoise. Une création originale à découvrir du 16 au 30 novembre à 21h15 sur RTS Un. Entretien avec la scénariste Stéphane Mitchell.
  • Les membres de la famille Grangier, propriétaire de la banque du même nom, sont les héros de la série Quartier des banques.

  • La scénariste Stéphane Mitchell a dirigé l'écriture de la série.

  • Lauriane Gilléron interprète Virgina Grangier, l'épouse de Paul Grangier, directeur de la banque familiale.

Du secret bancaire aux secrets de famille, la série Quartier des banques, à découvrir du 16 au 30 novembre à 21h15 sur RTS Un, plonge le spectateur dans le monde feutré de la place financière genevoise. En janvier 2012, la Suisse subit les foudres américaines contre le secret bancaire. Le directeur de la banque privée Grangier & Cie (Vincent Kucholl) est retrouvé dans le coma. Persuadée qu’il s’agit d’une tentative de meurtre, sa sœur Elisabeth (Laura Sepul) revient dans la famille à laquelle elle avait tourné le dos pour mener l’enquête. Cette coproduction romande RTS/Point Prod, à laquelle se sont joints des partenaires belges est à la fois un drame familial et un thriller financier. La scénariste Stéphane Mitchell répond aux questions de Bilan.

Quelle est la genèse de la série Quartier des Banques? 

A la RTS, nous avions depuis longtemps envie d’écrire sur le milieu des banques genevoises sans avoir arrêté la meilleure forme pour mettre ce monde en image. Et puis le producteur Jean-Marc Fröhle a eu l’idée d’un thriller économique qui mêlerait une histoire de famille à celle de la banque. Je ne peux pas vous révéler la fin des six épisodes mais la série se termine sur un dénouement très malin.

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La série restitue très bien les contours du monde bancaire genevois. Comment avez-vous cerné cette réalité?

Le réalisateur Fulvio Bernasconi a réalisé de nombreux documentaires sur le monde bancaire et connaît bien cette thématique. Il a notamment rencontré Bradley Birkenfeld, le banquier qui a livré des informations sur UBS aux autorités américaines. Jean-Marc Fröhle avait des contacts précieux: un associé senior d’une grande banque de la place et un avocat d’affaires qui a notamment défendu la clientèle française ont relu les scénarios. Quant à moi, j’ai des amis dans les banques et j’ai rencontré des membres des familles des banquiers genevois pour des entretiens. Tous ces contacts m’ont été très utiles pour restituer la culture de ce milieu marqué par les valeurs du protestantisme.

L’action se situe en 2012, au paroxysme de la guerre fiscale entre la Suisse et les Etats-Unis. Pourquoi avoir choisi cette période?

La fin du secret bancaire a été un choc traumatisant pour l’ensemble de la population, avec les manchettes quotidiennes des journaux qui retraçaient l’histoire au compte-goutte. Comment raconter une histoire que nous connaissons tous plus ou moins? Comment la dramatiser? Voilà quels étaient pour moi les enjeux. Je voulais tirer de cette période historique des éléments dramatiques et des rebondissements qui puissent affecter nos personnages.

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Pour rester au plus près de la réalité, je me suis référée à la chronologie établie par l’avocat genevois Douglas Hordnung. J’ai lu entre autres le livre de Myret Zaki, Le secret bancaire est mort, vive l’évasion fiscale. Le blog de Bilan nommé Quartier des banques ainsi que les articles de votre magazine et du défunt Hebdo m’ont été extrêmement utiles.

La série montre une banque genevoise en affaires avec la mafia russe. Ne craignez-vous pas que certains s’offusquent de cette image donnée au monde bancaire helvétique ?

Nous n’avons pas tourné un documentaire mais une fiction. La réalité nuancée du monde de la banque fournit une excellente matière dramatique. C’est l’occasion de comprendre les motivations des clients comme celle des directeurs et des employés des banques. Une affaire criminelle avec la mafia russe vient tenir le spectateur en haleine. Bien sûr elle n’est pas vraie. Mais elle est vraisemblable dans le monde bancaire suisse actuel dont les flux européens d’argent non déclarés se sont retirés, forçant les établissements à trouver d’autres sources de fonds ou à disparaître. 

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Avez-vous déjà recueilli des réactions de banquiers à la série?

Les personnes avec qui j’ai été en contact pour l’élaboration du scénario se sont montrées très positives. Elles disent retrouver très bien la façon de parler et de penser des banquiers genevois. En revanche, nous n’avons pas reçu de réactions des banquiers eux-mêmes. Nous devions travailler avec une banque de la place pour tourner la série. Mais finalement, les rendez-vous n’ont jamais abouti. 

La bande-annonce:

 

 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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