Bilan

Les 300 plus riches de Suisse : l’édition 2011 en kiosque

La fortune totale des familles concernées par notre enquête a très légèrement reculé cette année.

Impossible de comparer les chiffres de la fortune globale 2010 avec ceux de la fortune globale 2011. En effet, nous sommes parvenus à intégrer pas moins de 38 «nouveaux» dans notre vaste enquête. Et, parmi eux, il y a tout de même 11 milliardaires. Qui sont-ils? Certains se sont établis en Suisse récemment, d’autres sont devenus ultrariches grâce à l’introduction en bourse réussie de Glencore dont ils étaient actionnaires. C’est le cas de Daniel Maté, Aristotelis Mistakidis et Tor Peterson. Chacun d’eux possède entre 5 et 6% du capital du géant des matières premières, correspondant à une valorisation de plus de 2 milliards à chaque fois. Ils rejoignent le CEO de Glencore, Ivan Glasenberg, dont la fortune a triplé pour dépasser les 6,5 milliards et faire son apparition au sein du saint des saints: la catégorie des plus riches, ceux qui détiennent plus de 5 milliards.

Méthode

Qui figure dans le classement?

Pour apparaître dans le classement des 300 personnes les plus fortunées, établi par Bilan et Bilanz, il faut remplir deux critères: posséder des avoirs supérieurs à 100 millions de francs (que ce soit avec un portefeuille d’actions ou de l’immobilier, l’ensemble du patrimoine est pris en compte) et être ressortissant suisse ou disposer d’un domicile fiscal en Suisse. Notre classement n’est pas exhaustif, même si chaque année il tente de s’en approcher. On peut estimer qu’en réalité le nombre de personnes disposant d’une fortune supérieure à 100 millions et remplissant les autres critères dépasse le millier. Un nombre qui se gonfle grâce au succès du système des forfaits fiscaux.

Au sein de ce club très restreint, il y a eu d’autres changements, à commencer par l’arrivée du Britannique Jim Ratcliffe. Ce dernier a emménagé voilà un an exactement dans la région de Rolle (VD) où il a également implanté sa société Ineos, active dans le secteur pétrolier. A peine installé, il a décidé de soutenir généreusement le Lausanne Hockey Club. Impossible de passer sous silence la fantastique opération menée par Hansjörg Wyss, 76 ans. Ce dernier a cédé durant le printemps sa société Synthes, le célèbre fabricant suisse d’implants orthopédiques dont il détenait 47% des parts, au géant américain Johnson & Johnson. La vente a atteint le montant de 18,7 milliards de francs. Bref, le septuagénaire «vaut» plus de 9 milliards alors qu’auparavant sa fortune était estimée à 6 milliards. Cette vente a donc permis de valoriser au mieux ses parts dans Synthes et de grimper de 3 milliards dans notre classement. Ce serait désormais le 6e homme le plus riche du pays. Par comparaison, la famille Bertarelli avait cédé en 2006 ses parts dans Serono (64,5% des actions et 75,5% des voix) au groupe Merck pour environ 10 milliards de francs, tout en obtenant le maintien des activités en Suisse. Seul bémol à ces deux success stories: dans les deux cas, le centre de décision quitte la Suisse. Outre la déferlante des «Glencore boys» (5 en tout), Bilan a réussi à dénicher quelques familles restées fort discrètes jusque-là, mais qui méritent amplement leur présence dans notre classement. Citons la famille kazakhe Kulibayev, la famille russe Pumpyanskiy, le baron belge Guy Ullens de Schooten (actionnaire principal de WeightWatchers, entre autres), l’Espagnol Ricardo Portabella Peralta ou encore un des importants actionnaires du groupe Hermès: Nicolas Puech. Ce dernier s’est retrouvé malgré lui sous les feux médiatiques avec l’entrée en force dans le capital du groupe de luxe de Bernard Arnault (LVMH). Ce dernier détiendrait près de 22% du sellier alors que Nicolas Puech est le plus gros actionnaire individuel des trois familles propriétaires (Dumas, Puech et Guerrand). Cette «attaque» a provoqué l’envol de l’action.

Le nombre de milliardaires progresse

Alors que le montant de la fortune totale stagne autour des 544 milliards (en tenant compte de celle des banquiers privés genevois), on relève que pour 46 familles, elle baisse, et que pour 32 autres, elle augmente. On constatera que là aussi, les plus riches des riches s’en sont globalement mieux sortis que les autres. Le nombre de milliardaires progresse d’ailleurs pour atteindre le nombre de 140 (135 en 2010), et ce, sans intégrer les banquiers privés genevois. Relevons que Dmitri Rybolovlev (dont la fortune était estimée à plus de 7 milliards) et Michael Fay (plus de 600 millions) ont quitté la Suisse. Ces milliardaires sont très inégalement répartis sur le territoire suisse, ce qui n’a rien de surprenant. Ils préfèrent les cantons de Genève (36), Zurich (16), Vaud (15), des Grisons (10), Schwytz (9), Berne (8), Zoug (8) et le Tessin (8). D’une année à l’autre, le nombre est donc resté le même pour Genève alors qu’il est passé de 20 à 16 pour Zurich. Faut-il y voir un effet de la suppression du forfait fiscal? Sans aucun doute. Au passage, Schwytz en a «gagné» deux. Enfin, l’anomalie qui consistait à n’avoir aucun milliardaire résidant en Valais a été corrigée. Dans cette édition 2011, nous en avons deux: Nicolas Puech et Guy Ullens de Schooten. Gageons qu’il y en aura d’autres encore à l’avenir. A ce propos, relevons d’ores et déjà que la «représentation» valaisanne a fortement augmenté: +57%.

Des incertitudes

Trois événements au moins pourraient modifier de façon substantielle la configuration future de notre classement:

1 Les incertitudes liées à l’élection présidentielle française avec un possible changement de majorité, lequel peut s’accompagner d’un nouvel afflux de réfugiés fiscaux comme lorsque François Mitterrand était arrivé au pouvoir. Pour l’heure, les ressortissants français représentent 12,5% des plus riches de Suisse (lire en pages 66 à 68). Ce pourcentage ne tient compte que des fortunes supérieures à 100 millions de francs.

2 L’éventuelle suppression du forfait fiscal (dit aussi «impôt à la dépense»). Environ 5450 personnes sont imposées selon ce régime, ce qui rapporte 668 millions de francs rien qu’en recettes fiscales. Un montant auquel il convient d’ajouter les dépenses dont bénéficient les commerces, les écoles privées, les cliniques, les restaurants, les entreprises du secteur de la construction, etc. L’initiative populaire fédérale intitulée «Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires» a été lancée par la gauche en avril dernier. Elle entend interdire l’imposition d’après la dépense après une période transitoire de trois ans. Précisons que si elle obtient 100 000 signatures, elle devrait vraisemblablement être soumise en votation en 2013 au plus tôt.

3 Enfin, il y a l’initiative populaire fédérale intitulée «Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS». Lancée par les milieux de gauche cet été, elle dispose d’un délai jusqu’en février 2013 pour aboutir. Elle prévoit d’imposer les héritages dès 2 millions de francs à hauteur de 20% ainsi que les dons de plus de 20 000 francs. De plus, les initiants souhaitent que les donations soient imputées rétroactivement aux legs à partir du 1er janvier 2012. Autant dire que ce dernier objet a d’ores et déjà provoqué un mouvement de panique et une ruée chez les notaires. Sur Vaud, le taux d’imposition actuel est au maximum de 3,5% en ligne directe descendante ou pour le conjoint survivant. A Genève, le droit d’enregistrement (successions et donations) a été supprimé pour le conjoint et les descendants suite à une votation populaire en 2004. En Valais, il n’y a aucun droit de succession prélevé en ligne directe parents-enfants.

Crédits photos: Dr

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