Bilan

Le val Mesolcina aux Grisons, eldorado de sociétés-écran

Le val Mesolcina, vallée italophone du canton des Grisons, s'est transformé ces dernières années en "eldorado" des sociétés-écran, avec 1600 entreprises enregistrées pour 8300 habitants.
  • Dans le seul village de Grono, 1000 âmes, on dénombre une entreprise pour deux habitants.

    Crédits: keystone
  • Depuis que le Tessin a serré la vis en 2014, on assiste à un transfert de firmes vers la région grisonne.

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  • Les soupçons de blanchiment d'argent et de liens avec la mafia ne sont pas loin du fait de la proximité avec l'Italie, mais les preuves manquent.

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Le val Mesolcina, ou Misox, vallée italophone du canton des Grisons, s'est transformé ces dernières années en "eldorado" des sociétés-écran. Dans la population, le malaise grandit. Les autorités sont invitées à agir.

Dans la vallée, ainsi qu'au Tesssin, ce phénomène n'est pas nouveau. Mais depuis que le canton italophone a serré la vis en 2014, on assiste à un transfert de firmes vers la région grisonne.

Depuis cette date, quelque 300 entreprises ont transféré leur adresse dans le val Mesolcina, selon des chiffres livrés par le gouvernement grison en réponse à une interpellation du représentant du Misox au parlement cantonal, le PLR Hans Peter Wellig. Un tiers de celles-ci a déjà disparu, à cause de faillites, liquidations ou de nouvelles délocalisations.

On compte désormais 1600 entreprises enregistrées pour un total de 8300 habitants. Dans le seul village de Grono, 1000 âmes, on dénombre une entreprise pour deux habitants.

Comme le montrent des recherches de la radio-télévision suisse italienne RSI, personne ne sait exactement qui se cache derrière ces sociétés-écran et dans quels domaines elles sont actives. Au registre du commerce, elles sont parfois inscrites à des adresses fictives.

Soupçons et détournement

Pour la police locale, les soupçons de blanchiment d'argent et de liens avec la mafia ne sont pas loin, du fait de la proximité géographique et linguistique avec l'Italie, selon la RSI. Mais les preuves manquent.

Dans son interpellation, le député Hans Peter Willig a dévoilé des cas concrets de détournement de l'assurance chômage par des entreprises. Le procédé: création d'une firme, qui reçoit une autorisation, puis établissement de contrats de travail fictifs et finalement faillite.

Cela conduit à des problèmes financiers et organisationnels pour les assurances sociales et les caisses de chômage, alerte le député. Et un manque à gagner pour les impôts, conséquence des faillites.

Pétition et contrôles

Les autorités cantonales, qui ne semblaient pas vouloir s'activer outre mesure dans leur réponse écrite à l'interpellation d'Hans Peter Willig, reconnaissent désormais le problème. Une pétition de citoyens a aussi été remise à Coire et à la Confédération.

Le canton a déjà renforcé les contrôles, a assuré le directeur cantonal de l'économie, le conseiller d'Etat Jon Dominic Parolini (PBD), devant le parlement cantonal. "L'office cantonal de l'industrie et du travail examine chaque entreprise". Un doute subsiste pour 160 firmes. 45 ont été contrôlées, 19 ont perdu leur statut d'employeur.

Mais il ne suffira pas d'intensifier les contrôles, a reconnu le conseiller d'Etat sur les ondes de la radio SRF. Il faut réunir toutes les parties impliquées, offices, communes et autorités tessinoises.

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