Bilan

Le travail accroît les inégalités

Le marché du travail a enregistré de profonds bouleversement entre 1995 et 2015 en raison notamment des progrès technologiques.

Le marché du travail profite avant tout aux personnes les plus qualifiées.

Crédits: Keystone

D’abord, les bonnes nouvelles! Le chômage touche 12 millions de personnes de moins qu’au premier trimestre 2010 où il avait atteint son plus niveau depuis le début de la crise en 2008. Parallèlement, le taux d’emploi des 15-74 ans enregistre sa troisième année consécutive de hausse. Ensuite, les nouvelles sont moins réjouissantes. L’évolution du marché du travail contribue fortement à accroître les inégalités de revenu. Telles sont les conclusions des Perspectives de l’emploi 2017 de l’OCDE (le club des pays riches) publiées récemment.

Au-delà des conséquences de la reprise économique sur l’emploi, cette étude se penche sur les retombées qu’ont eues les progrès technologiques et la mondialisation sur les marchés du travail des membres de l’OCDE. Or, un changement majeur s’est produit ces vingt dernières années.

Entre 1995 et 2015, la part de l’emploi moyennement qualifié s’est contractée de 9,5 points de pourcentage, tandis que l’emploi très qualifié et l’emploi peu qualifié gagnaient 7,6 et 1,9 points de pourcentage. Résultat: le revenu disponible moyen des 10 % les plus riches de la population est désormais plus de neuf fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres, contre sept fois plus il y a vingt-cinq ans. En d’autres termes, les inégalités ont augmenté. «La polarisation de l’emploi doit son origine moins à l’intégration commerciale qu’aux changements technologiques à l’œuvre dans tous les domaines et favorisant les individus qualifiés», estime l’OCDE.

Emplois hautement qualifiés

Selon l’organisation internationale (la Suisse en est un des membres), «environ un tiers de la polarisation du marché du travail doit être attribué au glissement des emplois du secteur manufacturier vers celui des services: des travailleurs ayant perdu leur place dans le premier n’ont d’autre choix que d’accepter un poste moins bien rémunéré dans le second. Les deux tiers restants procèdent d’une accentuation du phénomène au sein des secteurs d’activité eux-mêmes. Ces changements à grande échelle s’expliquent en bonne partie par une demande de travail qui se concentre sur les emplois hautement qualifiés, d’une part, et sur les emplois peu qualifiés, d’autre part, causant une érosion au niveau des catégories intermédiaires.»

L’OCDE montre que tous les pays ne sont pas touchés de la même manière par l’évolution du marché du travail. Pour le prouver, elle a complété son étude avec la publication d’un tableau de bord permettant de voir comment se situent ses membres au regard de la quantité des emplois et de leur qualité, ainsi qu’au regard du caractère inclusif de leur marché du travail. Le résultat est inquiétant. Seuls quelques pays de l’OCDE obtiennent de bons scores: les pays nordiques, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse.

 

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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