Bilan

Le "trou" dans le budget de l'UE pourra atteindre 20 milliards

Le seul départ du Royaume-Uni de l'UE laisse un déficit de recettes d'un minimum de 10 milliards d'euros par an, a rappelé le commissaire européen Günther Oettinger.

Le Royaume-Uni est l'un de ses principaux "contributeurs nets", avec un apport évalué à environ 10 milliards d'euros par an.

Crédits: AFP

La combinaison du Brexit et de nouveaux défis comme la défense européenne vont représenter un "trou" pouvant atteindre jusqu'à 20 milliards d'euros par an pour le budget de l'UE, a prévenu mercredi le commissaire européen en charge du dossier.

"Le seul départ du Royaume-Uni nous laisse un déficit de recettes d'un minimum de 10 milliards d'euros par an", a rappelé Günther Oettinger, dans un texte publié sur le site de la Commission.

"Dans le même temps, nous devons financer de nouvelles tâches telles que la défense, la sécurité interne", a ajouté le commissaire, estimant que "le trou total pourrait donc être jusqu'à deux fois plus élevé".

Il y aurait ainsi jusqu'à 20 milliards d'euros d'écart entre le nouveau niveau des recettes et celui des dépenses annuelles nécessaires, selon M. Oettinger, qui doit présenter mercredi après-midi un document de réflexion sur l'avenir des finances de l'UE à 27.

Les Etats membres vont donc devoir faire un choix clair, selon le commissaire, entre la quête de nouvelles ressources et la réduction des ambitions du budget de l'UE.

En 2017, ce budget s'élève 157,9 milliards d'euros en termes d'engagements (sommes prévues pour des programmes pouvant s'étendre sur plus d'un an).

Le Royaume-Uni, dont le retrait est programmé en mars 2019, est l'un de ses principaux "contributeurs nets" (versant davantage qu'il ne perçoit), avec un apport évalué à environ 10 milliards d'euros par an.

La perspective de ces recettes en moins font craindre des tensions entre les 27 pays qui vont rester au sein de l'Union.

Certains "contributeurs nets" plaident pour une réduction des dépenses, mais les "bénéficiaires nets" voient d'un mauvais oeil une baisse des fonds dits de cohésion, qui financent des projets dans les régions les plus pauvres de l'UE.

Parmi les pistes sur la table pour l'avenir figure notamment l'augmentation des "ressources propres" de l'Union, qui ne représentent plus qu'une part minime du financement total, alors que les contributions nationales représentent 80% du financement du budget européen.

Un rapport présenté en janvier par un groupe d'experts présidé par l'ancien Premier ministre italien Mario Monti envisageait des ressources nouvelles provenant d'une TVA européenne, d'un impôt commun sur les entreprises ou d'une taxe sur les transactions financières.

Il citait aussi les financements qui pourraient être tirés des revenus générés par le marché des quotas de carbone ou encore des contrôles aux frontières.

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