Bilan

Les tendances suisses du marché du travail

La dureté des changements structurels, la transparence des offres d’emploi et l’essor du travail indépendant: les experts de l’outplacement de von Rundstedt dévoilent leurs statistiques annuelles.

Le marché du travail converge vers une certaine transparence. Mais plusieurs facteurs expliquent la difficulté à retrouver un emploi.

Crédits: DR

Pour un recrutement réussi, bon nombre de variables entrent en ligne de compte. Chaque employeur suit sa méthode, mais des tendances se dessinent à l’échelle nationale. C’est ce que relève von Rundstedt, une entreprise fondée en 1985, qui publie chaque année son baromètre du marché du travail. L’an dernier, ses experts ont mené une étude sur 1452 clients issus de 182 entreprises, dans différents secteurs d’activité. Ils en tirent six conclusions.

L’emploi chez les plus de 50 ans: difficile mais en amélioration

Ils sont autant touchés que les autres groupes d’âge: les plus de 50 ans représentent un tiers des licenciements de l’étude. Ce chiffre signifie que ces travailleurs sont à peine surreprésentés à l’échelle globale de la population. Note positive: la durée de la recherche d’un nouvel emploi a en moyenne diminué - à 6,8 mois, même si elle est toujours supérieure à la moyenne globale de 5,3 mois. Von Rundstedt relève une grande variance dans ce groupe, avec des personnes qui retrouvent immédiatement un travail et d’autres qui cherchent durant de nombreux mois.

Quand les changements de structure provoquent des licenciements

Les changements de structure des entreprises prennent le pas sur la nécessité économique, lorsqu’il est question de licenciements. Pour expliquer ces pertes d’emplois, les entreprises invoquent en majorité des réorganisations, et ce davantage qu’en 2017 (46% contre 40%). En parallèle, elles parlent moins de restructuration ou de volonté de réduction d’effectifs que l’an dernier (20% contre 26%).

Les experts de von Rundstedt ont aussi analysé les licenciements selon les secteurs. Dans le domaine des finances, le pourcentage s’élève à 32% - soit 10% de plus qu’en 2017. L’industrie pharmaceutique a également souffert, et les licenciements y ont progressé de 24% à 27%. Au contraire, l’industrie dite traditionnelle a connu une diminution: de 29% à 22%. A noter que selon l’étude, ce sont surtout les cadres et les managers qui ont fait les frais de ces changements structurels. De leur côté, les spécialistes ont connu moins de licenciements. “Cela indique également une pression structurelle plus forte et une pression économique plus faible, mais aussi une augmentation de la pénurie de main d’oeuvre qualifiée sur le marché, pour certains profils spécifiques” note von Rundstedt.

Même profil pour remplacer

Un “zero gap” signifie que l’employeur recherche uniquement le profil idéal, sans tolérer les écarts. Un quart des travailleurs a changé d’industrie en 2018, et c’est également un quart qui ont changé de fonction. Ces deux taux sont en augmentation par rapport à la précédente étude mais restent relativement bas., en raison notamment de l’ouverture mondiale du marché du travail. Ce qui permet de trouver exactement les profils recherchés.

Transparence du marché

Couplées à ces recherches ciblées, les annonces de postes libres sont en augmentation. Presque un quart des clients ont trouvé un travail via une publication officielle, contre un cinquième en 2017. Le marché du travail caché reste lui majoritaire malgré sa diminution de 52% à 41%. L’étude explique ce phénomène par les outils numériques qui simplifient les offres d’emploi. De plus, l’obligation d’annoncer les postes vacants en Suisse va faire progresser les chiffres dans cette direction.

Indépendance

12% des candidats ont choisi une activité indépendante et ont créé leur propre entreprise en 2018. En 2017, ils n’étaient que 5%. Plusieurs facteurs expliquent cela: “l’économie de partage, la gig economy et les activités freelances sont les forces motrices de ce développement” explique l’étude, qui précise qu’il y a aussi une sorte de finalité dans l’indépendance. Les profils difficiles n’ont parfois pas le choix que de fonder leur entreprise pour être employés.

Carrière en arc de cercle

Quand les employés seniors se délestent de certaines responsabilités, le salaire évolue négativement. La tendance du marché tend à se diriger vers ce modèle en arc de cercle, avec des rémunérations plus élevées chez les jeunes employés (+9%) et des évolutions salariales négatives chez leurs aînés (-12%).

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de sociétés, au business du sport et aux jeux vidéo.

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