Bilan

Les médias contraints de réduire la voilure

Les médias romands sont, eux aussi, touchés de plein fouet par la crise du coronavirus. Le recours au chômage partiel se généralise tandis que les cahiers des journaux deviennent de plus en plus maigres.

Le manque à gagner se chiffrera à «plusieurs dizaines de millions de francs» pour TX Group.

Crédits: Keystone

La Liberté est par exemple passée mercredi de quatre à deux cahiers. Le quotidien fribourgeois a justifié cette mesure par la diminution de l'actualité sportive et culturelle, ainsi que par la chute de la pagination publicitaire.

Cette diminution des recettes publicitaires est «massive», reconnaît Patrick Matthey, responsable de la communication de TX Group (ex-Tamedia), éditeur de Bilan, 24 heures, la Tribune de Genève, le Matin Dimanche et 20 minutes.

Contacté par Keystone-ATS, M. Matthey souligne que le manque à gagner se chiffrera à «plusieurs dizaines de millions de francs» pour TX Group. «Plus la crise sera longue et plus les pertes seront importantes», ajoute-t-il.

Pour tenir le choc, le groupe zurichois a annoncé à tous ses collaborateurs qu'il devait recourir au chômage partiel. Outre une réduction des coûts, «cette mesure a pour objectif de conserver les emplois à la sortie de la crise», explique M. Matthey.

Selon les informations recueillies par Keystone-ATS, le recours au chômage partiel est envisagé dans la plupart des médias romands. Plusieurs d'entre eux ont déjà officialisé cette mesure, comme les radios de l'Arc jurassien (RJB, RJF et RTN), Radio Fribourg ou le Quotidien jurassien.

Aide publique


Du côté d'impressum, on se dit favorable au chômage partiel «car il permet d'éviter des licenciements», indique Dominique Diserens, secrétaire centrale du syndicat. «Nous demandons toutefois aux éditeurs de respecter les conventions collectives de travail et de consulter les rédactions», précise-t-elle.

Impressum exige aussi une aide publique urgente. «Nous demandons que toutes les aides aux médias à l'étude au niveau de la Confédération et des cantons soient immédiatement activées. C'est le moment ou jamais d'injecter cet argent sachant que les médias assurent un service public primordial», note Mme Diserens.

Paradoxalement, alors qu'ils sont en train de réduire la voilure, les médias n'ont jamais été autant consultés. «Nous constatons une forte hausse du trafic en ligne et une augmentation des demandes pour les abonnements numériques», signale M. Matthey.

Le public exprime sa reconnaissance envers un titre, confirme Rémy Chételat, rédacteur en chef du Quotidien jurassien, évoquant lui aussi une hausse du nombre des demandes d'abonnement. «Les gens ne peuvent plus lire le QJ au travail ou au restaurant alors qu'ils souhaitent être davantage informés sur ce qui se passe dans leur région», remarque-t-il.

Tandis que les «fake news» affluent sur les réseaux sociaux, «la demande du public est énorme pour avoir des informations fiables», poursuit Mme Diserens. Et pourtant, la syndicaliste dit craindre que des médias ne puissent survivre à cette crise et que les journalistes se retrouvent «dans des difficultés existentielles dans leur métier.»

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