Bilan

Les seniors plus nombreux que les juniors dans 10 cantons

Le vieillissement de la population constitue une hypothèque sur la croissance. Il accroît la pénurie de main d’œuvre et coûte cher aux assurances sociales.

Les personnes de plus 65 ans de nationalité suisse sont plus nombreuses que les moins de 19 ans dans vingt-et-un cantons.

Crédits: Jänis Skribäns

Le point de bascule approche: les seniors seront bientôt plus nombreux en Suisse que les juniors! A la fin octobre 2018, les personnes âgées de moins de 19 ans représentaient 20% de la population résidente permanente, alors que la part des personnes de plus 65 ans s’élevait à 18,4%. L’écart entre les deux catégories d’âge se réduit d’année en année. Il n’est plus que de 130'449 personnes au profit des juniors.

Selon le dernier décompte de l’Office fédéral de la statistique, l’inversion de la pyramide des âges a déjà eu lieu dans dix cantons: Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Grisons, Uri, Nidwald et Tessin. Avec 22,6%, c’est au sud des Alpes que la part des seniors est la plus importante. Grâce à l’immigration, la Suisse romande reste encore épargnée par ce phénomène.

Le renversement de la pyramide des âges affecte avant tout la population de nationalité helvétique. Au 3ème trimestre 2018, le nombre de Suisses de plus de 65 ans s’élevait à 1'401'858 contre 1'267'944 pour celui des moins de 19 ans. Dans vingt-et-un cantons, les seniors sont plus nombreux que les juniors. Seuls Genève, Vaud, Fribourg, Appenzell Rhodes-Intérieures et Lucerne ne sont pas touchées.

Hypothèque sur la croissance

Le vieillissement de la population constitue une hypothèque sur la croissance. Dans une étude, Credit Suisse a résumé en quelques mots le défi qui attend la Suisse. «La baisse des taux de natalité va à terme se traduire par une réduction du potentiel de main d’œuvre. Toujours moins d’actifs seront donc disponibles pour fournir une prestation économique. Simultanément, le nombre de retraités – dont l’espérance de vie ne cesse d’augmenter – s’accroît, ce qui pèse sur les régimes de retraite et limite la marge de manœuvre pour les investissements porteurs de croissance dans l’infrastructure et le capital humain.»

L’évolution démographique a des conséquences sur les recettes fiscales, le financement des assurances sociales et le marché du travail. Dans ce dernier domaine, la population active ne devrait croître que 500 000 personnes entre 2017 et 2037 contre une hausse de 400 000 individus entre 2010 et 2017. Le  nombre de jeunes qui débuteront leur vie active ne suffira pas pour compenser d’ici à 2030 le volume de personnes qui partiront à la retraite. Selon les projections de l’Union patronale suisse, le déficit de main d’œuvre pourrait s’élever autour de 600'000 personnes dans onze ans. Autrement dit, les entreprises dépendent toujours plus de travailleurs étrangers.

Un défi majeur

Pour l’attractivité de la place économique helvétique, le manque de relève constitue un défi majeur car la main d’œuvre figure parmi les facteurs déterminants pour convaincre des entreprises étrangères de s’implanter dans notre pays.

C’est pour toutes ces raisons que le Conseil fédéral a adopté en 2013 une série de mesures destinées à combattre la pénurie de main d’œuvre qualifiée. Il s’agit par exemple d’accroître le nombre de femmes et de seniors sur le marché du travail.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Du même auteur:

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