Bilan

L'économie britannique s'effondre sous le choc de la pandémie

L'économie du Royaume-Uni a subi un effondrement record de 20,4% en avril pendant le confinement mis en place pour endiguer la pandémie, mais va commencer à sortir la tête de l'eau avec le redémarrage progressif de l'activité.

Un tel choc est plus fort que ceux ressentis lors de la Grande Dépression ou de la crise financière de 2008, selon Andrew Wishart, économiste chez Capital Economics.

Crédits: AFP

Cette chute du produit intérieur brut (PIB) sur un mois intervient après un plongeon de 5,8% en mars, selon des chiffres dévoilés vendredi par le Bureau national des statistiques (ONS).

"Le recul du PIB en avril est le plus fort jamais vu au Royaume-Uni, plus de trois fois plus fort que le mois précédent et près de dix fois plus que le repli le plus marqué avant le Covid-19", souligne Jonathan Athow, statisticien à l'ONS.

En résumé, "en avril, l'économie a été rétrécie d'environ 25% par rapport à février", observe-t-il.

Un tel choc est plus fort que ceux ressentis lors de la Grande Dépression ou de la crise financière de 2008, selon Andrew Wishart, économiste chez Capital Economics.

Avril est le premier mois plein du confinement instauré le 23 mars, qui a mis un coup d'arrêt brutal à l'activité économique dans le pays, le deuxième le plus endeuillé au monde avec plus de 41.000 morts testés positifs au coronavirus.

L'ensemble des grands secteurs de l'économie ont fondu, que ce soit les services, l'industrie ou la construction.

Les pubs, l'éducation, la santé et les ventes de voitures ont été parmi les plus affectés. Le commerce extérieur n'a pas été épargné avec une chute des exportations et importations.

Le pire est-il passé ?


Pour Alpesh Paleja, économiste de l'organisation patronale CBI, "ces chiffres confirment ce que nous savions déjà, à savoir que l'économie a été durement touchée au moment du confinement".

Au cours des trois mois de février à avril, le PIB a reculé de 10,4% par rapport aux trois mois précédents et le Royaume-Uni se prépare à une récession historique.

Après une baisse de l'activité de 2% au premier trimestre, les économistes s'attendent à un effondrement sans précédent au deuxième trimestre, qui pourrait atteindre 35% (toujours par rapport au précédent trimestre), selon l'OBR, l'institut public qui publie les estimations pour le compte du gouvernement.

"Compte tenu du fait que le confinement a commencé à être assoupli en mai, avril marquera un creux pour le PIB. Donc nous avons passé le pire", souligne M. Wishart.

Les restrictions sont désormais levées progressivement et l'ensemble des commerces vont rouvrir leur porte à partir de lundi. Il faudra attendre au moins juillet pour les pubs, bars, restaurants, coiffeurs... Et probablement plus tard encore pour les salles de gymnastiques, de spectacles et autres lieux de rassemblement.

"La reprise prendra du temps puisque les restrictions ne seront levées que lentement et les entreprises et consommateurs resteront prudents", selon lui.

Surtout, la facture budgétaire et les conséquences sociales vont se faire sentir désormais.

Cette chute d'activité s'accompagne d'une flambée du chômage avec une vague de suppressions d'emplois qui ne cesse de prendre de l'ampleur et qui touche de nombreux secteurs, aérien en tête.

Le gouvernement a déployé tout un arsenal de mesures pour amortir le choc, au prix d'une dégradation des finances publiques, avec des prêts garantis et le chômage partiel, mais les entreprises redoutent les prochains mois et la levée progressive de ces dispositifs.

Les économistes prévoient un rebond de l'activité à partir du second semestre, mais ils s'interrogent sur son ampleur.

Le ministre des Finances Rishi Sunak et le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) Andrew Bailey ont de leur côté récemment tempéré les espoirs d'une reprise rapide, prévoyant des mois encore difficiles.

Et le monde des affaires s'inquiète en outre de la perspective d'un Brexit sans accord à l'issue de la période de transition fin décembre.

Les discussions entre Bruxelles et Londres patinent et le patronat britannique a prévenu que les entreprises ne pourraient pas affronter à la fois une récession et une sortie brutale de l'UE.

Toutefois, selon la presse britannique vendredi, le gouvernement veut imposer des contrôles frontaliers moins rigoureux que prévu avec le continent pour ne pas ajouter aux difficultés des entreprises.

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