Bilan

Les événements changent de visage

La pandémie limite les réunions, qu’elles soient familiales, amicales ou professionnelles. Pour pouvoir organiser leurs manifestations, les spécialistes testent de nouveaux formats.

  • Maintenir le contact avec les clients est important, note Stéphane Andenmatten.

    Crédits: Getty images
  • Sebastian Chiappero rappelle que «nous avons besoin de sociabiliser».

    Crédits: Sponsorize
  • Les technologies numériques s’invitent de plus en plus aux événements physiques.

    Crédits: Groupe Mutuel

Le Salon international de haute horlogerie (SIHH), devenu «Watches and Wonders Geneva», en est un exemple: les acteurs de l’événementiel doivent constamment s’adapter aux nouvelles tendances et changer leurs plans pour accueillir le public. Avec le Covid-19 et l’interdiction des grands rassemblements, le défi est encore plus grand. De nombreux tests sont en cours, et chacun tente de trouver la formule adéquate. «Les milieux de l’horlogerie et du luxe ont pris cette hybridation à bras-le-corps, constate Sebastian Chiappero, fondateur de la société Epwise. Les manufactures présentent désormais leurs montres en physique mais aussi en ligne, pour leurs clients à l’étranger.»

Etre présents, malgré tout

Pourquoi s’acharner à proposer des événements? «Il y a deux axes à l’outil événementiel: la fidélisation et l’acquisition de clients», explique Sebastian Chiappero. Les entreprises ont à cœur de rester présentes auprès de leur clientèle. «Notre objectif, malgré la situation actuelle, est de maintenir le contact, confie Stéphane Andenmatten, directeur adjoint et responsable communication & marque du Groupe Mutuel. Cela passe par des événements dont le concept est adapté, avec un nombre de personnes limité ou sous une forme différente, par exemple des événements digitaux.»

La formule des événements physiques a longtemps été testée et approuvée. «Nous sommes humains, et nous avons besoin de sociabiliser», tranche Sebastian Chiappero. Selon lui, les formats «d’avant Covid-19» (cocktails dînatoires, discussions informelles autour de cafés, présentations physiques d’un produit...) devraient perdurer. Mais ils seront sûrement accompagnés de davantage de numérique. La Banque Piguet Galland estime elle aussi que le contact humain restera central, mais que le numérique s’invitera plus aisément aux événements physiques. «C’est parfois déjà le cas à travers une application permettant de commenter l’événement en direct ou des jeux interactifs», affirme Catherine Cornu, responsable marketing
et communication de la banque privée.

Les organisateurs se réjouissent de la rapidité et de la simplicité des événements en virtuel. Cela permet notamment d’intéresser de nouvelles têtes. «Par exemple, les personnes qui ne peuvent pas se déplacer aisément du fait de leur emploi du temps», lance Catherine Cornu. Le rythme intervient aussi: «Les événements digitaux sont aussi, souvent, plus courts et constituent donc un gain de temps non négligeable», avance Stéphane Andenmatten, du Groupe Mutuel. Par contre, tout n’est pas virtualisable aujourd’hui. «L’aspect émotionnel que dégage un événement est nettement moins présent lors d’événements numériques», explique-t-il.

Vers un meilleur ciblage?

Davantage de possibilités s’offrent désormais aux entreprises. «Avant, je dirais qu’entre 20 et 30% des entreprises mesuraient l’impact d’un événement», glisse Sebastian Chiappero, dont la société a mis au point une solution pour les événements digitaux et hybrides. L’outil numérique, qu’il soit intégré ou non à un rendez-vous physique, a décuplé cet aspect. Il devrait permettre aux organisateurs de mieux trouver leur public cible. Quant aux technologies, la 3D ou la réalité virtuelle attirent, mais il reste à attendre une certaine démocratisation. «Tout est possible et envisageable», conclut l’experte de chez Piguet Galland.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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