Bilan

«Les voitures ne font plus rêver»

A l’occasion de son cinquantième anniversaire, la Fondation des Parkings a organisé une matinée de conférences à la Fédération des entreprises romandes (FER) sur le thème de la mobilité du futur et la problématique du stationnement à Genève.

Après des décennies de voiture reine, les mobilités douces se font une place en ville désormais, mais parfois la cohabitation est difficile.

Crédits: ©azzurromatto/enrico gastaldello

«Les voitures ne font plus rêver», selon le sociologue Vincent Kaufmann, directeur scientifique du Forum Vies Mobiles qui était l’un des invités de la Fondation des Parkings mardi 4 juin à la Fédération des Entreprises Romandes. Alors que les bouchons continuent de paralyser les centres de certaines villes, le taux de véhicules en circulation par nombre d’habitants serait, en effet, en baisse à Genève, tout comme dans d’autres villes, comme Paris ( -9 % en 5 ans).

L’une des raisons: le mode de circulation qui a changé ces dernières années, faisant place aux deux-roues, aux vélos à assistance électrique et, depuis peu, aux trottinettes électriques. Mais également à l’usage de véhicules partagés, notamment par une génération qui connaît un désamour des voitures avec une conscience écologique grandissante, la plupart ne passant même plus leur permis de conduire (65% des jeunes de 25 ans ont le permis, soit une diminution de 10% par rapport à 2009).

Le vieillissement de la population entraîne également une baisse de l’utilisation de la voiture. Vincent Kaufmann mentionne également une enquête internationale réalisée par Forum Vies Mobiles en 2015 en Espagne, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon, en France et en Turquie qui fait état de 78% de la population qui souhaiterait un ralentissement de son rythme de vie. Une aspiration qui concerne en particulier la mobilité dans la vie quotidienne.

Places de stationnement indispensables pour voitures, vélos, motos, trottinettes

«Les places de stationnement vont rester indispensables», estime Jean-Yves Goumaz, directeur général de la Fondation des Parkings. Cependant, les places de stationnements vont devoir s’adapter aux différents modes de transport. «Bannir l’un ou l’autre des moyens de transport est utopique», ajoute Jean-Yves Goumaz. Ainsi, la Fondation des parkings planche sur le développement de stationnements pour les vélos et pour les deux-roues motorisés. Elle a par ailleurs développé un nouveau système de paiement par smartphone pour le stationnement sécurisé des vélos disponible dans huit vélostations du canton de Genève. Ce système équipera quatre vélostations du Léman Express dès la fin de l’année, soit 3000 places en tout.

La Fondation a également créé 139 places payantes supplémentaires pour deux-roues motorisés dans les parkings de Saint-Antoine, David Dufour, Sports, Genève-Plage et Tuileries. D’ici 2026, 6000 places de parking pour véhicules devraient également voir le jour dans le Grand Genève, notamment grâce à des parkings relais prévus en Haute-Savoie et dans l’Ain. «A terme, plus aucune place ne sera gratuite, l’espace public appartenant à l’Etat», ajoute Jean-Yves Goumaz. En d’autres termes, aucun moyen de transport ne sera sans frais, excepté... le déplacement à pieds.

Le dessinateur Chapatte a illustré le débat. (© Chappatte dans Le Temps, Suisse)
Le dessinateur Chapatte a illustré le débat. (© Chappatte dans Le Temps, Suisse)

Rappelons aussi l’introduction depuis le mois de février 2018 de véhicules type Scan Car par la Fondation des parkings qui contrôlent les droits de stationnement grâce à la lecture automatique des plaques d’immatriculation. Ce projet s’intègre dans un processus de dématérialisation de la gestion du stationnement. Tickets de parking, macarons, voire amendes seront à terme électroniques. Les horodateurs connectés en ville de Genève ne délivrent d’ores et déjà plus de ticket. La Fondation des Parkings entend également développer, avec des voitures connectées, des systèmes pouvant signaler où se trouvent des places libres. «Nous pourrions envisager, pourquoi pas, de varier les prix des places à disposition selon l’offre et la demande», comme cela se fait déjà à San Francisco, imagine Jean-Yves Goumaz.

Enfin, l’illustrateur Patrick Chappatte a reçu carte blanche pour conclure la conférence en illustrant sa vision de la mobilité, «un sujet qui le transporte». «En 2000, on nous a fait fantasmer avec des voitures connectées, autonomes qui volent alors qu’aujourd’hui, elles ne roulent même plus à cause des bouchons et des travaux». Voilà, en résumé, où nous en sommes en 2019.


En chiffres

310'000 véhicules sont immatriculés à Genève

320'000 véhicules qui entrent et sortent dans le canton chaque jour

La Fondation des parkings gère:

  • 176 parkings privé et publics, soit 29'000 places pour voitures.
  • 14 vélos stations
  • 400 horodateurs connectés
  • 2 Scan Cars
Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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