Bilan

Le taux-pivot du yuan à son plus bas niveau depuis 4 ans face au dollar

La banque centrale chinoise a abaissé vendredi le taux de référence du yuan face au dollar à son plus bas niveau en quatre ans, l'institution semblant modérer ses interventions sur le marché des changes.

La banque centrale chinoise a fixé à 6,4358 yuans pour un dollar, soit au plus bas depuis août 2011, le taux-pivot autour duquel le yuan est autorisé à fluctuer face au billet vert, dans une marge de 2% de part et d'autre.

Crédits: Reuters

La banque centrale chinoise (PBOC) a abaissé vendredi le taux de référence du yuan face au dollar à son plus bas niveau en quatre ans, l'institution semblant modérer ses interventions sur le marché des changes après une décision cruciale du Fonds monétaire international (FMI).

La PBOC a fixé à 6,4358 yuans pour un dollar, soit au plus bas depuis août 2011, le taux-pivot autour duquel le renminbi (autre nom du yuan) est autorisé à fluctuer face au billet vert, dans une marge de 2% de part et d'autre.

Confrontée aux pressions à la baisse sur le yuan, sur fond de conjoncture économique morose, la Chine était fortement intervenue ces derniers mois pour soutenir sa monnaie à coups d'achats massifs de dollars, de sorte que ses colossales réserves de changes ont fondu en novembre à leur plus bas niveau en trois ans, à 3.438 milliards de dollars.

Mais cette semaine, le yuan a reculé d'environ 0,8%: c'est son plus fort repli hebdomadaire depuis la dévaluation surprise décidée par Pékin en août dernier.

De fait, "nous n'avons constaté aucune grosse intervention cette semaine", possible signe que "la PBOC est prête à accepter une dépréciation du yuan", soulignait Tommy Xie, économiste de Oversea-Chinese Banking., cité par l'agence Bloomberg.

Mais la PBOC "pourrait être de nouveau à la manoeuvre après la décision la semaine prochaine de la Réserve fédérale américaine (Fed)", qui devrait relever ses taux directeurs, avertissait-il.

En rendant les placements en dollars plus attractifs, ce relèvement pourrait accélérer les flux de capitaux hors de Chine --lesquels ont fortement gonflé ces derniers mois en dépit des restrictions imposées par Pékin-- et donc accentuer la pression sur le yuan.

A l'inverse, la Fed pourrait aussi "fournir le parfait prétexte" à la Chine pour réduire ou cesser ses interventions sur les changes, en laissant le yuan reculer de lui même sans que Pékin soit accusé de dévaluation agressive, soulignait David Woo, expert de Bank of America, cité par Bloomberg.

Alors que les exportations du géant asiatique ont plongé de presque 7% sur un an en novembre, une telle dépréciation offrirait un coup de pouce bienvenu aux exportateurs chinois et stimulerait une activité économique à la peine.

La PBOC avait ébranlé les marchés mondiaux mi-août en dévaluant le yuan de quasiment 5% en une semaine. Mais désireuse d'éviter toute "guerre de monnaies", elle avait expliqué avoir simplement modifié sa façon de calculer le taux-pivot du yuan pour mieux prendre en compte les vraies tendances du marché.

Des experts y avaient vu une façon d'amadouer le Fonds monétaire international (FMI) qui évaluait alors la possibilité d'intégrer le yuan au panier de devises constituant son unité de compte. L'institution de Washington avait finalement donné son feu vert fin novembre, bien que le yuan soit loin d'être librement convertible et que Pékin encadre strictement les mouvements de capitaux.

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