Bilan

Le protectionnisme pourrait faire baisser le PIB mondial de 2%

Le plus grand risque pour l'économie mondiale est le protectionnisme, qui pourrait affecter le PIB mondial d'au moins 2%, suivi de la dette, a indiqué le gouverneur de la Banque de France.

M. Villeroy de Galhau a également indiqué au quotidien que la dette représentait un risque important.

Crédits: afp
Le plus grand risque pour l'économie mondiale est le protectionnisme, qui pourrait affecter le PIB mondial d'au moins 2%, suivi de la dette, a indiqué François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, dans une interview au Figaro à paraître lundi.

"Si les droits de douane devaient se généraliser et augmenter de 10%, on aurait partout une hausse significative des prix importés, et donc des pertes de pouvoir d'achat. On assisterait alors à une baisse du PIB mondial d'au moins 2%", selon des estimations de la Banque de France et de plusieurs organisations internationales, a assuré M. Villeroy de Galhau, à l'issue des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington.

Mais avant même que des mesures effectives soient prises, pour le gouverneur de la banque de France, "l'incertitude sur le commerce mondial risque de peser sur l'investissement. On l'a bien vu depuis que le Brexit a été voté: sans qu'il n'y ait eu encore aucune restriction sur le commerce, le climat d'incertitude a pénalisé l'investissement en Grande Bretagne. C'est ce qui risque de se passer aujourd'hui au Canada, puis aux Etats-Unis ou ailleurs".

M. Villeroy de Galhau a également indiqué au quotidien que la dette représentait un risque important: "l'endettement total, y compris les pays émergents, qui atteignait déjà près de 200% du PIB mondial en 2007, avant la crise, dépasse hélas aujourd'hui 220%".

"La France, cela a été salué, est aujourd'hui exemplaire sur l'accélération des réformes. Mais il nous faut comme les autres être vigilants sur la dette", a-t-il précisé.

"Les réductions de déficits et de dette publique que vient d'annoncer le gouvernement pour 2022 sont nécessaires, et elles impliquent un ralentissement sensible des dépenses publiques. Nous devons également veiller à la dette privée, celle des ménages et des entreprises, qui croît à près de 6% par an. C'est la mission du Haut conseil de stabilité financière, présidé par Bruno Le Maire", a-t-il expliqué.

"A la réunion de juin prochain, nous regarderons s'il faut adopter des mesures supplémentaires. En décembre 2017, nous avions déjà pris des mesures +macroprudentielles+ concernant les grandes entreprises. Aujourd'hui la hausse des crédits porte sur l'ensemble des emprunteurs privés", selon M. Villeroy de Galhau.

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