Bilan

Les agences de voyage ne sont pas encore sorties d'affaire

Alors que les voyagistes Hotelplan et TUI s'enthousiasment face au bond des réservations des voyageurs suisses, l'agence bernoise Globetrotter prévient que le secteur n'a de loin pas encore retrouvé son niveau d'avant la crise. Car si les destinations européennes ont la cote, les longs voyages sont particulièrement affectés.

L'agence bernoise Globetrotter prévient que le secteur n'a de loin pas encore retrouvé son niveau d'avant la crise.

Crédits: Keystone

Ne pas crier victoire trop vite. C'est le message de l'agence de voyage Globetrotter, qui affirme dans un communiqué dévoilé jeudi, que le secteur n'a pas encore retrouvé la voie de la normalité.

En effet, ses concurrentes ont largement communiqué des bonds impressionnants de réservations. La filiale de Migros Hotelplan a ainsi vu ses destinations d'été à l'étranger décoller de 50% depuis le mois de juin en comparaison avec 2019.

Le tour opérateur TUI Suisse, de son côté, enregistre une hausse constante de ses ventes depuis le mois de mai et affirme que certaines destinations se remplissent déjà à 75% du niveau de 2019.

Pas hors d'Europe


"Nous voulons affirmer que l'industrie du voyage n'est pas encore sortie de la crise. Oui, les voyageurs suisses peuvent maintenant circuler en Europe, mais cela ne veut pas dire que c'est le cas pour le reste du monde, confie à AWP le responsable des achats de Globetrotter, Nick Gerber. Beaucoup de pays ont encore de fortes restrictions aux touristes étrangers et le trafic aérien reste en berne".

Un constat confirmé par le transporteur aérien Swiss International Airlines, qui déplore un premier trimestre de l'année sans reprise dans le secteur. Les évolutions rapides de la pandémie et le renforcement des restrictions sanitaires ont "pratiquement annihilé toute perspective de relance de l'activité touristique mondiale", assène la porte-parole du groupe Meike Fuhlrott.

"Swiss a observé un bond récent dans les réservations pour la saison d'été, poursuit-elle. Concrètement, la demande de vols en Europe est supérieure à celle des liaisons intercontinentales. La région méditerranéenne, par exemple l'Espagne, le Portugal et la Grèce, est particulièrement prisée".

Les Etats-Unis, l'Amérique latine ou l'Asie en revanche, sont des régions quasiment hors de portée pour les voyageurs helvétiques, selon M. Gerber. Ce qui affecte gravement l'agence bernoise, pour qui les longs voyages représentent 80% du chiffre d'affaires annuel.

Ses ventes ont ainsi chuté de 80% en 2020 par rapport à 2019, et devraient encore être en baisse de 70% en 2021. Même repli du côté de Swiss, qui ne s'attend pas cet été à des volumes supérieurs à 50 ou 55% de ceux de l'avant-crise. Les changements structurels qu'aura provoqué la crise du Covid-19 devraient même emporter 20% de la demande de sa clientèle à moyen terme, selon la compagnie aérienne.

Sous perfusion fédérale


Dans ce contexte, les aides fédérales sont vitales à Globetrotter, qui souligne l'importance "des indemnités de chômage partiel, des prêts Covid et des primes de précarité" pour l'ensemble des agences de voyage.

Malgré ces mesures, la société est passée de 440 à 300 employés en 2021, selon le président du conseil d'administration André Lüthi.

"2021 sera encore une année difficile mais avec un peu d'espoir cela ira mieux en 2022", veut croire Nick Gerber, qui souligne à AWP son appréhension face au nombre d'infrastructures touristiques dans le monde qui risquent de ne pas survivre aux mois de fermeture forcée.

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