Bilan

Les 300 plus riches de Suisse (2019)

Douze personnalités et/ou familles font leur entrée dans l'édition 2019 de notre classement. Parmi eux, cinq milliardaires, tous d'origine étrangère. Cette année, nous avons rehaussé le seuil d'entrée de 100 à 200 million de francs. Enquête coordonnée par Serge Guertchakoff, réalisée en partenariat avec Bilanz.

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  • Dominique Lévy entre dans notre classement avec une fortune estimée entre 200 et 300 millions de francs. La galeriste a été classée au top ten des femmes les plus influentes dans le monde de l’art.

    Crédits: Grant Lamos/afp

Le panorama 2019 des personnalités et/ou familles les plus fortunées de Suisse comprend 144 milliardaires. Une progression qui intervient malgré le décès d’Abdulaziz Al-Sulaiman, fondateur en 1968 du groupe Rolaco (propriétaire majoritaire de l’hôtel InterContinental de Genève, entre autres) et le départ hors du pays de la famille du célèbre joaillier Robert Mouawad.

Notre radar a mis en lumière pas moins de cinq nouveaux milliardaires établis en Suisse. David Alkiviades est venu s’installer à Gstaad. D’origine grecque, il doit l’origine de sa fortune aux usines d’embouteillage de Coca-Cola dans une vingtaine de pays. Cet héritier a investi dans la distribution de musique et de films par internet, un site de streaming vidéo ou encore le cannabis légal. Dans la même catégorie (2 à 3 milliards de francs), un Suédois fait son apparition: Lars Förberg. Cet actionnaire activiste agit généralement via sa société de participations Cevian Capital, qui gère environ 13 milliards d’euros d’actifs. Cela ne l’empêche pas de vivre modestement dans une villa mitoyenne près de Zurich et de conduire un vieux break Volvo.

A peine moins riche, la famille Siccardi a fait fortune à la fois grâce à l’immobilier et aux implants médicaux. En réalité, c’est le patriarche Francesco qui est à l’origine de cette réussite. Ce pharmacien a créé en 1958 une société spécialisée dans les liquides stériles pour les hôpitaux. Lorsque son fils Alberto l’a cédée en 1997, il a su faire fructifier le pactole encaissé. Devenu Suisse, ce dernier a créé l’entreprise Medacta qui emploie près de 1000 collaborateurs au Tessin.

C’est aussi grâce au secteur médical que l’entrepreneur bavarois Dieter Schön a réussi. Ce résident de Saint-Moritz (GR) détient un groupe florissant de 26 cliniques spécialisées.

Enfin, citons le magnat espagnol de l’acier, José Maria Aristrain de la Cruz, installé à Gstaad. Il s’agit d’un ancien propriétaire d’Arcelor, l’entreprise sidérurgiste née de la fusion entre la société espagnole Aceralia (héritée de son père), Arbed au Luxembourg et Usinor en France.

Les Wertheimer grimpent au classement

Désormais, Bilan indique la position occupée par telle ou telle famille. Pour l’édition 2019, on constate que la famille suisse Hoffmann Oeri reste en tête de notre classement, une place qu’elle a récupéré en 2018. La valeur du paquet d’actions détenu par cette dernière a encore augmenté. Sa fortune est évaluée entre 27 et 28 milliards de francs. Juste derrière, Gérard Wertheimer gagne deux places. Sa progression s’explique surtout par l’importante revalorisation de son patrimoine (le groupe Chanel qu’il contrôle avec son frère). La famille de Joseph Safra se maintient au 3e rang, malgré une fortune réévaluée entre 23 et 24 milliards de francs (+4 milliards). Derrière lui, le Brésilo-Suisse Jorge Lemann a perdu deux rangs. Ses investissements ont globalement pas trop mal performé, mais sa participation dans Kraft Heinz l’a pénalisé. Sa méthode de gestion y a fait des ravages (lire l’article en pages 48 et 49).

Les fils Kamprad restent au 5e rang, une présence qui s’explique par leur nationalité suisse uniquement. Leur fortune est évaluée à 17-18 milliards après analyse des bénéficiaires des trois fondations créées en son temps par le fondateur du groupe Ikea. Egalement au 5e rang, le Russe Guennadi Timtchenko (précédemment 7e) voit la valeur de ses participations (via Volga Group) croître de 3 milliards de francs. Il devance un autre Russe, Andrey Melnichenko (7e rang), arrivé dans notre classement l’an dernier (au 12e rang). La valeur de son groupe, EuroChem (un important producteur d’engrais minéraux), a été réévaluée (+2 milliards). Ce 7e rang est également occupé par la famille Brenninkmeijer (auparavant 6e). Sa fortune a été revue à la baisse à 14-15 milliards du fait, entre autres, que le groupe C&A peine à se développer dans les ventes en ligne. Toujours au 7e rang, la famille Castel devance désormais les Bertarelli. La valeur du groupe Castel, actif dans le vin et la bière sur plusieurs continents, a été rehaussée. Un exercice délicat vu que ce dernier n’est pas coté en bourse. Enfin, également ex aequo au 7e rang, la famille de Charlene de Carvalho-Heineken.

Une IPO réussie

Outre le nombre impressionnant de milliardaires, l’édition 2019 voit apparaître sept «nouvelles» fortunes, plus ou moins récentes: Guillaume Pousaz (700 à 800 millions); Beat Curti (500 à 600 millions); Markus Rieker (500 à 600 millions); Daniel von Stockar (400 à 500 millions); René Gilli (300 à 400 millions); la famille Majoie Le Lous (200 à 300 millions); et enfin, Dominique Lévy (200 à 300 millions). Le Genevois Guillaume Pousaz, 38 ans, est peu loquace quant au chiffre d’affaires de sa startup, checkout.com, fondée à Londres en 2012. Ce qui est public par contre, c’est le montant qu’il a levé au printemps dernier: 230 millions de dollars. Chapeau! Autre découverte: Markus Rieker, un Suisse d’origine allemande, qui a développé un empire de la chaussure, Rimo Holding, lequel emploie notamment plus de 15 000 personnes dans ses usines au Vietnam. Beat Curti, Daniel von Stockar et René Gilli se sont tous les trois enrichis grâce à l’introduction en bourse réussie de SoftwareOne à fin octobre 2019. Cette société s’est muée en leader planétaire du conseil en matière de logiciels et de cloud aux entreprises. Viennent ensuite deux femmes: Dominique Lévy, fille de feu André Isaac, fondateur de la Compagnie financière Tradition à Lausanne. Et France Majoie Le Lous, héritière des Laboratoires Fournier, établie de longue date dans le canton de Vaud.

Ce classement 2019 des 300 plus riches de Suisse a été réalisé grâce aux contributions de:
BILAN: Fabienne Bogadi, Francesco Bonsaver, Jean-Philippe Buchs, Luigino Canal, Daniel Eskenazi, Rebecca Garcia, Vincent Gillioz, Serge Guertchakoff, Olivier Grivat, Michel Jeannot, Philippe Lugassy, Patricia Meunier, Gian Pozzy, Chantal de Senger, Marat Shargorodsky et Mary Vakaridis
BILANZ: Corinne Amacher, Erich Gerbl, Bastian Heiniger, Marc Kowalsky, Iris Kuhn-Spogat, Stefan Lüscher, Thomas Müller, Erik Nolmans, Walter Pellinghausen, Bernhard Raos, Corinna Röttker, Dirk Ruschmann, Dirk Schütz, Florence Vuichard et Christian Wapp.


Méthodologie 

Notre classement inclut à la fois les Suisses, quel que soit l’emplacement de leur résidence principale, et les étrangers établis fiscalement en Suisse, à condition d’avoir 200 millions de francs au moins de fortune nette. Cette année, notre palmarès indique également le rang (sur 300) où se classent les personnalités et/ou familles.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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