Bilan

Le prix de l'essence pourrait bientôt baisser en Suisse

Les prix à la pompe sont encore loin de leur plus bas niveau, toutefois les automobilistes devraient payer prochainement moins cher leur essence.

Les impôts et taxes représentent environ la moitié du prix de l'essence. L'impôt sur les huiles minérales, la surtaxe et les taxes d'importation renchérissent l'essence de 73,45 centimes par litre. Une TVA de 8% est en outre prélevée sur le prix total.

Crédits: Keystone

Les prix à la pompe sont encore loin de leur plus bas niveau, alors que le prix du pétrole est retombé à sa valeur de la mi-janvier. Les automobilistes devraient toutefois payer prochainement moins cher leur essence.

Selon le Touring Club Suisse (TCS), un litre d'essence sans plomb 95 coûtait en moyenne 1,54 franc en Suisse la semaine passée. Le prix a augmenté de façon sensible depuis son plus bas de fin janvier à 1,40 franc. Parallèlement, le prix du baril de Brent de la mer du Nord évoluait pour la première fois depuis longtemps sous la barre des 50 dollars. Actuellement, le baril vaut moins de 49 dollars.

Si le prix de l'essence n'a pas encore baissé, c'est qu'il est déterminé par plusieurs facteurs. Premièrement, la demande est plus élevée en été lorsque les automobilistes partent en vacances en Amérique du Nord et en Europe. En raison de la forte demande mondiale en carburant, les marges des raffineries sont à un niveau très élevé, explique Coop Mineralöl. Les raffineries peuvent ainsi imposer des prix plus élevés.

Le facteur le plus important qui détermine le prix de l'essence sans plomb 95 est le marché spot dans la région d'Amsterdam, Rotterdam et Anvers, un des plus importants centres de négoce de pétrole et de produits finis comme l'essence, explique l'Union pétrolière (UP).

MARCHÉ SPOT

Le prix du marché spot est décisif pour tous les acteurs du marché en Europe occidentale, y compris les importateurs suisses et les stations-service. Le prix d'achat de l'essence est déterminé principalement par le prix du pétrole, mais aussi par le rapport entre l'offre et la demande pour le produit fini.

Le cours de change entre le franc et le dollar a aussi une influence sur les prix. L'essence et les produits pétroliers sont généralement négociés en dollars. Une hausse du billet vert face au franc peut renchérir le prix de l'essence aux stations-service ou réduire à néant la chute du prix du pétrole sur le marché spot.

Le dollar s'est sensiblement apprécié vis-à-vis du franc depuis le choc de l'abandon du taux plancher de l'euro à la mi-janvier. D'un cours de 85 centimes, le dollar est passé momentanément au-dessus de la parité. Actuellement, la devise américaine se négocie à un peu plus de 98 centimes.

Les coûts de transport sur le Rhin ont aussi un impact sur le prix de l'essence. Un bas niveau des eaux augmente les frais, car les citernes ne peuvent être chargées totalement. Les coûts de transport ont ainsi plus que doublé depuis le mois de janvier, passant d'environ 18 francs par tonne, à quelque 42 francs actuellement.

Les impôts et taxes représentent environ la moitié du prix de l'essence. L'impôt sur les huiles minérales, la surtaxe et les taxes d'importation renchérissent l'essence de 73,45 centimes par litre. Une TVA de 8% est en outre prélevée sur le prix total.

Une détente est attendue compte tenu de l'ensemble de ces facteurs. La demande en essence en Amérique du Nord et en Europe devrait fléchir avec la fin de l'été.

L'augmentation des précipitations à l'automne devrait provoquer une hausse du niveau du Rhin, et donc une diminution des coûts de fret. Une baisse de 14 francs par tonne devrait avoir un impact d'environ 1 centime par litre d'essence, selon les calculs d'Erich Schwizer, expert de TCS Conseils en mobilité.

Si le prix de fret baisse à son niveau habituel de 15-20 francs par tonne, le litre d'essence sera moins cher de deux centimes, ajoute Erich Schwizer.

PÉTROLE ENCORE BON MARCHÉ

Dans le même temps, le pétrole devrait rester bon marché. L'offre est supérieure à la demande. La production de brut de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a atteint environ 32 millions de barils par jour durant le mois de juillet, un niveau plus atteint depuis le début des relevés en 1997.

La levée des sanctions internationales contre l'Iran pourrait également changer la donne. Quelque 500'000 barils supplémentaires par jour risquent d'arriver sur le marché. Parallèlement, la demande chinoise pourrait se contracter. Selon certains acteurs du marché, le plus bas de 36,20 dollars le baril enregistré en décembre 2008 est à nouveau à portée.

Le dollar américain devrait en revanche continuer à se raffermir. Le billet vert risque de se renforcer si la Fed relève ses taux pour la première fois depuis 2006. Les experts du TCS, de Coop Mineralöl et de l'Union pétrolière se refusent toutefois à établir des pronostics, face aux nombreux facteurs déterminant l'évolution du prix de l'essence.

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