Bilan

Les banques semblent provisionner fortement face à la crise (ASB)

La pandémie de Covid-19 n'a pas affecté l'approvisionnement des entreprises en liquidités. Les banques suisses ont continué de jouer leur rôle au sein de l'économie helvétique, affirme mardi la faîtière ASB, qui constate parallèlement des indices d'accumulation de provisions.

Crédits: Keystone

Entre janvier et mai, les créances gagées ont progressé d'un cinquième, une poussée imputable "sans doute" à la mise en place des crédits transitoires Covid-19 garantis par la Confédération, affirme l'Association suisse des banquiers (ASB), qui publie mardi la dernière édition de son baromètre bancaire. A titre de comparaison, les créances hypothécaires ont augmenté de 1,3% durant la période sous revue.

Les banques ne font pas que prêter, elles mettraient également de l'argent de côté en prévision de difficultés. Sur les cinq premiers mois de 2020, l'ASB a recensé une hausse de 9,1% des engagements envers les banques et de 3,6% des fonds propres. "Cela laisse à penser que les banques accroissent leurs provisions pour mieux se préparer aux conséquences éventuelles" de la crise, analyse la faîtière.

En passant les bilans des établissements helvétiques au crible, les spécialistes de l'ASB ont également remarqué une tendance potentielle depuis le début de l'année, celle des clients à étoffer leurs positions à découvert, pariant ainsi sur une baisse des marchés boursiers dans un contexte de crise empli d'incertitudes.

La pandémie a également dopé l'activité sur le marché des capitaux, où les volumes ont doublé au deuxième partiel 2020 par rapport au niveau trimestriel historique. Les émissions d'obligations par des débiteurs suisses ont ainsi atteint 20,4 milliards de francs et les prélèvements nets 13,9 milliards, précise la faîtière.

Deux établissements ont disparu

Pour l'ASB, cette envolée sur le marché primaire souligne le rôle important que celui-ci revêt en termes d'approvisionnement de l'économie en liquidités, au même titre que les crédits. Les "obstacles réglementaires" font que, proportionnellement, les entreprises suisses recourent moins à ce mode de financement en comparaison internationale, déplore l'association.

Parallèlement à ces premiers chiffres globaux de l'activité des banques helvétiques pendant la crise, la faîtière livre également l'évolution des affaires du secteur l'année dernière. Deux établissements ont disparu en 2019, portant le total à 246 banques à fin décembre.

En 2019, les recettes agrégées ont grappillé 1,1% sur un an, à 66,1 milliards de francs avec des progressions dans toutes les activités, à l'exception notable des opérations de négoce (-9,4% à 7,4 milliards). Les bénéfices bruts cumulés ont atteint 23,2 milliards, soit une hausse de 4,5%. La charge fiscale s'est envolée de 53% pour se fixer à 2,2 milliards.

Les résultats nets agrégés ont fondu comme neige au soleil, passant à 0,8 milliard de 11,5 milliards l'année précédente. L'ASB a recensé davantage de pertes annuelles en 2019, soit 12,3 milliards contre 1,3 milliard en 2018. Les banques ayant bouclé l'exercice dans le vert ont cumulé des profits à hauteur de 13,1 milliards (+2,3%).

Additionnés, les bilans des banques suisses représentaient à la fin de l'année un total de 3317,6 milliards de francs (+2,9%), dont 1213,8 milliards d'encours de crédit (+3,3%). Hors bilan, les actifs sous gestion ont bondi de 14% à 7893,4 milliards de francs.

Au 31 décembre, le secteur comptait 89'531 postes à temps plein, soit 1129 (-1,2%) de moins que douze mois auparavant.

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