Bilan

Les 20 leaders qui font la Suisse

Les dirigeants les plus influents ou les plus emblématiques de l'économie helvétique, qui sont-ils? Depuis le début de l'année, Bilan présente chaque mois une galerie de vingt portraits de managers et d'entrepreneurs actifs dans différentes branches (industrie, banque, tourisme, horlogerie, sciences de la vie) ainsi que de chercheurs, de philanthropes, de fondateurs de start-up et de responsables de multinationales étrangères présentes sur notre territoire. Au total, nous avons décrit les success stories de 200 hommes et femmes qui permettent à la Suisse de figurer parmi les pays les plus compétitifs de la planète.

Selon le dernier rapport annuel du World Economic Forum, cette dernière a réussi en 2009 à déloger les Etats-Unis de la première place du classement. Malgré un recul important de son produit intérieur brut (aux environs de -2,7% à -3% par rapport à 2008), la Suisse est d'ailleurs l'une des nations qui souffre le moins de la récession. Pour clore cette année, Bilan a décidé de présenter les vingt leaders d'exception de l'économie helvétique: on retrouvera évidemment les noms de personnalités dont nous avons déjà évoqué l'action dans nos précédentes éditions, mais on découvrira aussi de nouvelles têtes.Parmi les principales caractéristiques de leur réussite professionnelle, une semble déterminante: la vision stratégique.

Prenez Michael Pieper, le CEO et propriétaire des cuisines Franke. L'homme ne fait pas les unes des médias, mais il est incontournable outre-Sarine. En vingt ans, sa société est devenue un des leaders mondiaux de sa branche. Elle réalise un chiffre d'affaires d'environ 3 milliards de francs dans une quarantaine de pays et occupe quelque 11 000 collaborateurs. En 1989, Franke n'était qu'une PME. Voyez Peter Spuhler, le patron et l'actionnaire majoritaire de Stadler Rail. Ce Thurgovien, conseiller national UDC, a transformé cette petite entreprise d'une vingtaine d'employés en un mastodonte du matériel ferroviaire. Rien qu'en Suisse, il a créé un millier de nouveaux emplois en quelques années.

Avec Michael Pieper, il tente maintenant de sauver de la déroute la société zurichoise Rieter (machines textiles et composants pour l'industrie automobile). Car ces deux entrepreneurs croient encore en l'avenir de l'industrie en Suisse. Tout comme Nicolas Hayek, qui ne manque jamais une occasion pour fustiger les dérives de la finance mondiale. A plus de 80 ans, le président du conseil d'administration de Swatch Group continue à se battre aux côtés de son fils Nick.LA FORCE DE LA CULTURE D'ENTREPRISEUne autre variable joue également un rôle-clé: la culture d'entreprise. Que serait Nestlé sans un profond attachement à ses valeurs internes et en ses responsables, qui doivent gravir un à un les échelons pour parvenir aux plus hautes fonctions? Vendeur de glaces chez Findus à 24 ans, Peter Brabeck incarne comme son CEO Paul Bulcke les racines du succès de la multinationale veveysanne. Les résultats sont là: malgré la crise, Nestlé résiste tant au niveau de ses ventes qu'à la Bourse. De même, le très discret horloger Rolex, qui ne communique aucun chiffre sur la marche de ses affaires, se développe en fondant ses succès sur une très forte identification de ses collaborateurs à la marque.

Petit pays, la Suisse doit attirer les meilleurs talents pour accroître sa compétitivité. Une politique d'ouverture, la plus large possible, est indispensable. De nombreuses multinationales sont d'ailleurs déjà dirigées ou présidées par des personnes d'origine étrangère (Oswald Grübel à UBS, Brady Dougan au Credit Suisse). Certaines ont acquis la nationalité suisse à l'instar de Franz Humer (Roche) et de Peter Brabeck (Nestlé). Selon une étude du cabinet de conseils Guido Schilling Partner, deux-tiers des CEO des sociétés du SMI (l'indice vedette de la bourse suisse) ne disposaient pas d'un passeport à croix blanche en 2008.FUITE DES CERVEAUXOr, la politique helvétique connaît parfois de gros couacs. Un exemple révélateur: l'entrepreneur indien Anil Sethi, qui dirige à Zurich la spin-off Flisom dans le domaine du photovoltaïque, a bien failli perdre son permis de séjour. C'est grâce à l'influence de l'ancien conseiller fédéral Flavio Cottiqu'il a pu rester en Suisse.

Anil Sethi se consacre désormais à la construction d'une usine de cellules solaires avec, à la clé, la création d'une centaine d'emplois dans la région zurichoise. A l'inverse, d'autres étrangers ont dû se résoudre à quitter le territoire au terme de leurs doctorats obtenus dans les prestigieuses hautes écoles de notre pays. Leurs connaissances profiteront alors à nos concurrents.Franz Humer Président de Roche Aujourd’hui président du conseil de Roche, ainsi que de ceux de Diaego et de l’INSEAD, l’ex-CEO du groupe reste l’une des voix les plus influentes de l’industrie pharmaceutique. Alors que le groupe était menacé par d’importantes pertes financières à la fin des années 1990 puis par le rachat de 33,3% de ses actions par Novartis, il a remis Roche sur la voie du lancement de blockbusters. L’entreprise compte neuf médicaments dont les ventes annuelles dépassent le milliard de francs suisses. Il est aussi connu pour son savoir-faire en matière d’intégration des acquisitions comme dans le cas de GlycArt et celui de Genentech.Peter Brabeck Président du conseil d’administration de NestléCet Autrichien d’origine est un pur produit de Nestlé. Il a gravi tous les échelons de la multinationale de Vevey avant d’atteindre ses sphères dirigeantes. A 24 ans, en 1968, il débute une carrière de vendeur chez Findus. Vingt-neuf ans plus tard, en 1997, il prend la direction opérationnelle du groupe, puis cumule cette fonction avec celle de président du conseil d’administration de 2005 à 2008. Vice-président du Credit Suisse, administrateur de Roche et du World Economic Forum, Peter Brabeck-Letmathe est l’un des hommes les plus puissants de l’économie suisse.

Pierin VincenzCEO de RaiffeisenAvec son solide bon sens paysan, Pierin Vincenz a permis à Raiffeisende figurer parmi les établissements qui ont tiré les marrons du feu au cours de la récente crise financière mondiale. Banque de proximité par excellence, le groupe saint-gallois est aussi devenu l’un des refuges privilégiés des institutionnels déstabilisés par les difficultés des deux grandes banques helvétiques. Face à un Credit Suisse qui paraît clairement sorti de l’ornière, c’est peut-être l’heure de vérité pour Pierin Vincenz et ses gens: sauront-ils convaincre cette nouvelle clientèle plutôt volatile de rester chez Raiffeisen? Autre défi: la mue des anciennes caisses d’épargne rurales en véritable acteur national a généré des coûts et des risques supplémentaires. Jean-Jacques Gauer Directeur du Lausanne Palace & SpaJean-Jacques Gauer est un hôtelier à l’ancienne, présent jour et nuit pour veiller au moindre détail. Le patron du Lausanne Palace est aussi un businessman avisé qui multiplie les casquettes. Hormis la direction de son cinq-étoiles (qui inclut le Château d’Ouchy, le Restaurant La Grappe d’Or et l’Hôtel des Trois-Couronnes, à Vevey), il est également administrateur du Crowne Plaza à Genève ainsi que du futur hôtel qui ouvrira ses portes sur le campus de l’EPFL en 2010. Au niveau international, Jean-Jacques Gauer préside la prestigieuse association des Leading Hotels of the World depuis près de deux décennies.Ernst Fehr Directeur de l’Institut pour la recherche empirique en économie, Université de Zurich Donné favori pour le Prix Nobel d’économie, Ernst Fehr s’est finalement fait griller la politesse par Elinor Ostrom, première femme à remporter cette distinction. Ce n’est probablement que partie remise tant les travaux de cet économiste d’origine autrichienne sont devenus influents. A partir d’expériences en psychologie, en sociologie et même en neurosciences, il est parvenu à montrer que, contrairement à ce que postule l’économie classique, les acteurs économiques ne se comportent pas de manière rationnelle uniquement pour servir leurs intérêts égoïstes. Selon Ernst Fehr, ils sont influencés par des motifs sociaux tels que le désir de réciprocité, celui d’éviter la désapprobation ou la revanche.Rajna Gibson Professeure à l’Université de Genève et directrice du Geneva Finance Research Institute Professeure de finance à l’Université de Genève, Rajna Gibson (47 ans) est aussi professeure honoraire à l’Université de Lausanne, directrice de la recherche du Swiss Finance Institute et membre du conseil d’administration de Swiss Re. La Suissesse d’origine croate est aussi directrice du pôle national de recherche Finance Valuation and Risk Management. Elle s’est fait connaître dès sa thèse, couronnée du Prix Latsis. De renommée internationale, l’économiste est l’auteure d’un ouvrage de référence sur la théorie des options.Nicolas Hayek Président et administrateur-délégué de Swatch Group A 81 ans, celui qui a bâti avec vision et détermination le plus grand groupe horloger du monde, n’a rien perdu de sa fougue et de sa combativité. Cet officier de la Légion d’honneur fustige volontiers les financiers, part à l’assaut des banques flanqué de Christian Levrat (PS) et de Christoph Blocher (UDC) et plaide pour une «internationale des entrepreneurs». Avec sa société Belenos Clean Power, le sauveur de l’horlogerie suisse a aujourd’hui un nouveau rêve: sauver la planète.Oswald Grübel CEO d’UBS A l’approche de son 66e anniversaire, Oswald Grübel n’est pas encore prêt à prendre sa retraite: UBS a plus que jamais besoin de cet amiral. En moins d’une dizaine de mois, il a déjà donné des impulsions marquantes pour redresser le paquebot à la dérive: hors charges comptables, l’établissement a réalisé un bénéfice de 1,5 milliard de francs au 3e trimestre. Mais la division de banque d’affaires reste dans le rouge (-1,4 milliard) et, surtout, les sorties d’argent nettes se poursuivent (-36,7 milliards), dont près de 4 milliards du côté de la clientèle helvétique. C’est certainement là que le timonier allemand peut et doit montrer que le cap qu’il imprime mérite confiance. Car c’est dans la tempête qu’on reconnaît le mieux les grands capitaines.Patrick Aebischer Président de l’EPFLEn arrivant à la présidence de l’EPFL il y a dix ans, Patrick Aebischer promettait: «Pas de béton, mais la mise en place de réseaux de compétence.» Résultat: le Learning Center, le quartier de l’innovation, l’hôtel, les logements pour étudiants et même une EPFL bis à Ras al-Khaimah. Quant aux réseaux, d’Alinghi à Nestlé en passant par l’ECAL ou encore l’Idiap, ils tournent à plein régime. Moins spectaculaire mais stratégique, en remportant le plus grand nombre de nouvelles bourses européennes ERC, l’EPFL se rapproche du but ultime de son président: faire du campus l’une des dix principales universités de recherche en Europe. En parallèle, Patrick Aebischer a gardé son laboratoire, a maintenu le rythme de ses publications scientifiques malgré ses fonctions de président et il a même continué à cofonder des start-up comme Anecovaet Amazentis.

Elmar SchneePrésident de Merck Serono Passé chez Sanofioù il lance le médicament vedette Plavix, puis chez UCBavant d’arriver en Allemagne au directoire de Merck, le Thurgovien, artisan de la fusion avec Serono fin 2006, estime que la Suisse offre les meilleures conditions pour la pharma. Au siège de Genève, il crée quelque 150 postes. A Corsier-sur-Vevey, un investissement de 350 millions d’euros ajoute 200 emplois. Avec 30 médicaments en phase clinique et un fonds de 60 millions pour investir dans des petites biotechs, il a aussi fait de Merck Serono l’un des meilleurs employeurs pharma selon le magazine Science.

Anil SethiCEO de FlisomAvec l’appui du conglomérat géant indien Tata, le CEO de Flisomlance la construction de la première usine de cellules solaires qui s’impriment comme des journaux sur le site de l’EMPA à Dübendorf. «Sauvé» par Flavio Cotti après une rencontre à Davos en 2007 et alors qu’il risquait de perdre son permis de séjour après avoir quitté IBM pour Flisom, Anil Sethi a réussi à jouer de ses relations dans son pays d’origine pour ouvrir à la start-up suisse d’énormes perspectives de marché.Albert Baehny CEO de Geberit Pendant un quart de siècle, ce Romand de Payerne s’est fait les dents dans plusieurs multinationales. En 1995, il reprend la direction générale de Geberit, un des leaders mondiaux des techniques sanitaires avec un chiffre d’affaires de 2,4 milliards de francs. Grâce à une politique très innovatrice, cette entreprise de Rapperswil-Jona parvient à préserver ses marges en dépit de la récession. Lorsqu’il contemple les Préalpes glaronaises, Albert Baehny rêve de partir à nouveau à la conquête de sommets vaincus dans sa jeunesse.Peter Spuhler CEO et propriétaire de Stadler Rail Personne n’imaginait à la fin des années 1980 que Stadler Rail (dix-huit employés à l’époque) puisse devenir, un jour, une des sociétés phares du matériel ferroviaire. Rachetée en 1989 par Peter Spuhler, cette entreprise réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de francs et occupe quelque 2300 collaborateurs. Avec Michael Pieper, patron de Franke, le Thurgovien se penche actuellement sur le sort de Rieter, active dans les machines textiles et les composants automobiles. Il a acquis 20% du capital-actions et siège au conseil d’administration. Peter Spuhler est également actif dans le domaine politique. Conseiller national dans les rangs de l’UDC, il s’est spécialisé dans les questions économiques au sein du Parlement.Klaus Schwab Fondateur et directeur du World Economic ForumNé en Allemagne en 1938, Klaus Schwab a fondé en 1971 le World Economic Forum. Chaque année, cette institution organise le sommet de Davos autour d’un thème en vogue. Lieu de rendez-vous des thuriféraires de la mondialisation et du libéralisme économique ainsi que des dirigeants politiques, la station grisonne devient l’espace de quelques jours le centre de la planète. En 2010, le WEF organisera sa quarantième édition. Depuis 1979, il publie aussi un rapport incontournable sur la compétitivité mondiale. Klaus Schwab emploie environ 400 collaborateurs, dont 300 au siège du WEF à Cologny, près de Genève. A 71 ans, le professeur rêve d’obtenir le Prix Nobel d’économie!Monika Ribar CEO de Panalpina, groupede logistique, Bâle La directrice du groupe logistique bâlois Panalpinafigure cette année à la 24e place du classement des plus importantes femmes managers du monde dressé par le Financial Times . Le journal britannique salue le dynamisme que Monika Ribar (50 ans) a insufflé à la firme depuis qu’elle en a pris la tête en 2006. Diplômée en économie de l’Université de Saint-Gall, la CEO lutte actuellement pour redresser l’entreprise, dans un secteur durement frappé par la crise. Elle siège aux conseils d’administration de Logitechet de la Banque Julius Bär.

Jean-Paul ClozelCEO d’ActelionAvec un chiffre d’affaires en hausse de 22% depuis le début de l’année, la plus grande success story des biotechnologies en Europe se confirme. Née en 1997 de l’entêtement d’une chercheuse chez Roche, Martine Clozel, et de son mari Jean-Paul, Actelionse lance dans le développement du Tracleer, médicament contre l’hypertension artérielle. Depuis, l’entreprise a toujours privilégié la recherche. Or, non seulement les ventes du Tracleer continuent d’augmenter, mais de nouvelles molécules commencent d’être rentables. Et derrière, il y a neuf molécules en phase clinique et 25 programmes de recherche.Bruno Meier Directeur général de Rolex Fort d’une riche expérience bancaire acquise en Suisse et aux Etats-Unis, Bruno Meier change d’univers en janvier 2005 et se voit confier la direction financière de Rolex, propriété de la Fondation Hans Wilsdorf. Quatre ans plus tard, il est propulsé à 58 ans à la tête du vaisseau amiral de l’horlogerie suisse après la démission surprise de Patrick Heiniger. Depuis son arrivée à la direction du géant genevois, il se montre serein en dépit de la crise qui secoue la branche horlogère. Rolex vient en effet d’entamer la construction d’une nouvelle unité de production à Bienne estimée à 250 millions de francs. Michel Mayor Professeur d’astronomie, université de genève Le chasseur de planètes de l’Observatoire de Genève n’en finit pas d’augmenter sa collection de trophées. Son équipe vient d’annoncer la découverte de 32 nouvelles planètes grâce à Harps, un instrument hautement sensible qu’il a largement contribué à développer. Depuis sa première découverte en 1995 avec Didier Queloz, de P51, une géante gazeuse dans la constellation de Pégase, plus de 350 exoplanètes ont été identifiées en s’inspirant de la méthode des Genevois. Michel Mayor a aussi construit les instruments embarqués sur les satellites Corot et Kepler. Il songe maintenant à un interféromètre capable de rechercher la vie dans l’univers.Philippe Dro CEO de Glycovaxin Qui a dit que les start-up suisses avaient des ambitions limitées? Après avoir revendu en 2003 la biotech bâloise Axovan pour 252 millions de francs à Actelion, avoir cédé en 2007 la lausannoise Endoart 120 millions à Allergan, le français Philippe Dro prouve que le «serial entrepreneur» n’est pas une exclusivité américaine. L’homme a incontestablement du flair. Il a pris les commandes de Glycovaxyn, un spin-off de l’EPFZ qui simplifie la production de vaccins, au moment où la prévention devient le graal de l’industrie pharma. Et, son approche convainc. La Banque Edmond de Rothschild vient de prendre la tête d’un groupe d’investisseurs qui ont apporté 25 millions à Glycovaxyn cette année.Michael Pieper CEO et propriétaire de FrankeA 63 ans, Michael Pieper règne sur Franke, un des leaders mondiaux des agencements de cuisines. Depuis son accession en 1989 à la tête de cette entreprise d’Aarburg, il a réussi à faire d’une PME une multinationale active dans une quarantaine de pays. Son chiffre d’affaires atteint 2,9 milliards de francs et son effectif s’élève à 11 000 collaborateurs. En Suisse alémanique, Michael Pieper est une personnalité très connue et incontournable. Il détient de gros paquets d’actions de Forbo, de Rieter, d’Adval Tech et de Feintool.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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