Bilan

Les réseaux sociaux boostent les restos

Instagram et Facebook font désormais partie des stratégies de communication d’un restaurant. Un changement d’habitude radical qui permet de fidéliser la clientèle. Exemples à Genève.

  • Campagne pour le lancement du restaurant grec Khora

    Crédits: Dr
  • Posts du restaurant Beef pour faire la promotion de sa viande

    Crédits: Dr
  • Un ceviche de chez Alma.

    Crédits: Dr

Impossible de passer à côté de la tendance: les réseaux sociaux sont fortement raccordés aux plaisirs de la table! Chaque restaurant, du choix des luminaires à la présentation des plats, se doit d’être «instagrammable». Aujourd’hui, le restaurateur peut, à sa guise et à moindres frais, accélérer la communication en touchant un maximum de personnes. «Le fait que l’établissement soit beau et bien placé ne suffit plus», précise Olivier Kennedy, patron de l’agence de marketing digital Enigma.

Mais cela dépasse largement une simple quête de notoriété. Alors que Facebook est le média social le plus consulté en Suisse et que 69% des 18-35 ans publient des photos de nourriture sur Instagram, l’objectif du restaurateur est clair: bénéficier de retombées économiques immédiates. «C’est un travail permanent et une opportunité qu’il n’est plus possible d’ignorer. La fidélisation se fait davantage autour d’une histoire à long terme que sur un récit immédiat», rappelle Olivier Kennedy.

F&B consultant au sein du cabinet de conseil Cornelius, Margaux Leschallier de Lisle est chargée des établissements du groupe Shelter. Justement, elle est en pleine phase de lancement du dernier-né de la fratrie: le restaurant grec Khora à Genève. Comme pour un slogan de campagne électorale, elle a trouvé une phrase identitaire «Welcome to the seaside» et développé une identité visuelle. Un mois avant l’ouverture, un micro-teaser avec un décor flouté avait été divulgué sur Instagram, laissant entrevoir un concept méditerranéen autour des produits de la mer.

Recruter du personnel (Crédits: Dr)

2000 vues par photo

Passer par une agence a néanmoins un coût: entre 7 000 et 20 000 francs, selon l’ambition et l’implication du restaurateur. De son côté, le patron du restaurant Beef, ouvert depuis quatre ans, a choisi de s’impliquer personnellement. Avec son équipe, il alimente les réseaux au minimum une heure quotidiennement. L’objectif est double: entretenir une relation avec une clientèle déjà existante et attirer un nouveau public. L’établissement spécialisé dans les viandes d’exception détient à ce jour environ 3000 followers, dont 80% habitent dans un périmètre de 50 kilomètres et ont entre 25 et 45 ans. Depuis l’ouverture, le restaurant genevois a publié plus de 700 photos, à raison de 3 publications par semaine, et une à deux «stories» par jour, générant en moyenne 2000 vues et 100 «likes» par publication. Le résultat est immédiat puisque 10% des clients ciblés effectuent une réservation dans la foulée. «Instagram nous rapporte 50% de notre chiffre d’affaires global», déclare le patron, Bruno Josserand, qui va même plus loin dans la démarche en utilisant le réseau social à des fins de recrutement.

Chez Alma, toujours à Genève, l’équipe cherche aussi à entretenir la relation et à faire revenir le client. Le restaurant péruvien envoie tous les matins une «story» sur les réseaux. «Ni trop tôt, pour ne pas dégoûter les clients avec du poisson à une heure matinale, ni trop tard, de quoi aiguiser leur appétit pour le repas», précise Margaux Leschallier de Lisle. Le résultat est immédiat, de même que l’impact financier. Chaque jour, il engrange en moyenne une dizaine de réservations supplémentaires pour le déjeuner à la suite d’une parution. Avec le temps, l’équipe marketing sait quels sont les vecteurs de communication qui marchent le mieux: le pisco, le ceviche et le décor sur fond de mur bleu.

Toute médaille a son revers. Bien au-delà d’un commentaire assassin sur TripAdvisor, il peut arriver que le consommateur soit berné par des suggestions poussives, graphiquement attirantes, mais qui ne reflètent pas la réalité. Certains plats seraient-ils conçus pour mettre en valeur leur apparence esthétique au détriment de leur goût et générer ainsi de l’attention? Olivier Kennedy tranche: «Un effet boomerang aurait des conséquences négatives pour celui qui s’amuserait à ce genre de pratique mensongère.»

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Edouard Amoiel

Chroniqueur culinaire

Lui écrire

Petit-fils de restaurateur, fils de marchand de vins, diplômé de l’Ecole Hôtelière de Lausanne, chroniqueur culinaire pour le journal Le Temps et pour mon site Crazy-4-Food, épicurien, aussi gourmand que gourmet, hédoniste, poète… l’idée d’écrire sur la gastronomie m’est apparue comme une évidence.

Ma démarche est avant tout de mettre en valeur et de faire découvrir des chefs, des restaurateurs, des producteurs et des créateurs. qui se donnent corps et âme à leur métier.

Alors, rejoignez-moi dans cette aventure culinaire truffée de gourmandises, de surprises et de plaisirs.

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