Bilan

Le scandale Cahuzac a causé un «tsunami politique»

Le scandale retentissant causé par les mensonges de l'ex-ministre français du Budget a provoqué «un tsunami politique» qui affaiblit encore un peu plus le président français François Hollande, analyse la presse européenne.
La «confession» de l'ex-ministre sur son compte caché en Suisse et le soupçon qui en découle «de fraude fiscale et de blanchiment d'argent ont provoqué un véritable tsunami politique en France», indiquait jeudi matin le quotidien espagnol El Pais sur son site internet.

François Hollande «se trouve en première ligne des critiques, accusé d'ingénuité excessive dans le meilleur des cas, et de complicité dans les mensonges de son ministre, au pire», écrit encore El Pais.

Le quotidien britannique Daily Telegraph stigmatise «l'un des pires scandales dans l'histoire moderne de la France», tandis que pour The Guardian, «il est difficile d'imaginer un scandale pire pour le gouvernement socialiste en France.»

Selon Charles Bremmer, rédacteur en chef pour l'Europe du Times, «même dans un pays qui a une longue histoire de débauche à haut niveau, l'impact politique (de ce scandale) est dévastateur».

Dans son éditorial, le Financial Times estime que «les scandales politiques en France ont trop souvent été accueillis avec un haussement d'épaule fatigué (...). La tolérance publique est en train de s'épuiser».

Selon la Frankfurter Allgemeine Zeitung (Allemagne, conservateur), «les Français sont désormais confrontés à une crise politique qui sape la confiance qui leur restait dans leurs dirigeants».

Au centre de toutes les défiances

Le président français est au «centre de toutes les défiances», souligne le journal de Francfort.

Et la patronne du Front national (extrême droite) Marine Le Pen ne peut que s'en féliciter: elle «se rapproche de plus en plus de son but, d'en finir avec la loi électorale du scrutin majoritaire responsable de l'exclusion du FN» à l'Assemblée nationale.

Pour le quotidien économique allemand Handelsblatt, le scandale «ne change pas grand-chose» au problème d'image du président français qui peine à s'imposer.

«Hollande sera dorénavant vu comme un président à qui l'on peut mentir pendant des mois», écrit le journal dans son éditorial.

La Tageszeitung (Berlin) reproche vivement à l'ex-ministre du Budget d'avoir jeté le discrédit sur l'ensemble de la classe politique. «Les populistes, qui ont toujours répété que tous les autres étaient corrompus, ont du mal à réaliser leur chance», souligne le quotidien de gauche.

Dans la presse belge francophone, Le Soir note aussi mercredi soir sur son site internet que «l'affaire Cahuzac affaiblit un peu plus Hollande».

Crise du pouvoir

«Economie en berne, manque de leadership, cote de popularité au plus bas auxquels viennent s'ajouter un scandale de corruption et de mensonge devant l'Assemblée nationale, la France est en pleine crise du pouvoir», selon le quotidien.

«Cahuzac ébranle Hollande», titrait également mercredi matin la Libre Belgique dans un article factuel affirmant que «les retentissants aveux de l'ex-ministre affaiblissent l'Elysée».

En Grèce, où la fraude fiscale est érigée en sport national, la presse est restée factuelle mercredi sur l'affaire Cahuzac. Dans la journée, les télévisions ont systématiquement suivi le sujet, le sujet de l'évasion et de la fraude fiscales constituant l'un des points de tension récurrent entre le pays et ses créanciers de la troïka, parmi lesquels figure... la France.

A noter qu'en Grèce, à ce jour, deux cousines de l'ex-ministre socialiste des Finances Georges Papaconstantinou sont accusées de détenir des comptes en Suisse, mais pas le ministre lui-même.
Myriam Amara

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